Kenzo, le créateur japonais qui, à soixante ans, vient d’annoncer son départ définitif de l’avant-scène de la mode parisienne, a ouvert le chemin à bien de stylistes de son pays. Dernier en date Keïta Maruyama. «J’avais 13 ou 14 ans lorsque j’ai vu à la télévision une des ses présentations de modèles. Ce fut pour moi la révélation. Il a opéré en moi le déclic». Installé à Paris depuis deux ans, Maruyama creuse son chemin. Adepte, comme Kenzo, du métissage euro-extrême-oriental, il affectionne franges et broderies, mélange ganses de fourrures précieuses à la maille ou les imprimés, les fleurs au cuir et ce dernier aux plumes. Un peu folklo, un zeste rétro, hiératique ou spectaculaire, le style de Maruyama exalte la féminité. Une tendance qui n’est pas sans clins d’œil complices au glamour américain. D’ailleurs il n’en fait pas un secret de cet affinité de goûts avec la vision «cinéma». «J’admire l’allure, l’élégance, la féminité de Marilyn Monroe, d’Audrey Hepburn. Elles incarnent cet idéal scintillant et tendre qui répond à une soif de romantisme réactualisé et dynamisé, adapté à l’époque actuelle», avoue-t-il. Pour sa dernière collection, il a imaginé – de son propre aveu – une bande de filles d’Europe de l’Est qui «monteraient» à Paris à la conquête d’une scène. Y compris celle d’un cabaret... Malgré la provocation du propos, l’inspiration de ses modèles n’a rien de racoleur. L’exotisme y est à petites doses et si l’influence «Hollywood» se fait parfois sentir, elle est tempérée par la rigueur de la vision nippone. À trente-quatre ans, ce styliste japonais, formé à la même école de couture (la Bunka Gakuen) que Kenzo et Yamamoto, a déjà à son actif une action d’éclat: une tentative en 1994 de modernisation réussie du sacro-saint kimono traditionnel. Où se place-t-il par rapport aux autres grands créateurs japonais tels Yamamoto ou Kawakubo, déjà célèbres en Occident? Aux antipodes. Face au minimalisme et l’ascétisme, à la réserve typique du tempérament japonais, il oppose fleurs et sourire, romantisme et couleurs, grâce et candeur «charnelle». Ce n’est certes pas pour rien qu’il rêve à Audrey et à Marilyn...
Kenzo, le créateur japonais qui, à soixante ans, vient d’annoncer son départ définitif de l’avant-scène de la mode parisienne, a ouvert le chemin à bien de stylistes de son pays. Dernier en date Keïta Maruyama. «J’avais 13 ou 14 ans lorsque j’ai vu à la télévision une des ses présentations de modèles. Ce fut pour moi la révélation. Il a opéré en moi le déclic». Installé à Paris depuis deux ans, Maruyama creuse son chemin. Adepte, comme Kenzo, du métissage euro-extrême-oriental, il affectionne franges et broderies, mélange ganses de fourrures précieuses à la maille ou les imprimés, les fleurs au cuir et ce dernier aux plumes. Un peu folklo, un zeste rétro, hiératique ou spectaculaire, le style de Maruyama exalte la féminité. Une tendance qui n’est pas sans clins d’œil complices au glamour...
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