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Actualités - Chronologie

Ce vieil adolescent de Chahine ...

Vieux routier de la Croisette, l’Égyptien Youssef Chahine était de retour jeudi avec L’Autre (el-Akhar), un mélo contemporain, oriental et baroque, présenté en ouverture de la section «Un Certain Regard», qui renvoie dos à dos l’intégrisme et le nouvel ordre mondial imposé par l’Amérique. L’infatigable Chahine, distingué du prix du 50e anniversaire du festival pour Le Destin, conte, avec ce 34e opus, l’histoire de Roméo et Juliette, ou plutôt de Majnoun et Leyla, les célèbres amants de la littérature arabe. Dans L’Autre, ils sont sacrifiés par l’alliance de fanatiques religieux et de grands capitalistes. Ce réalisateur de 73 ans, venu à Cannes pour la première fois il y a près d’un demi-siècle, utilise avec la fraîcheur d’un jeune cinéaste les codes particulier d’un genre très populaire au Proche-Orient et en Inde, entre «mélo-masala» et comédie musicale, pour conter l’histoire d’un amour tragique. Danses, regards langoureux, chemise transparente mouillée par la pluie qui colle au corps, scènes de passion sur fond d’éclairs orageux, L’Autre a tout au départ du conte de fées, faussement naïf, car Chahine connaît bien son public. Chansons sirupeuses, mais aussi techno, violons et Boléro de Ravel rythment les amours de Adam (Hani Salama) et Hanane (Hanane Tork). L’intolérance, encore et toujours De retour en Égypte pour préparer une thèse sur l’intégrisme, Adam, étudiant aux États-Unis et fils de grands bourgeois, a le coup de foudre pour Hanane, jeune journaliste aux origines modestes, qui essaie de démasquer la corruption. L’un des requins en affaires, qui évolue dans cette élite cosmopolite et arrogante, est Margaret (Nabila Ebeid), la mère d’Adam, qui éprouve pour lui un amour possessif et passionné qui frôle l’inceste. Malgré ses manigances machiavéliques auprès du frère intégriste de Hanane pour saboter le mariage, elle ne pourra pas empêcher les noces de son fils chéri. Des noces qui finiront dans le sang. Quant au condisciple d’Adam, rentré en Algérie, il tombera lui aussi sous les coups des intégristes. Après Le Destin, Youssef Chahine, qui a tourné son premier film il y a cinquante ans, dénonce encore et toujours l’intolérance, mais il y ajoute cette fois-ci la «globalisation» et la «mondialisation», précisant que ce ne sont pas des phénomènes «purement économiques» mais aussi culturels. Le réalisateur affirme être «allé un peu plus loin» avec L’Autre, «avec un peu plus de courage, mais un tout petit peu moins d’optimisme pour les jeunes. Arriver à la fin du XXe siècle avec tous ces imbéciles autour de nous et leurs décisions idiotes et méchantes... Je souffre pour le peuple serbe aussi, comme je souffre pour les Kosovars», dit-il. Vingt-deux films sont présentés dans la section «Un Certain Regard», dont ceux des Françaises Emilie Deleuze, avec son premier film Peau neuve, et Dominique Cabrera. Y figurent aussi le Malien Cheick Oumar Sissoko le seul Africain, toutes sections réunies, présent à Cannes le jeune Bosniaque de Londres Jasmin Dizdar, l’Américain David Mamet, le Portugais Joao Cesar Monteiro, le Suisse Daniel Schmid et le Turc Ferzan Ozpetek qui baissera le rideau le 22 mai avec Le dernier harem (Harem suare).
Vieux routier de la Croisette, l’Égyptien Youssef Chahine était de retour jeudi avec L’Autre (el-Akhar), un mélo contemporain, oriental et baroque, présenté en ouverture de la section «Un Certain Regard», qui renvoie dos à dos l’intégrisme et le nouvel ordre mondial imposé par l’Amérique. L’infatigable Chahine, distingué du prix du 50e anniversaire du festival pour Le Destin, conte, avec ce 34e opus, l’histoire de Roméo et Juliette, ou plutôt de Majnoun et Leyla, les célèbres amants de la littérature arabe. Dans L’Autre, ils sont sacrifiés par l’alliance de fanatiques religieux et de grands capitalistes. Ce réalisateur de 73 ans, venu à Cannes pour la première fois il y a près d’un demi-siècle, utilise avec la fraîcheur d’un jeune cinéaste les codes particulier d’un genre très populaire au...