Les élections intéressent la caste politique bien plus que les rendez-vous d’anciens ministres avec la justice. C’est qu’il y va de la carrière de plusieurs notabilités plus ou moins éminentes. Et du devenir de leaderships importants dont les assises se révèlent plus fragiles qu’on ne le croyait, il y a six mois… Le dossier est bourré de mines, un vrai bouillon de culture et de conflits. On n’a pas fini de débattre du contour des circonscriptions, du nombre de tours pour le scrutin ou de l’âge légal à partir duquel Libanais et Libanaises peuvent voter. Le capharnaüm, les tiraillements sont tels que tous les taëfistes prévoient en chœur qu’il faudra en définitive en passer par l’arbitrage syrien. Et les anti-taëfistes de leur côté veulent voir ce qu’en pensent les décideurs avant de se positionner. Pour le moment, selon une source fiable retour de Damas, « les frères s’interdisent d’intervenir en direct. Ils indiquent cependant, assez clairement, qu’il faut s’en tenir au pacte de Taëf et récusent donc le recours au caza pris comme circonscription. Quant à savoir ce qu’on voudra fabriquer avec le mohafazat, qu’on peut pétrir et modeler à volonté, agrandir ou rétrécir, les Syriens estiment que ce sont là des détails que seuls les Libanais peuvent régler, en accordant leurs violons. Ils ajoutent, avec un petit sourire en coin, qu’ils ont pleine confiance dans les capacités d’entente mutuelle de nos professionnels de la politique. Et précisent avec force qu’ils ne soutiennent ou ne combattent personne. En rappelant que leur seul appui est d’ordre général, c’est le cas de le dire, et va au régime ainsi qu’à la ligne définie dans son discours d’investiture». Pour ce qui est du rabaissement éventuel de l’âge électoral de 21 à 18 ans, on relève une objection assez originale émanant des amalistes de M. Nabih Berry : l’université, que hante la tranche d’âge concernée, se trouverait politisée à l’extrême, livrée aux surenchères électorales, se transformerait en poudrière et deviendrait infréquentable. Un traditionaliste abonde dans le même sens, en exprimant la crainte qu’avec une jeunesse toujours en effervescence, le paysage politique ne connaisse d’incessantes transformations psychédéliques, mettant à mal les équilibres politiques en menaçant de déboulonner les leaderships sur lesquels se fonde la stabilité intérieure du pays. Bref, ce n’est probablement pas l’an prochain que nos jeunes de 18 printemps pourront aller aux urnes… Les émigrés non plus car la campagne menée en leur faveur par l’Est politique ne suscite que peu d’échos. De plus, leur cause se trouve liée, par suite de la tactique adoptée à l’Est, à la question des naturalisés de 1994, ce qui la rend encore plus délicate. On sait en effet que l’Est ne veut pas que les assimilés de 1994, qu’il conteste, puissent voter avant que le Conseil d’État ait tranché à leur propos. Or cette instance, saisie par la Ligue maronite, ne se prononce toujours pas. Et son retard commence à susciter des questions dans les cercles politiques. Où on fait remarquer que le pays est maintenant doté d’un nouveau pouvoir depuis six mois et qu’il n’y a plus lieu d’attendre le changement. En ajoutant qu’il est tout à fait injuste et hautement antidémocratique que de vrais-faux ressortissants puissent voter, alors que d’authentiques Libanais, trois fois plus nombreux que les résidents, se voient refuser ce droit parce qu’ils sont émigrés. Toujours est-il que des solutions, à la libanaise justement, sont actuellement sous étude. Dont celle de ramener l’âge électoral non pas à 18 ans mais à 20 ans. Et pourquoi pas à 19 ans et demi, serait-on tenté de dire…
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les élections intéressent la caste politique bien plus que les rendez-vous d’anciens ministres avec la justice. C’est qu’il y va de la carrière de plusieurs notabilités plus ou moins éminentes. Et du devenir de leaderships importants dont les assises se révèlent plus fragiles qu’on ne le croyait, il y a six mois… Le dossier est bourré de mines, un vrai bouillon de culture et de conflits. On n’a pas fini de débattre du contour des circonscriptions, du nombre de tours pour le scrutin ou de l’âge légal à partir duquel Libanais et Libanaises peuvent voter. Le capharnaüm, les tiraillements sont tels que tous les taëfistes prévoient en chœur qu’il faudra en définitive en passer par l’arbitrage syrien. Et les anti-taëfistes de leur côté veulent voir ce qu’en pensent les décideurs avant de se positionner....