Les électeurs arabes d’Israël votaient largement lundi pour le travailliste Ehud Barak en espérant de lui, avant tout, une relance économique et des emplois, plutôt qu’un déblocage du processus de paix. «Ici, le problème n’est pas vraiment la sécurité, mais l’économie», explique M. Mohammed Amin, 53 ans, qui vient de donner sa voix pour le candidat travailliste au poste de Premier ministre et, aux législatives, pour la liste communiste arabe (Hadash). «J’ai voté pour M. Barak et pour le Hadash», dit-il en quittant le centre de traitement contre la drogue reconverti en bureau de vote à Oum el-Fahm, une ville arabe de 30 000 habitants du nord d’Israël. M. Amin se plaint notamment de l’arrivée massive ces dernières années de dizaines de milliers de travailleurs immigrés en Israël, employés dans les métiers mal rémunérés habituellement occupés par les Arabes. «Tous les habitants ici travaillent plus ou moins dans le bâtiment. Mais avec tous ces ouvriers thaïlandais ou roumains, le chômage est très élevé. Moi, je suis au chômage depuis un an», explique M. Amin. Il se rappelle avec nostalgie la croissance économique rapide à l’époque où le travailliste Yitzhak Rabin était Premier ministre, de 1992 à son assassinat en 1995. «Avec M. Barak, ce sera comme lorsque Rabin était au pouvoir. L’économie va repartir», croit-il. Les Arabes d’Israël, qui sont environ 1 million, représentent quelque 14 % de l’électorat. Selon les sondages, ils devaient voter massivement pour M. Barak. Les enfants de Cana Aux élections législatives, qui avaient lieu le même jour, les listes arabes étaient créditées de quelque 11 sièges par les sondages, alors qu’elles n’en avaient que huit dans la Knesset sortante. Oum el-Fahm, scène de violents affrontements avec la police l’été dernier après la confiscation de terrains au profit de l’armée, était décorée de posters et de graffitis appelant à voter pour les différentes listes arabes. Hachem Mahamid, le candidat local de la Liste arabe unifiée, surveillait le déroulement des opérations de vote depuis son bureau sur la place principale d’Oum el-Fahm. «L’économie est la question centrale ici», confirme-t-il. «Officiellement, nous avons un taux de chômage de 10 %, mais en fait, si l’on prend les femmes en compte, cela tourne autour de 40 %», dit-il. Les observateurs locaux s’attendaient à une forte participation, plus importante en tout cas qu’en mai 1996, quand de nombreux Arabes avaient déserté les urnes plutôt que de voter pour le Premier ministre travailliste de l’époque, Shimon Peres, qui avait été battu par M. Benjamin Netanyahu. Beaucoup d’Arabes israéliens avaient alors reproché à M. Peres ses opérations militaires au Liban en avril 1996, et notamment le bombardement par l’armée israélienne d’une base de l’Onu à Cana, faisant 105 morts civils libanais. «La dernière fois, Peres avait tué 100 enfants à Cana au Liban. C’est pourquoi nous n’avions pas voté», raconte Moufid Awad, 34 ans, un pompiste qui travaille dans une station-service.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les électeurs arabes d’Israël votaient largement lundi pour le travailliste Ehud Barak en espérant de lui, avant tout, une relance économique et des emplois, plutôt qu’un déblocage du processus de paix. «Ici, le problème n’est pas vraiment la sécurité, mais l’économie», explique M. Mohammed Amin, 53 ans, qui vient de donner sa voix pour le candidat travailliste au poste de Premier ministre et, aux législatives, pour la liste communiste arabe (Hadash). «J’ai voté pour M. Barak et pour le Hadash», dit-il en quittant le centre de traitement contre la drogue reconverti en bureau de vote à Oum el-Fahm, une ville arabe de 30 000 habitants du nord d’Israël. M. Amin se plaint notamment de l’arrivée massive ces dernières années de dizaines de milliers de travailleurs immigrés en Israël, employés dans les...