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Actualités - Chronologie

Défense antimissile : Washington tend la main à Moscou

Les États-Unis ont proposé à la Russie de collaborer à des projets de détection antimissile en échange de la modification d’un accord-clé de contrôle des armements, le traité ABM, mais les experts doutent fort que cela soit suffisant. Le New York Times et le Washington Post ont révélé dimanche dernier que l’administration américaine avait proposé à la Russie son aide pour achever la construction d’un important radar de détection de missiles balistiques en Sibérie. Ce radar, situé près d’Irkoutsk, aurait pour fonction de détecter des tirs de missiles de pays tels que la Corée du Nord. Pyongyang avait surpris tout le monde en août 1998 en procédant au tir d’un tel missile au-dessus du Pacifique. Selon la presse, les États-Unis ont également proposé leur aide aux Russes pour le radar de Lyaki, en Azerbaïdjan, destiné à surveiller le Moyen-Orient et principalement l’Iran. L’Administration américaine avait déjà fait savoir qu’elle était disposée à collaborer avec les Russes en matière de défense antimissile, mais les détails concrets sur une éventuelle collaboration n’avaient pas été jusqu’ici rendus publics. Les États-Unis souhaitent se doter d’un système national de défense antimissile, avec dans un premier temps l’installation d’une centaine d’intercepteurs en Alaska qui seraient opérationnels vers 2005. Washington explique ce projet par sa volonté de se prémunir essentiellement de tirs de missiles de la part de pays «hors-la-loi» comme la Corée du Nord ou l’Iran. La secrétaire d’État, Madeleine Albright, a répété qu’un nouveau système de défense antimissile, dont le déploiement ou non sera décidé en juin prochain, ne serait pas dirigé contre la Russie. Mais un tel déploiement nécessite une révision du traité ABM signé en 1972 entre les États-Unis et l’Union soviétique. Et Moscou y est résolument opposé. Le traité limite volontairement les systèmes de défense antimissile des pays signataires afin d’empêcher une course aux armements. Les experts aux États-Unis sur le contrôle des armements doutent fort que les propositions américaines soient susceptibles d’ébranler l’opposition russe à une modification du traité ABM. C’est le cas de John Steinbruner, de la Brookings Institution et de Alton Frye, du conseil sur les relations internationales. Les États-Unis vont devoir déployer une «diplomatie très innovante» et avancer des «raisons convaincantes» pour persuader Moscou que cette proposition est dans les intérêts de la Russie, estime Alton Frye. Il ne s’agit que d’un «jeu d’ouverture», nuance Edward Atkeson, du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS), en relevant que les militaires russes sont actuellement très remontés contre l’Occident. Alton Frye considère toutefois que les propositions américaines représentent un «élément positif très important dans un paysage autrement bien sombre» dans le domaine du contrôle des armements. Il rappelle notamment le rejet, mercredi dernier par le Sénat américain, du Traité sur l’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT). Les Russes «n’ont pas les moyens» de se permettre une remise en cause du traité ABM, en raison de leur situation économique, relève en français Chantal de Jonge Oudraat, de Carnegie Endowment for International Peace. Cette spécialiste tient aussi à replacer les initiatives au sujet d’un système national de défense antimissile (NMD), réclamé ardemment par l’opposition républicaine, dans le contexte des prochaines élections présidentielles américaines, en novembre 2000. «Les démocrates, selon elle, ne veulent pas apparaître comme étant faibles sur cette question par rapport aux républicains».
Les États-Unis ont proposé à la Russie de collaborer à des projets de détection antimissile en échange de la modification d’un accord-clé de contrôle des armements, le traité ABM, mais les experts doutent fort que cela soit suffisant. Le New York Times et le Washington Post ont révélé dimanche dernier que l’administration américaine avait proposé à la Russie son aide pour achever la construction d’un important radar de détection de missiles balistiques en Sibérie. Ce radar, situé près d’Irkoutsk, aurait pour fonction de détecter des tirs de missiles de pays tels que la Corée du Nord. Pyongyang avait surpris tout le monde en août 1998 en procédant au tir d’un tel missile au-dessus du Pacifique. Selon la presse, les États-Unis ont également proposé leur aide aux Russes pour le radar de Lyaki, en...