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Actualités - Chronologie

Chine L'adhésion à l'OMC renforcerait les risques de dévaluation

Une adhésion rapide de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce, en mettant sous pression la balance commerciale chinoise, pourrait accroître les risques de dévaluation du yuan l’an prochain, estime-t-on dans les milieux financiers. «Les risques de dévaluation seront plus élevés si la Chine adhère à l’OMC avant la nouvelle série de négociations multilatérales en novembre», prévoit Andrew Fernow, économiste de la maison de courtage Vickers Ballas à Hong Kong. La Chine, qui négocie d’arrache-pied son adhésion à l’OMC depuis 13 ans, a convenu avec Washington de parvenir à un accord avant la fin de l’année. Les dirigeants chinois ont tout intérêt à éviter une dévaluation s’ils veulent obtenir le feu vert du Congrès américain. «Si une dévaluation est perçue comme coûteuse en termes d’emplois aux États-Unis, cela serait une barrière supplémentaire à son adhésion à l’OMC», estime Bob Broadfoot, du consultant Political and Economic Risk Consultancy à Hong Kong. Les États-Unis ont enregistré l’an dernier un déficit commercial record de 57 milliards de dollars avec la Chine, le deuxième après leur déficit vis-à-vis du Japon. Une dévaluation du yuan accroîtrait encore le déséquilibre commercial américain, provoquant la fureur du Congrès. La Chine s’est encore engagée à ne pas dévaluer sa monnaie cette année, malgré la perte de compétitivité qu’elle a subie depuis le début de la crise asiatique en juillet 1997. Mais son excédent commercial, qui a déjà commencé à fondre après un record de 43,6 milliards de dollars en 1998, risque de se retrouver encore plus sous pression si Pékin entre à l’OMC, prévoient les analystes. «L’adhésion à l’OMC sera très difficile dans un premier temps pour l’industrie chinoise qui va se retrouver confrontée à la concurrence étrangère. Il faudra donc compenser la perte de compétitivité des produits chinois en dévaluant la monnaie», analyse le représentant d’une banque européenne à Pékin. Le Premier ministre chinois Zhu Rongji, qui a dû faire des concessions importantes en avril dernier lors de sa visite aux États-Unis pour tenter d’arracher l’accord de Washington à l’entrée de la Chine dans l’OMC, est sous pression de la part des industriels chinois qui craignent pour leur part du marché intérieur. «Il pourrait être tenté de réduire la valeur du yuan afin de leur donner un coup de pouce face à la concurrence internationale», estime-t-il. Selon lui, Zhu Rongji voit en outre dans l’OMC le moyen de faire passer des réformes difficiles en s’appuyant sur le calendrier de mise en conformité imposé par l’organisation. «Une dévaluation aiderait à faire passer les réformes», observe-t-il. L’adhésion à l’OMC ne comporte en revanche aucune disposition sur les changes. «Un pays membre de l’OMC peut toujours dévaluer sa monnaie», ajoute le banquier. Un pays membre n’est pas non plus obligé d’avoir une monnaie entièrement convertible, ce qui est le cas du yuan, convertible pour les transactions commerciales mais pas pour les opérations en capital. La banque centrale chinoise peut aisément ajuster son cours sur le marché interbancaire national. Selon le même banquier, il est difficile de prévoir quelle forme prendrait une éventuelle dévaluation. «Elle pourrait se faire très progressivement, voire s’inscrire dans le cadre d’un réajustement du panier de devises entrant dans le calcul de la valeur du yuan, ce qui serait une excuse parfaitement honorable», prévoit-il.
Une adhésion rapide de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce, en mettant sous pression la balance commerciale chinoise, pourrait accroître les risques de dévaluation du yuan l’an prochain, estime-t-on dans les milieux financiers. «Les risques de dévaluation seront plus élevés si la Chine adhère à l’OMC avant la nouvelle série de négociations multilatérales en novembre», prévoit Andrew Fernow, économiste de la maison de courtage Vickers Ballas à Hong Kong. La Chine, qui négocie d’arrache-pied son adhésion à l’OMC depuis 13 ans, a convenu avec Washington de parvenir à un accord avant la fin de l’année. Les dirigeants chinois ont tout intérêt à éviter une dévaluation s’ils veulent obtenir le feu vert du Congrès américain. «Si une dévaluation est perçue comme coûteuse en termes...