La carrière militaire du général Ehud Barak a beau être derrière lui, le candidat travailliste au poste de Premier ministre d’Israël n’en dirige pas moins un véritable blitzkrieg pour assurer sa victoire lundi. Des légions de jeunes gens vêtus du T-shirt frappé au slogan travailliste, «Israël veut un changement», se sont postés dimanche aux carrefours routiers du pays, brandissant des calicots et distribuant des autocollants appelant à voter pour M. Barak. Des militants téléphonaient aux électeurs supposés indécis pour tenter une dernière fois de les convaincre, tandis que d’autres préparaient une noria de véhicules pour transporter des électeurs vers les bureaux de vote lundi. Les travaillistes ont encore en mémoire la défaite de 1996, lorsque le Premier ministre sortant Shimon Peres, trop sûr de sa victoire, avait été accusé d’avoir négligé sa campagne. Il avait été battu d’extrême justesse par le chef de la droite nationaliste Benjamin Netanyahu. «Il nous a manqué 15 000 voix et sous beaucoup d’aspects, c’était un échec au niveau de l’organisation», affirme M. Benjamin Ben-Eliezer, un ex-général qui dirige, depuis une pièce sans fenêtre à Tel-Aviv, l’équipe travailliste chargée du jour du scrutin. M. Ben-Eliezer, l’un des nombreux ex-généraux rassemblés autour de leur ancien chef d’état-major, estime qu’une bonne organisation peut faire toute la différence en rapportant trois à quatre points de pourcentage en plus. Il s’apprête à déployer une armée de 8 000 volontaires dans 7 236 bureaux de vote lundi, de l’ouverture du scrutin à 07h00 du matin (04h00 GMT) jusqu’à la clôture à 22h00. «Notre objectif primordial, le jour de l’élection, est d’amener le plus d’électeurs possible aux bureaux de vote, et leur insuffler un sentiment de confiance vis-à-vis de notre parti», explique un autre ex-militaire, M. Hagaï Shalom, en charge de la logistique. «Nous voulons voir nos volontaires dans les bureaux de vote jusqu’au dernier moment», ajoute M. Shalom. En 1996, les scrutateurs travaillistes avaient déserté les bureaux de vote pour se rendre au quartier général du parti à Tel-Aviv afin de fêter, un peu prématurément, la victoire de M. Peres. Cette année, en revanche, le Parti travailliste a décidé de ne pas tenir de soirée électorale à Tel-Aviv. Elle aura lieu à Kiryat Shmona, à l’extrême nord d’Israël, pour éviter d’attirer trop de militants et de perturber le déroulement de la journée. Les travaillistes avaient affirmé en 1996 que leur défaite s’expliquait par une série de fraudes, rendues possibles par l’absence de scrutateurs travaillistes. Cette année, le parti prévoit d’avoir des scrutateurs dans chaque bureau de vote, y compris dans les colonies en territoire occupé, où les colons doivent voter massivement en faveur de M. Netanyahu et du candidat d’extrême droite Zéev «Benny» Begin. «Nous allons nous assurer que le taux de participation, qui doit tourner autour de 90 %, ne devienne pas 100 %, si certains se mettent à utiliser de fausses cartes d’identité ou à faire voter les morts», explique un des scrutateurs travaillistes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La carrière militaire du général Ehud Barak a beau être derrière lui, le candidat travailliste au poste de Premier ministre d’Israël n’en dirige pas moins un véritable blitzkrieg pour assurer sa victoire lundi. Des légions de jeunes gens vêtus du T-shirt frappé au slogan travailliste, «Israël veut un changement», se sont postés dimanche aux carrefours routiers du pays, brandissant des calicots et distribuant des autocollants appelant à voter pour M. Barak. Des militants téléphonaient aux électeurs supposés indécis pour tenter une dernière fois de les convaincre, tandis que d’autres préparaient une noria de véhicules pour transporter des électeurs vers les bureaux de vote lundi. Les travaillistes ont encore en mémoire la défaite de 1996, lorsque le Premier ministre sortant Shimon Peres, trop sûr de sa...