L’Église catholique fête demain la Journée de la famille, par un grand rassemblement à l’église Saint-Elie, Antélias, à 9h30, en présence du cardinal Alfonso Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, qui se trouve au Liban pour le Ier congrès des patriarches et évêques catholiques d’Orient . Mgr Béchara Rahi, évêque maronite de Jbeil et président de la commission épiscopale pour la famille de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban, sera également présent. Au Liban depuis mercredi, le cardinal Trujillo a donné hier une conférence sur la situation de la famille, à l’Université de Kaslik. Devant un parterre d’élèves de la faculté de théologie, et en présence de son doyen, le P. Boulos Sfeir, le cardinal Trujillo a brossé un tableau exhaustif des dangers qui menacent le noyau familial, à une époque où l’institution et le sacrement du mariage sont en crise. Par ailleurs, le cardinal Trujillo clôture aujourd’hui par des conférences à Beyrouth une série de rencontres-débats au cours desquelles, avec l’aide de certains de ses proches collaborateurs du Conseil pontifical pour la famille, il a exposé à divers catégories de public, certains des dossiers importants touchant la famille et la bioéthique. Intervenant sur le sujet de l’avortement, Mgr Suadeau, l’un des proches collaborateurs du cardinal Trujillo, a souligné, dans sa conférence, qu’il n’a «jamais existé une civilisation où l’avortement provoqué n’ait pas été considéré comme un crime grave, une affreuse dépravation. Dans la pratique des lois, l’embryon était de fait considéré et traité comme une personne humaine, protégé par l’État. En notre siècle, commençant par l’Union sovietique en 1920, puis l’ensemble des pays communistes, continuant avec l’“Abortion Act” du 17 octobre 1967 en Grande-Bretagne, puis la fameuse décision de la Cour suprême des États-Unis “Roe Versus Wade” de 1973, cette protection assurée par la loi s’est trouvée progressivement retirée dans tous les pays industrialisés, et, aujourd’hui, dans un nombre croissant d’autres pays, pour permettre un nombre toujours plus important d’avortements provoqués. On peut parler à ce propos d’une véritable révolution culturelle». Ce changement d’attitude vis-à-vis de l’être humain «à naître» est effectivement culturel. Rien dans les connaissances scientifiques toujours plus approfondies que nous avons de l’embryon humain ne le justifie. Le magistère de l’Église s’y est toujours vigoureusement opposé, et trouve dans la science un support objectif indiscutable pour justifier rationnellement cette opposition. Les partisans de la dépénalisation de l’avortement se sont appuyés essentiellement, pour faire passer leurs thèses dans les Parlements, sur les cas des avortements clandestins, réalisés dans des conditions douteuses, et parfois dangereuses pour la santé de la mère. Ils se sont aussi appuyés sur les indications dites «médicales» de l’avortement, en cas de conflit entre la vie de la mère et celle du foetus. Mais la réalité actuelle est celle d’une banalisation du geste, effectué légalement pour les raisons les plus légères, très souvent à la suite d’un échec de la contraception, ou même comme moyen de limiter les naissances lorsque la contraception n’est pas utilisée.
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