Peu importe qu’elles soient riches ou pauvres, jeunes ou pas, bien nées ou besogneuses... La folie des fringues les touche toutes de sa plume sans se soucier des différences. Véritable phénomène psychosocial, il ne connaît ni frontières, ni barrières sociales. Tel un ouragan dévastateur, il vide les poches et bourre à craquer les armoires. Le «shopping», sport favori des dames «bien», devient «folie des fringues» chez les jeunes et «manie d’accumulation» chez les psychologues. Pour ces fureteurs du comportement rien n’est plus révélateur qu’une garde-robe. Surtout lorsque les battants n’arrivent plus à se joindre. Derrière cette collectionnite aiguë se cachent, semble-t-il, diverses facettes de la personnalité humaine. Trêve de philosophie et d’analyse ludique, qu’elle est la femme qui resterait de glace devant les dernières créations de la saison reproduites sur papier glacé et présentées par une de ses revues, véritables bréviaires de la mode? Que celle qui n’a jamais craqué pour «une petite merveille», absolument inutile et dont la presque copie en trois versions à peine différentes somnole dans son armoire, ose dire le contraire... Des antichambres du paradis... La folie des fringues qui saisit périodiquement les femmes n’est-elle pas le vice le mieux partagé, le plus égalitaire? Dans n’importe quel coin du globe, les échoppes, boutiques, mégastores et salles de vente à fringues sont des antichambres du paradis où se presse une foule haletante d’impatience. Acheteuses, voyeuses, essayeuses, rêveuses, baveuses vivent des instants de grande intensité... Parmi elles, les maniaques sont nombreuses. Il y a les dévouées aux griffes, les passionnées des grandes marques, les fouineuses des braderies, les dévouées aux soldes, les exploratrices des souks et les férues des «trouvailles». Un univers de dingues La passion des chiffons, comme tout débordement, connaît des degrés et des variations subtiles. Cet univers de dingues compte des grandes prêtresses et des petites novices, des vestales fidèles et des adeptes épisodiques, des délirantes et des secrètes... Pour les alchimistes des pulsions et des gestes, chaque profil cache ou trahit une facette de la personnalité féminine. Ce qui, pour ces spécialistes, est évident, c’est que le stockage maniaque d’habits cherche à remplir un vide. S’acharner à combler un manque est une parade contre un mal subtil et ravageur : le syndrome du «porte-manteau». Le vêtement masque un manque affectif, la quête d’une petite dose de bonheur, une émouvante parade antidéprime. Une provocation qui, souvent, camoufle un mal qu’on cache à soi-même. On fait porter au porte-manteau les lambeaux d’une attente que la vie refuse à satisfaire. Puisqu’on ne peut acheter ce qui n’est pas à vendre, on se jette sur les nippes. On fait comme le paon qui, pour cacher ses vilains pieds, se pare de ses plumes...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Peu importe qu’elles soient riches ou pauvres, jeunes ou pas, bien nées ou besogneuses... La folie des fringues les touche toutes de sa plume sans se soucier des différences. Véritable phénomène psychosocial, il ne connaît ni frontières, ni barrières sociales. Tel un ouragan dévastateur, il vide les poches et bourre à craquer les armoires. Le «shopping», sport favori des dames «bien», devient «folie des fringues» chez les jeunes et «manie d’accumulation» chez les psychologues. Pour ces fureteurs du comportement rien n’est plus révélateur qu’une garde-robe. Surtout lorsque les battants n’arrivent plus à se joindre. Derrière cette collectionnite aiguë se cachent, semble-t-il, diverses facettes de la personnalité humaine. Trêve de philosophie et d’analyse ludique, qu’elle est la femme qui resterait de...