L’Inde, en première ligne face au coup d’État au Pakistan, se méfie de l’homme fort chez son voisin, le général Pervez Musharraf, accusé d’inciter au terrorisme au Cachemire et considéré comme imprévisible, ont souligné diplomates et analystes. C’est l’une des raisons qui ont incité New Delhi à adopter un profil bas depuis le renversement du Premier ministre Nawaz Sharif, mettant ses forces armées en état d’alerte par précaution à la frontière, mais évitant soigneusement toute déclaration incendiaire. «Il nous faut être très prudents», a expliqué Jasjit Singh, directeur de l’Institut des études et analyses de défense et conseiller du Conseil national de sécurité indien. «L’expérience que l’on connaît du général Musharraf ne nous inspire pas un très grand degré de confiance». Le chef de l’armée pakistanaise est vu en Inde comme l’homme de Kargil, synonyme de l’intrusion au printemps dernier de centaines de combattants islamistes venus du Pakistan dans la montagne du Cachemire indien, cause d’un conflit armé qui a fait plus de mille morts et conduit les deux pays, puissances nucléaires, près d’une quatrième guerre déclarée. Le général Musharraf est aussi considéré comme proche des taliban au pouvoir en Afghanistan et de certains groupes islamistes pakistanais radicaux, tous anathèmes pour l’Inde préoccupée par une possible extension du fondamentalisme au Cachemire. «La carrière du général Musharraf et ses remarques concernant le Cachemire montrent que l’Inde doit s’attendre de sa part à une attitude de confrontation», a déclaré l’ex-Premier ministre Inder Kumar Gujral. Le gouvernement indien a exclu toute attaque militaire directe pakistanaise contre l’Inde, avec ou sans armes nucléaires. Mais l’une des «préoccupations» dont a fait état le ministère des Affaires extérieures est le «terrorisme transfrontalier», c’est-à-dire le soutien aux guérilleros séparatistes cachemiris dont New Delhi accuse Islamabad. Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee n’a pas renoncé à son ambition de faire la paix avec le Pakistan et a dit vouloir un dialogue, y compris avec un régime militaire à Islamabad, mais a clairement posé comme condition préalable la cessation du soutien au terrorisme. Selon Washington, qui a exprimé des craintes d’un regain de tension en Asie du Sud, le général Musharraf avait souligné devant l’ambassadeur américain à Islamabad l’importance qu’il y a à reprendre un dialogue avec l’Inde. Dans une conversation téléphonique le même jour avec le président Bill Clinton, M. Vajpayee a dit être prêt à dialoguer mais a souligné que le général Musharraf soutenait le terrorisme, selon l’Indian Express. «Nous discuterons, mais regardez qui est au pouvoir», a titré ce journal. Le gouvernement indien a fait savoir aux diplomates en poste à New Delhi que le chef de l’armée pakistanaise l’inquiétait également car il est considéré comme un «homme de coups, impulsif», et pas un «stratège», selon un haut diplomate occidental. «C’est dangereux. C’est un peu comme de la nitroglycérine, c’est à manier avec précaution», a expliqué ce diplomate.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Inde, en première ligne face au coup d’État au Pakistan, se méfie de l’homme fort chez son voisin, le général Pervez Musharraf, accusé d’inciter au terrorisme au Cachemire et considéré comme imprévisible, ont souligné diplomates et analystes. C’est l’une des raisons qui ont incité New Delhi à adopter un profil bas depuis le renversement du Premier ministre Nawaz Sharif, mettant ses forces armées en état d’alerte par précaution à la frontière, mais évitant soigneusement toute déclaration incendiaire. «Il nous faut être très prudents», a expliqué Jasjit Singh, directeur de l’Institut des études et analyses de défense et conseiller du Conseil national de sécurité indien. «L’expérience que l’on connaît du général Musharraf ne nous inspire pas un très grand degré de confiance». Le chef...