Préparé par Rainier III à la succession au trône monégasque, le prince Albert devra sans doute patienter avant de prendre la place de son père, qui, à la veille de son jubilé, dimanche en Principauté, a semblé écarter toute intention d’abdiquer. Interrogé par le quotidien Nice-Matin sur une éventuelle passation de pouvoirs à l’occasion de ces festivités, marquant le cinquantenaire de son règne, le prince souverain, 76 ans le 31 mai, répond dans un entretien publié samedi que «c’est mal connaître la Constitution monégasque». «Il n’y est pas question d’abdiquer», poursuit Rainier. «La succession n’arrive qu’au décès du prince souverain, ou si l’on constate sur un plan physique, médical, qu’il est dans l’incapacité de régner. Ce n’est pas encore le cas!». L’article 10 de la Constitution monégasque du 17 décembre 1962 en vigueur stipule pourtant que la succession au trône est «ouverte par suite de décès ou d’abdication». Le souverain n’avait jusqu’alors jamais caché qu’il pourrait effectivement abdiquer en faveur de son fils : «C’est une affaire qui se réglera naturellement entre le prince Albert et moi, sur la base de la confiance qui nous lie», se plaisait-il à répéter. De son côté, Albert envisage une «passation de pouvoirs progressive, une transition en douceur». «Mon père a toujours dit qu’il souhaitait ne pas finir ses jours au pouvoir, mais je n’imagine pas une abdication de sa part, dit-il. Cela sous-entend comme un renoncement qui ne lui ressemble pas». Deuxième enfant de Grace et Rainier, Albert, 41 ans, est le prétendant au trône, la Constitution prévoyant que la succession s’opère «dans la descendance directe et légitime du prince régnant par ordre de primogéniture, avec priorité des descendants mâles au même degré de parenté». Pour la même raison, si Albert, aujourd’hui célibataire, décédait ou abdiquait sans enfant naturel ou adoptif, c’est la princesse Caroline, sa sœur aînée, qui lui succéderait. « Fosse aux lions » Pour démentir des rumeurs, le cabinet de Rainier avait tenu, voici un an, à faire une mise au point en assurant que «rien dans les propos ni dans la manière dont le prince héréditaire s’acquitte de ses obligations, n’autorise à affirmer ou à laisser entendre qu’il se soustrairait pour l’avenir à ses devoirs». «Je ne sais pas si l’on est réellement prêt tant que l’on est pas jeté dans la fosse aux lions», déclarait Albert, quelque peu inquiet, parfois, devant la tâche qui ne manquera pas de se présenter à lui. Albert «se prépare très bien (...) Ce nouveau rôle qu’il va devoir tenir l’intéresse au plus haut point», estime Rainier dans Nice-Matin. Dimanche, donc, lors des festivités qui se sont déroulées sur le Rocher, la question de la succession n’était pas à l’ordre du jour. La journée de jubilé a débuté à 10 heures par une messe d’action de grâce à la cathédrale, célébrée par le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la Culture au Saint-Siège. La messe a été suivie à 12h30 d’un déjeuner officiel au palais pour les proches et les corps constitués. L’après-midi, enfin, une invitation a été lancée à la population monégasque par la Commune et l’Assemblée, pour une grande réception offerte sur la place du Palais, en présence de la famille princière. Elle devait être suivie dans la soirée par un spectacle audiovisuel et pyromusical donné sur le port.
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