Le calme a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth dont l’évolution continuait à être déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). C’est ainsi que malgré l’abondance relative de l’offre du dollar face à une demande toujours réticente à se placer en cette monnaie, il a dû se stabiliser, après que la BDL eut maintenu ses deux taux d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Le billet vert a, en effet, clôturé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, tout en se négociant invariablement aussi dans les échanges interbancaires au bas de la fourchette d’intervention de la BDL en l’absence de contreparties valables à la demande en dehors de celle-ci. Pourtant, ce phénomène ne devait pas s’accompagner de beaucoup d’activités, avec comme corollaire un volume d’affaires de quelque huit millions de dollars en grande partie achetés par la BDL à 1 501,00 LL, à en croire les milieux cambistes de la place. Dollar légèrement soutenu après les chiffres de l’inflation À l’étranger, le dollar a continué sa progression entamée la veille, hier sur les marchés des changes internationaux, dans la foulée de Wall Street rassurée par la hausse conforme aux attentes de l’indice des prix à la consommation en septembre au États-Unis. Celui-ci n’a progressé le mois dernier que de 0,4 % contre 0,3 % en août, excluant toute reprise des tensions inflationnistes et écartant les craintes d’un nouveau resserrement monétaire lors de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine le 16 novembre prochain. Cela d’autant que les marchés apprenaient aussi que les mises en chantier de logements aux États-Unis auraient diminué de 3,2 % contre 0,5 % pendant la même période. Mais contrairement à Wall Street, le dollar n’a pas beaucoup réagi aux chiffres de l’inflation américaine, gagnant modérément de terrain face au yen et à l’euro. Le recul de la monnaie unique européenne a été limité par les spéculations sur une hausse prochaine des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) lors de la réunion demain de son conseil des gouverneurs pour décider de la politique de taux de la zone euro des deux semaines à venir. Il en est de même pour le yen qui bénéficie toujours des perspectives d’expansion de l’économie japonaise, et du sterling qui a trouvé hier un grand soutien face au dollar dans l’annonce par le conglomérat allemand Mannesmann qu’il est en pourparlers pour l’acquisition du troisième groupe de téléphonie mobile britannique, Orange, pour un montant estimé par la presse à 16 milliards de livres. Cela étant, et dans l’attente de la publication aujourd’hui du rapport Ifo de conjoncture en Allemagne et des statistiques sur la balance commerciale américaine en août ainsi que des minutes de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre des 6 et 7 octobre, le dollar s’est négocié à New York, sur un ton légèrement ferme, comme suit : – 1,0835 pour un euro contre 1,0840, la veille – 1,6720 pour un sterling contre 1,6685 – 1,0845 DM contre 1,8040 – 6,0525 FF contre 6,0500 – 1,4665 FS contre 1,4650 – 1 786,85 lires contre 1 785,90 – 105,30 yens contre 105,10. Bourse de Beyrouth : effritement de la cote À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est sévèrement ressentie hier de la baisse des actions B de Solidere de 7 1/8 à 7,00 dollars, de celles de la Byblos Bank C de 2 1/8 à 2 3/16 dollars et de la Banque européenne pour le Moyen-Orient (BEMO) de 3 1/4 à 3 1/8 dollars, et tout cela dans un marché étriqué. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,37 % à 74,58 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,34 % à 177,20 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un volume d’affaires très mince avec seulement 16 060 actions négociées d’une valeur globale de 75 491 dollars. Wall Street : réduction des gains Sur les autres places boursières internationales, les nouvelles sur le front de l’inflation aux États-Unis, telles qu’illustrées hier par les prix à la consommation, ont fait repartir Wall Street à la hausse. Cela d’autant que plusieurs grandes sociétés américaines avaient publié de bons résultats financiers pour le troisième trimestre. Pourtant, les chiffres de l’inflation et la baisse plus forte qu’attendu des mises en chantier de logements aux États-Unis n’ont pas beaucoup rassuré les opérateurs boursiers sur les intentions de la Fed à l’issue de la prochaine réunion de son comité de l’open market le 16 novembre. À cet égard, les analystes ne semblent pas écarter un nouveau resserrement monétaire car selon eux l’action de la Fed n’est pas destinée à lutter contre l’inflation seulement mais consiste aussi à freiner la croissance excessive de la demande qui, dans un contexte de chômage très faible (4,2 %) risque à terme d’entraîner une hausse des coûts salariaux qui comptent pour environ 70 % de l’indice des prix à la consommation. Compte tenu donc de ces considérations, nombre d’opérateurs ont estimé devoir engranger les gains que leur procurait hier la hausse excessive de certaines actions. