Peut-il y avoir pire que ce que vous avez imaginé de pire? Non, ce n’est pas une colle ; car même en laissant vagabonder votre imagination jusqu’aux limites – et même au-delà – de tout ce qu’il y a de pire, vous ne pourriez pas atteindre les profondeurs abyssales auxquelles je me suis retrouvé confronté, un certain soir, devant mon petit écran. Vous pourrez toujours ergoter que le pire est, en règle générale, ce à quoi il faut s’attendre lorsqu’on regarde notre télé. Ne cherchez pas à me convaincre, on ne prêche pas un convaincu. Bref, je m’attendais à tout, sauf à ça : à cette chose venue d’ailleurs, comme dans le film d’épouvante de Howard Hawks. Cette monstruosité inqualifiable avait, pourtant, la prétention d’être – et surtout de ne pas être – une comédie théâtrale égyptienne... Comédie? Involontaire, bien entendu. Théâtrale? Je préfère ne pas demander l’avis de ceux qui font du théâtre. Car s’ils avaient vu ce que j’ai vu, il aurait fallu passer à Mounir la camisole de force, envoyer Roger en cure d’hibernation, Jalal aux urgences et Chakib en clinique psychiatrique. Personnellement, je ne m’en suis pas encore remis. Car si cela s’appelle du théâtre, moi je m’appelle Bruce Willis! Le décorateur n’ayant rien laissé à l’imagination – la sienne étant restée au vestiaire – la scène comprenait un escalier monumental – cela fait très «high society»! – qui ne menait à rien et deux portes – qui ne menaient à rien également – puisque tout le monde entrait et sortait des coulisses de côté. Sur scène s’agitait un comédien de poids – je ne parle pas du talent mais du physique – en tee-shirt rayé et bermuda à fleurs dans des coloris capables d’illuminer la plus sombre des nuits! La «vision» en question s’agitait face à une dondon, qui n’avait rien à lui envier quant aux coloris, et qui arborait à l’intérieur de ce qui était supposé représenter une maison cossue – d’où les dorures des meubles! chapeau, voilette et lunettes noires. Comme si elle craignait l’insolation!!! Et la dondon en question disputait l’énergumène à une minette, enrobée dans des kilos qu’une robe ultramoulante mettait encore plus en valeur et qui minaudait comme une vierge sortant d’un lupanar! Je n’ai pas eu la force, ni le courage d’en voir davantage. Mais sachez que le «chef-d’œuvre» en question était diffusé le samedi soir, lorsque vous êtes sûrs d’atteindre la plus vaste audience possible. «La plus vaste audience possible»... de débiles s’est certainement amusée. Moi, j’ai fait des cauchemars toute la nuit... P.S. La chose d’un autre monde (titre français de The Thing, film de Howard Hawks).
Peut-il y avoir pire que ce que vous avez imaginé de pire? Non, ce n’est pas une colle ; car même en laissant vagabonder votre imagination jusqu’aux limites – et même au-delà – de tout ce qu’il y a de pire, vous ne pourriez pas atteindre les profondeurs abyssales auxquelles je me suis retrouvé confronté, un certain soir, devant mon petit écran. Vous pourrez toujours ergoter que le pire est, en règle générale, ce à quoi il faut s’attendre lorsqu’on regarde notre télé. Ne cherchez pas à me convaincre, on ne prêche pas un convaincu. Bref, je m’attendais à tout, sauf à ça : à cette chose venue d’ailleurs, comme dans le film d’épouvante de Howard Hawks. Cette monstruosité inqualifiable avait, pourtant, la prétention d’être – et surtout de ne pas être – une comédie théâtrale égyptienne......
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