La livre libanaise continuait à être recherchée en ce début de semaine à Beyrouth dans un marché modérément actif et marqué par la persistance de quelques offres du dollar. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’offre comme à la demande du billet vert entre 1 502,00 et 1 514,00 LL que celui-ci a dû clôturer la journée d’hier au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis déjà cinq mois. Pourtant, les établissements de crédit ont négocié le dollar à des cours encore plus sensiblement inférieurs au haut de la fourchette d’intervention de la BDL, en raison de l’abondance de l’offre de cette monnaie entre 1 511,00 et 1 512,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait atteint quelque neuf millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente. Dollar soutenu mais prudent avant la réunion de la Fed À l’étranger, le dollar s’est apprécié face au yen et ne s’est que légèrement déprécié face à l’euro hier, sur les marchés des changes internationaux, calmes et prudents à la veille de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed). Le billet vert a commencé hier par s’apprécier nettement face au yen sous l’effet de déclarations du futur secrétaire américain au Trésor, Lawrence Summers, en faveur d’un dollar fort. «Le secrétaire au Trésor Robert Rubin et moi sommes d’accord qu’un dollar fort est tout à fait dans l’intérêt national américain», a-t-il indiqué la veille à l’issue d’une réunion de deux jours des ministres des Finances de la région Asie-Pacifique. Ces déclarations ont contribué à maintenir le dollar au-dessus des 123 yens toute la journée d’hier d’autant plus facilement que la devise japonaise a pâti de son côté d’un net repli de 2,3 % de la Bourse de Tokyo. Les cambistes ont cependant évité de faire progresser davantage le dollar préférant attendre la décision de la Fed aujourd’hui sur les taux d’intérêt américains. Bien que la plupart des analystes s’attendent à un statu quo monétaire aux États-Unis, la forte hausse de l’inflation américaine le mois dernier, révélée par les dernières statistiques publiées vendredi dernier, a ravivé les spéculations sur un possible resserrement monétaire. Certes, les investisseurs craignent surtout la réaction de Wall Street qui s’est repliée de 1,75 % après la publication des données sur l’inflation et fléchissait à nouveau hier dans les derniers échanges. En effet, l’euro a hésité à s’engager dans une direction précise alors que le sterling tendait à s’apprécier face au dollar malgré une mise en garde du Fonds monétaire international (FMI) dans une étude publiée ce week-end, contre un sterling trop fort qui pourrait se révéler à terme un obstacle à une adhésion éventuelle à l’euro. Toutefois, l’effet du sentiment de reprise de l’économie britannique domine et contribue à la résistance de la livre. Cela étant, le dollar s’est négocié à New York sur un ton hésitant à la hausse face aux autres grandes monnaies à l’exception du yen, comme suit : – 1,0670 pour un euro contre 1,0655, vendredi dernier. – 1,6200 pour un sterling contre 1,6185. – 1,8330 DM contre 1,8360. – 6,1480 FF contre 6,1575. – 1,5015 FS contre 1,5060. – 1 814,80 lires contre 1 818,20. – 123,45 yens contre 122,75. Bourse de Beyrouth : chute de la BLC Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie en ce début de semaine de la baisse des actions «C» de la Banque libanaise pour le Commerce (BLC) dans une proportion plus grande que la hausse des actions «A» et «B» de Solidere et de celles de Rymco, dans un contexte de stabilité des cours sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,93 % à 75,67 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a perdu 2,64 % à 179,23 points. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle a porté sur 82 676 actions d’une valeur globale de 378 833 dollars. Wall Street : dans l’expectative Par ailleurs, les boursiers sont restés prudents à Wall Street à la veille de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed qui doit décider aujourd’hui de l’orientation des taux d’intérêt aux États-Unis. «Nous étions inquiets sur les risques de déflation il y a encore trois mois et maintenant nous sommes inquiets des tensions inflationnistes», indique-t-on dans les salles de marché. Certes, personne ne croit réellement que la Fed pourrait relever ses taux, mais certains économistes pensent que le Comité de politique monétaire pourrait envoyer un message pour signifier aux marchés que l’institut d’émission serait prêt à relever ses taux en cas de dérapage avéré des prix. Se voulant rassurant, le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, dont le départ a été fixé pour le début de juillet, a estimé hier que «le scénario le plus probable reste calé sur une croissance solide dans le cadre d’une inflation basse». Le marché pourrait donc rester lourd jusqu’à la fin de cette réunion aujourd’hui tout en demeurant prêt à saisir les opportunités notamment sur les restructurations ou les rachats d’entreprises. C’est dans ce contexte que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû dégringoler d’un plus haut à 10 910,57 points à un plus bas à 10 745,80 points avant d’afficher en préclôture 10 866,62 points, réduisant ses pertes à 46,70 points sur vendredi dernier. Nette baisse des Bourses européennes Les marchés européens ont fortement baissé lundi, les opérateurs attendant avec anxiété les résultats de la réunion d’aujourd’hui du Conseil de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale. Même si un relèvement des taux, pour la première fois depuis plus de deux ans, semble improbable mardi, on redoute l’adoption par la Fed d’une orientation plus restrictive, en réaction à l’annonce vendredi d’une poussée inattendue de 0,7 % des prix à la consommation en avril aux États-Unis. En fin de journée, tandis qu’à Wall Street, le Dow Jones perdait encore 1,3 %, les indices européens Eurotop 300 et EuroSTOXX 50 accusaient des reculs de 1,89 et 1,91 % respectivement. Hœchst en vue Après le recul de 1,75 % de Wall Street vendredi, Tokyo et Hong Kong ont terminé lundi sur des pertes respectives de 2,3 et 2,08 %, et tous les marchés européens, qui avaient également ouvert à la baisse, ont accentué cette tendance lorsque Wall Street a inscrit de nouveaux replis en ouverture. Des analystes observent toutefois que si un resserrement monétaire intervenait aux États-Unis, cela affecterait les Bourses européennes, mais moins durement que Wall Street. Une étude réalisée par la Deutsche Bank met en avant que, si les marchés d’actions américains étaient surévalués de quelque 26,7 % à la fin avril, les marchés européens étaient encore alors sous-évalués de 18,5 % dans leur ensemble. Tokyo : chute de la cote La Bourse de Tokyo, affectée par l’accès de faiblesse de Wall Street en fin de semaine dernière, a terminé lundi en retrait de 2,3 %. L’indice Nikkei 225 a cédé 389,37 points pour revenir à 16 421,02 pts. L’indice élargi Topix a perdu 25,02 points à 1 322,43. Environ 578 millions de transactions ont été réalisées contre 728 millions vendredi.
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