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, qui a opéré un bond spectaculaire d’un plus bas de la séance à 19 117,54 points à un plus haut à 10 335,37 points, a affiché en préclôture 10 209,04 points, réduisant ses gains à 92,76 points sur la veille. Rebondissement des Bourses européennes Les Bourses européennes ont clôturé en nette hausse mardi, après la publication d’un indice des prix de détail conforme aux attentes, apaisant les craintes d’un tour de vis monétaire trop radical de la Réserve fédérale le mois prochain. Des économistes estiment que la statistique du CPI pourrait contenir les derniers chiffres importants que la comité de politique monétaire de la Fed (Fomc) étudiera avant sa prochaine réunion du 16 novembre. Les marchés, encore partagés entre l’hypothèse d’un resserrement monétaire et celle d’un statu quo, suivront avec attention le discours du président de la Fed Alan Greenspan. Les Bourses autour du globe avaient lourdement chuté la semaine dernière à la suite de la hausse plus prononcée que prévu des prix à la production américains en septembre et d’un avertissement de Greenspan sur les dangers de la formation d’une bulle boursière spéculative. Les Bourses européennes ont progressé dans un bel ensemble, doublant leurs gains du matin après la statistique américaine. Paris a gagné 2,13 %, Londres 2,12 %, Francfort 2,73 %, Amsterdam 1,75 %, les valeurs suisses de 2,37 %, Milan 1,65 %, Bruxelles 1,73 % et Madrid 1,32 %. Parmi les indices paneuropéens, l’indice Eurotop a pris 2,1 %, tandis que l’Euro Stoxx de 50 valeurs vedettes de la zone euro a gagné 2,32 %. Aux banques, Banco Biblao Vizcaya (BBV) et Argentaria ont annoncé leur fusion pour donner naissance à BBVA. BBV proposera cinq actions nouvelles pour trois titres Argentaria. Les deux banques ont fait savoir que BBVA «était ouverte à d’autres établissements européens». Les titres étaient suspendus en Bourse de Madrid. Les télécoms ont profité de l’annonce de discussions entre Mannesmann et l’opérateur britannique de téléphonie mobile Orange en vue du rachat du second par le premier. Orange s’est adjugé plus de 10 %, valorisant le groupe à plus de 17 milliards de livres ($28 milliards) avant de revenir à un gain de 2,84 %, tandis que Mannesmann perdait 0,1 %. Les autres protagonistes du compartiment en ont bénéficié. British Telecom s’est octroyé 5,18 %, Deutsche Telekom, 5,13 % et France Télécom 4,70 %. Les technologiques, soutenues par le net rebond d’Alcatel, ont largement contribué à la hausse des Bourses européennes. Le groupe français a pris 5,91 % après avoir annoncé un contrat pour fournir tous les équipements liés à Internet à l’opérateur américain de téléphonie locale SBC Communications, qui lance une nouveau projet d’accès à Internet à haut débit pour six milliards de dollars. D’autres technologiques ont rebondi après avoir reculé lundi – Philips a regagné 3,17 % et Nokia 3,4 %. Tokyo : en baisse par crainte de Wall Street La Bourse de Tokyo s’est légèrement repliée mardi, en raison des craintes persistantes suscitées par Wall Street, avant la publication, dans la journée, de l’indice des prix à la consommation aux États-Unis pour le mois de septembre. L’indice Nikkei 225 a perdu 21,16 points, soit 0,12 %, à 17 254,17, et son contrat décembre 70 points à 17 260. «La reprise du Dow lundi est apparue trop timide pour rassurer», a estimé Tsuyoshi Segawa, de New Japan securities Co Ltd. Les observateurs craignent qu’une forte hausse de l’indice des prix à la consommation n’incite la Réserve fédérale américaine à relever ses taux d’intérêt, provoquant une nouvelle correction de la Bourse. Au total 486,46 millions de titres ont changé de mains contre 560,41 millions lundi. Faisant écho au président de la Fed, Alan Greenspan, le ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, a estimé à son tour que les investisseurs devaient être très prudents à propos de l’évolution du marché boursier américain. «Les investisseurs doivent accorder une attention suffisante à ce qu’a dit le président de la Fed», a-t-il souligné. Les sociétés du groupe Nissan Motor Co Ltd se sont repliées après l’annonce lundi que le constructeur automobile japonais liquidera une grande partie de ses participations dans le groupe au cours des trois prochaines années, dans le cadre d’un plan de restructuration. Nissan lui-même a cédé 2,70 % après avoir abandonné ses gains initiaux. Le marché a tout d’abord accueilli favorablement ce plan mais s’est ensuite demandé comment il sera appliqué.
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