Montré du doigt depuis dix mois dans les affaires de dopage qui ébranlent le monde du cyclisme, Richard Virenque continue de se défendre de toute malhonnêteté. Dans une interview à TF1 réalisée tard mardi soir et retransmise mercredi, le coureur varois a démenti avoir avoué s’être dopé dans les locaux de la brigade des stupéfiants où il était placé en garde à vue pour les besoins d’une enquête sur un trafic de produits illicites. Virenque a dit avoir simplement expliqué aux enquêteurs qu’il avait utilisé des produits «préconisés» par l’éleveur de chevaux Bernard Sainz. Sainz et l’ancien avocat de Virenque Bertrand Lavelot, pivots présumés d’un vaste trafic à destination de sportifs, ont été mis en examen et écroués dimanche. Les déclarations de Virenque sont en contradiction avec les informations récoltées mardi de sources proches de l’enquête sur d’éventuels aveux du coureur, et déjà démenties dans la soirée par son avocat Me Gilbert Collard. Le Monde daté de jeudi rapporte que le cycliste a reconnu devant les policiers avoir absorbé un médicament interdit (le Céphyl) et reçu une injection d’un produit surnommé le «venin» avant la classique Milan-San Remo le 20 mars dernier. «Sainz m’a préconisé des vitamines à prendre en pharmacie sans ordonnance, donc anodins», a déclaré pour sa part l’ancien meilleur grimpeur du Tour. Par la suite, j’ai «fait de nombreux contrôles sanguins et il n’y avait pas de problème», a-t-il ajouté. «C’est sa vérité», a déclaré Gilbert Collard à la chaîne de télévision LCI, qui a ajouté qu’il n’avait pas eu connaissance des procès-verbaux d’audition du coureur. Le président de la Fédération française de cyclisme Daniel Baal a jugé «affligeant tout ce débat de savoir s’il a avoué ou non». «La vraie condamnation est celle de l’opinion publique encore que je note que certains continuent à tresser des lauriers», a-t-il ajouté. Entendu dans le même dossier que Virenque, le leader belge de la Coupe du monde Frank Vandenbroucke avait utilisé mardi une ligne de défense similaire en déclarant s’être approvisionné auprès de Bernard Sainz en produits «homéopathiques». «VDB» n’a pas été mis en examen, contrairement à son coéquipier Philippe Gaumont, ainsi que deux autres coureurs, Yvon Ledanois et l’ancien pro Pascal Peyramaure. Vandenbroucke et Gaumont ont été suspendus par leur équipe Cofidis, de même que Ledanois par sa formation La Française des Jeux. La Polti, l’équipe italienne de Richard Virenque, a déclaré qu’elle attendait les conclusions des analyses des produits saisis par la police pour prendre une décision. Dans un communiqué, l’équipe transalpine a par la suite annoncé qu’elle avait adressé à son coureur un «avertissement sévère» et qu’elle l’avait sanctionné d’une amende de 100 000 francs (16 250 dollars) pour ne pas avoir respecté les règles de l’équipe. «Nous l’avons averti sévèrement afin qu’à l’avenir, il s’offre exclusivement les services des médecins de l’équipe», a déclaré Polti. En attendant, le coureur tricolore, deuxième du Tour 1997, a confirmé qu’il prendrait part au Tour d’Italie qui s’élance samedi d’Agrigente. Il s’est en revanche interrogé sur son avenir, se disant «vidé». «Je vais avoir une longue discussion avec ma femme mais on verra plus tard», a-t-il dit dans son interview. À la veille de sa garde à vue à Paris, Virenque avait déjà été confronté à Lille à deux de ses accusateurs dans l’affaire Festina, l’ancien directeur sportif de l’équipe Bruno Roussel et l’ancien masseur Willy Voet. Les deux affaires, Festina à Lille et Sainz-Lavelot à Paris, ont relancé les interrogations sur le bon déroulement du Tour de France 1999. «Je pense que ce sera un Tour qui redeviendra plus proche de la réalité», a jugé cependant Daniel Baal. «Il faut organiser le Tour de France pour marquer notre détermination et notre confiance» dans les mesures de lutte antidopage, a renchéri le directeur de la société du Tour de France Jean-Marie Leblanc. Il a de nouveau rappelé que sa société procéderait le 16 juin prochain à l’examen de toutes les situations «équipe par équipe, coureur par coureur» sans hésiter à exclure tout cas problématique. La Once et la Banesto ont laissé planer le doute sur leur participation, Banesto soulignant qu’elle ne souhaitait pas s’aligner pour se retirer ensuite pendant la course. L’an passé, toutes les formations espagnoles avaient claqué la porte de la course au lendemain de perquisitions effectuées à l’hôtel de l’équipe néerlandaise TVM à Albertville. La ministre des Sports Marie-George Buffet a tenu mercredi à relativiser les risques de boycottage, déclarant que les équipes espagnoles étaient en «discussion» avec la société du Tour sur «le respect des conditions de participation».
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