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Actualités - Chronologie

Procès Nivel La défense invoque un manque de preuves

Les avocats de trois agresseurs présumés du gendarme français Daniel Nivel ont invoqué un manque de preuves et joué la carte de la responsabilité diminuée par l’ivresse, lors de leurs plaidoiries hier à Essen. D’après eux, il n’existe contre les accusés presque aucune preuve irréfutable et il demeure «trop d’impressions», notamment dues à «l’interprétation» de photos de l’agression. Certains témoins ont «fabulé», des erreurs répétées ont été commises pendant l’enquête et le travail des experts médicaux peut être «mis en question», selon la défense. Concrètement, aucun accusé n’aurait frappé la tête du militaire de 44 ans, qui a gardé des séquelles irréversibles après le coma profond de six semaines dans lequel l’avait plongé ce passage à tabac, le 21 juin 1998 pendant le Mondial à Lens (nord de la France). «Le problème est que, pourtant, les blessures sont là», relève la partie civile. André Zawacki et Tobias Arno Reifschlaeger étaient complètement saouls lors des faits, selon leurs avocats. Le premier avait entre 2,6 et 3,7 grammes d’alcool dans le sang et le second autour de 3 grammes. Si bien que Zawacki ne saurait être condamné comme requis par le parquet à 14 ans de réclusion pour tentative de meurtre, mais plutôt «d’après le paragraphe 323a du code pénal» allemand, qui prévoit une peine maximale de cinq ans pour un crime ou délit commis en état d’ivresse grave. Ce paragraphe «n’exclut pas» la responsabilité de l’accusé mais «l’atténue sensiblement», a souligné Me Wolfgang Weckmueller. Il a concédé que son client ait pu administrer des «coups graves» mais rejeté en bloc «l’intention de tuer» invoquée par le procureur. De plus, selon l’avocat, Zawacki était très troublé au moment du drame: outre l’alcool, il avait perdu «sa grand-mère bien-aimée» quelques jours auparavant et raté de ce fait un examen important. Les avocats de Frank Renger ont eux mis l’accent sur le caractère fragile de leur client, qui ne serait pas un hooligan. Renger a passé toute sa jeunesse dans un foyer. À Lens, il se serait «laissé entraîner». «Renger s’est excusé auprès des Nivel, a écrit une lettre à la Fédération allemande de football» et a proposé d’œuvrer pour la prévention de la violence dans le football, «que peut-il faire de plus pour prouver ses regrets ?», a interrogé Me Siegmund Benecken. Devant la Cour d’assises comble, les cinq avocats ont plaidé pour des peines «bien moindres» que celles requises par le parquet. Le procureur avait réclamé huit ans contre Reifschlaeger, sept contre Renger et six contre Christopher Rauch pour coups et blessures graves. Mettant en garde contre un verdict sévère «pour l’exemple», les avocats ont exhorté la Cour à oublier «la pression publique» et plaidé pour des jugements «individuels» écartant une «faute collective». «Il n’y a pas eu de plan!», a martelé Me Benecken. Par manque de temps jeudi, les avocats de Christopher Rauch ont obtenu de plaider le 5 novembre. Le verdict, initialement prévu à cette date, se trouve ainsi repoussé au 9 novembre. «C’est plutôt dans leur intérêt de plaider plus tard», a estimé Me Antoine Vaast, partie civile, puisque Rauch est le seul à s’affirmer innocent. Le calendrier dissocie ainsi son cas de ses co-accusés qui ont fait des aveux partiels. Le report du verdict remet en question la venue de l’épouse du gendarme, Lorette Nivel, qui était prévue pour le verdict le 5 novembre, a indiqué à l’AFP Me Vaast. En effet, Mme Nivel ne souhaite pas se rendre seule à Essen: elle comptait venir avec son plus jeune fils, en vacances scolaires le 5, mais les vacances seront finies le 9. Le fils aîné est sous les drapeaux et Daniel Nivel n’est pas en état de revenir, a-t-il ajouté.
Les avocats de trois agresseurs présumés du gendarme français Daniel Nivel ont invoqué un manque de preuves et joué la carte de la responsabilité diminuée par l’ivresse, lors de leurs plaidoiries hier à Essen. D’après eux, il n’existe contre les accusés presque aucune preuve irréfutable et il demeure «trop d’impressions», notamment dues à «l’interprétation» de photos de l’agression. Certains témoins ont «fabulé», des erreurs répétées ont été commises pendant l’enquête et le travail des experts médicaux peut être «mis en question», selon la défense. Concrètement, aucun accusé n’aurait frappé la tête du militaire de 44 ans, qui a gardé des séquelles irréversibles après le coma profond de six semaines dans lequel l’avait plongé ce passage à tabac, le 21 juin 1998 pendant le...