Ce soir, à Milan, La Sagesse, champion d’Asie, des pays arabes et du Liban, affronte le champion d’Italie, Varese Roosters, dans un match comptant pour le trophée intercontinental des clubs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’affiche est déséquilibrée… mais en apparence seulement. À en croire le président du club libanais, M. Antoine Choueiry, les Verts ne partent pas battus d’avance dans ce quart de finale. Les précédents exploits des coéquipiers de Méchantaf plaident d’ailleurs en leur faveur. Que de fois on les pensait incapables de relever le défi et que de fois ils ont fini par déplacer les montagnes. Finalement, les Verts se retrouvent en Italie, disputant le plus prestigieux des tournois de la planète et affrontant du haut de leur petit million de dollars de budget annuel des équipes 50 fois plus riches et presque inaccessibles au niveau du jeu. S’il est acquis aux yeux des sceptiques et des simples réalistes que les Libanais s’en reviendront avec rien que des défaites dans les valises, il n’en demeure pas moins que leur participation à ce genre d’événement est elle-même un exploit majeur. Promettons d’avance aux Verts que les éventuelles leçons qu’ils se feront administrer dans la capitale lombarde ne changeront en rien la teneur de l’estime que le pays devrait avoir pour leur saison 98-99. Gageons aussi qu’ils feront tout ce qui est en leur possible pour éviter les grosses humiliations, c’est tout ce qu’on leur demande et c’est tout ce qu’ils peuvent logiquement espérer. Cela est d’autant plus vrai que La Sagesse n’a pas préparé l’événement avec la même intensité et le même sérieux propres à ce genre de compétition. Avant les Coupes arabes ou asiatique, c’était les stages prolongés à Halate-sur-Mer, avant le rendez-vous milanais, c’est un programme d’entraînements à peine plus intensifié que dans le cas du championnat domestique. Du propre aveu de Ghassan Sarkis, l’entraîneur : «Nous ne serons pas aussi prêts qu’au début des compétitions arabe ou asiatique. Globalement, je ne suis pas satisfait de notre état de forme. Nous ne sommes même pas d’attaque pour le championnat du Liban, alors pour le MacDonald’s, n’en parlons pas! La saison d’été a été surchargée et nos internationaux ont été très sollicités. Ceci a fait que nous n’avons pas pu être très exigeants avec eux concernant la préparation». Fin du rapport. Pourtant, ce n’est pas le genre de la maison et surtout pas du président emblématique, M. Choueiry, de partir pour une expédition dans un but exclusivement touristique. Si le champion du Liban va à Milan, c’est donc pour bousculer le champion d’Italie, pour essayer de profiter d’un éventuel jour sans ses adversaires d’un jour qui, de surcroît, vont probablement sous-estimer ces lugubres Libanais. La Sagesse va à Milan pour apprendre aussi, car il n’y a pas de meilleure école que ce rassemblement de superpuissances pour s’aguerrir et franchir encore un palier. Ayant tout gagné sur les plans local et continental, les joueurs avaient besoin de ce genre de confrontation pour s’étalonner et connaître l’ampleur du fossé qui sépare le basket asiatique de son homologue européen. Dans la philosophie européenne, le superflu n’a pas sa place alors qu’au Liban, plus on en fait, mieux ça vaut. Le basket européen privilégie l’efficacité, la discipline, la rigueur et le réalisme alors qu’en Orient, on va vers le spectacle et le panache. La gifle reçue lors de la finale du tournoi du Kahraba, face aux Russes de Shakhter, est encore dans toutes les mémoires et a donné un avant-goût du gouffre qui sépare le Liban des grandes nations du Vieux Continent. Quelles sont les forces des Verts? «Avant tout, l’état d’esprit, la rage de vaincre et de bien faire qui nous a toujours animés», avance Sarkis. Cela ne sera pas suffisant d’autant plus que Varese est en pleine saison et déjà en grande forme : «J’ai déjà assisté à plusieurs matches de Varese cette saison et je peux vous assurer que la moindre minute de déconcentration face à un adversaire de ce calibre suffit à creuser un écart énorme», dit Sarkis. «Nous sommes obligés de nous battre sur tous les ballons et de ne céder aucun centimètre car face à des Italiens, le relâchement est impardonnable», conclut l’entraîneur des Verts. Quand une échéance majeure arrive aussi tôt dans la saison, il est évident qu’elle sera dure à négocier pour un club, surtout si celui-ci n’a pas encore entamé la sienne, et ce sera précisément le cas des Verts cette semaine. En définitive, le Hercule libanais, qui a déjà accompli ses 12 travaux à Ghazir, s’attaque, à Milan, à son treizième. Pour le plaisir seulement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ce soir, à Milan, La Sagesse, champion d’Asie, des pays arabes et du Liban, affronte le champion d’Italie, Varese Roosters, dans un match comptant pour le trophée intercontinental des clubs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’affiche est déséquilibrée… mais en apparence seulement. À en croire le président du club libanais, M. Antoine Choueiry, les Verts ne partent pas battus d’avance dans ce quart de finale. Les précédents exploits des coéquipiers de Méchantaf plaident d’ailleurs en leur faveur. Que de fois on les pensait incapables de relever le défi et que de fois ils ont fini par déplacer les montagnes. Finalement, les Verts se retrouvent en Italie, disputant le plus prestigieux des tournois de la planète et affrontant du haut de leur petit million de dollars de budget annuel des équipes 50 fois...