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Actualités - Reportages

Kosovo : succès militaire et faiblesses opérationnelles

L’intervention de l’Otan au Kosovo s’est soldée par un succès militaire mais a aussi mis en lumière des faiblesses opérationnelles qui requièrent «l’attention urgente» des pays de l’Alliance, estime l’IISS. La supériorité des capacités des Américains sur les Européens s’est illustrée de façon criante au Kosovo. Le fossé ne paraît pas en voie d’être comblé si l’on en juge par l’évolution des budgets militaires en 1998-99 de part et d’autre de l’Atlantique, note l’Institut d’études de défense. Dans ces circonstances, l’IISS émet de sérieux doutes sur les perspectives «même modestes» d’une identité européenne de défense qui, selon la déclaration du Sommet de Cologne, se propose d’aboutir à «une capacité d’action autonome appuyée sur des forces militaires crédibles». Si cette capacité «doit devenir réalité, estime l’IISS, des augmentations des dépenses de défense ou à tout le moins une redistribution radicale des ressources et une véritable collaboration dans les approvisionnements sont nécessaires». Le déclin des dépenses d’armement en Europe depuis 1991 semble s’être stabilisé mais il reste que les pays européens de l’Otan ont collectivement alloué moitié moins de ressources à leur défense que les États-Unis, avec 171 milliards de dollars en valeur nominale, représentant en fait une baisse de 7 % sur 1998 en termes réels. Washington de son côté mise puissamment sur la modernisation de ses forces, en mettant notamment l’accent sur l’aviation, à laquelle 62 milliards de dollars devraient être consacrés en 2001. Le Kosovo a été «une inspiration» incitant les Européens à redoubler d’efforts, au moins au plan institutionnel, pour se doter de capacités d’action offensive autonome. Mais l’indiscutable suprématie américaine dans l’opération «Force Alliée» a aussi cruellement pointé les domaines dans lesquels ils doivent refaire leur retard. Ainsi, la campagne du Kosovo a vu une montée en puissance sans précédent des avions sans pilote (drones) pour le repérage des cibles et la collecte de renseignements en général. Aux côtés des Predator américains, les CL-289 opérés par les Français et les Allemands ont été extensivement utilisés. Mais là où le Predator peut opérer à 7 600 mètres avec 24 heures d’autonomie, le CL-289 plafonne à 600 mètres et 30 minutes. L’IISS prévoit comme «résultat direct de Force Alliée une demande accrue pour des drones plus performants», dont la mise au point «pourrait être un excellent projet de coopération européenne». Autres domaines de suprématie américaine, les capacités de brouillage électronique, de ravitaillement en vol, de transport et surtout de guidage des armes de précision. Les appareils américains, avec des systèmes de navigation indifférents aux conditions de visibilité, ont pu délivrer plus de 80 % de leurs bombes. Les Européens, dépendants de systèmes laser, TV ou à guidage infrarouge, ont dû renoncer à de nombreuses missions ou encore ont perdu le contact avec leurs bombes après le tir. Mais le plus clair déficit européen est sans doute celui de ses capacités de projection de troupes pour des déploiements de type Kfor ou Sfor, en Bosnie, dont l’IISS estime qu’elles n’atteignent que «2-3 % des personnels en armes en Europe». Avec à peine plus de 2 millions de personnels d’active, une capacité de déploiement conjointe et interarmes limitée aux Britanniques et aux Français, et des «carences marquées» en personnels spécialisés, les pays européens de l’Otan sont bien en peine de «conduire des opérations offensives combinées à une échelle significative» et de «maintenir des forces déployées hors de leurs frontières», concluent les experts de l’IISS.
L’intervention de l’Otan au Kosovo s’est soldée par un succès militaire mais a aussi mis en lumière des faiblesses opérationnelles qui requièrent «l’attention urgente» des pays de l’Alliance, estime l’IISS. La supériorité des capacités des Américains sur les Européens s’est illustrée de façon criante au Kosovo. Le fossé ne paraît pas en voie d’être comblé si l’on en juge par l’évolution des budgets militaires en 1998-99 de part et d’autre de l’Atlantique, note l’Institut d’études de défense. Dans ces circonstances, l’IISS émet de sérieux doutes sur les perspectives «même modestes» d’une identité européenne de défense qui, selon la déclaration du Sommet de Cologne, se propose d’aboutir à «une capacité d’action autonome appuyée sur des forces militaires crédibles». Si...