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Actualités - Chronologie

La Chine menacée par un tremblement de magnitude 8

Un séisme au moins aussi violent que celui qui a frappé Taïwan le mois dernier peut se produire à tout moment sur la Chine continentale, avec une menace plus précise pesant sur une zone peuplée du Nord-Ouest, a indiqué à Pékin un sismologue français. «La plus grande partie du territoire chinois est menacée par des séismes de magnitude supérieure à 8», a estimé le professeur Paul Tapponnier, de l’Institut de physique du globe de Paris, dans une interview accordée à Pékin. Le professeur Tapponnier a précisé que les travaux qu’il a réalisés dans le cadre d’une coopération franco-chinoise lancée il y a 20 ans dans le domaine de la géologie et de la sismologie avaient permis de déterminer une zone particulièrement à risque, située à proximité de la grande ville de Lanzhou (nord-ouest), qui compte 2 millions d’habitants. «Nous étudions plus particulièrement un segment de 200 km de la faille de Haiyuan, situé à une centaine de kilomètres de Lanzhou, qui n’a pas bougé depuis le 13e siècle», a-t-il expliqué. «Nous nous attendons, a-t-il ajouté, à un décalage de 12 mètres de ce segment lors d’un séisme qui peut désormais se produire à tout moment». Une autre portion de la faille, longue au total de 1 000 km et qui bouge d’environ 12 mm par an, avait été à l’origine d’un séisme de magnitude 8,5 sur l’échelle ouverte de Richter qui avait fait entre 200 000 et 300 000 morts à Lanzhou en 1920. La province du Gansu, traversée par la grande faille de Haiyuan, a été l’une des plus meurtries au fil des siècles par les séismes, même si ces derniers ont également frappé régulièrement l’ouest, le nord-est et le sud-ouest du pays, donnant à la Chine le record du monde en matière de victimes de tremblements de terre. Une quinzaine de séismes survenus depuis le début du siècle en Chine avaient des magnitudes supérieures à 8 sur l’échelle de Richter. Le dernier en date, survenu le 28 juillet 1976 (de magnitude 7,8 selon les Chinois, mais 8,2 selon les Américains) avait rayé de la carte la ville industrielle de Tangshan, située à 200 km à l’est de Pékin, faisant officiellement 242 000 morts et 164 000 blessés graves. Mais contrairement aux séismes qui affectent périodiquement Taïwan ou le Japon, situés à l’intersection de deux plaques tectoniques, la plaque océane philippine qui s’enfonce sous la plaque eurasiatique, la Chine continentale connaît une sismicité «tout à fait originale, se déroulant à l’intérieur du continent et non à la frontière de plaques», note le professeur Tapponnier. «La Chine continentale, explique le géophysicien, se déforme sous l’action de la collision entre l’Inde et l’Asie qui a débuté il y a quelque 50 millions d’années, l’Inde (qui était auparavant séparée du continent) agissant à la fois comme un bulldozer et un chasse-neige qui pousse la Chine tout comme l’Indochine vers l’Est». Avec, pour résultat, la création de six grandes failles de l’importance de «celle de San Andreas» qui bougent en moyenne de 10 à 12 mm par an et qui sont responsables des principaux séismes en Chine, selon les observations effectuées par le professeur Tapponnier en coopération avec des géologues chinois. La principale de ces failles, celle d’Altyn Tagh, longue de 2 000. kilomètres, se situe à la lisière entre le plateau tibétain et la région autonome du Xinjiang, dans une région très peu peuplée, contrairement à celle du fleuve Rouge (Mekong) qui part du plateau tibétain pour se terminer dans le golfe du Tonkin, après avoir traversé la province du Yunnan (sud-ouest) du nord au sud. Le séisme de magnitude 7,6 intervenu le 21 septembre dernier à Taïwan a fait près de 2 300 morts, selon le dernier bilan fourni à Taïpei.
Un séisme au moins aussi violent que celui qui a frappé Taïwan le mois dernier peut se produire à tout moment sur la Chine continentale, avec une menace plus précise pesant sur une zone peuplée du Nord-Ouest, a indiqué à Pékin un sismologue français. «La plus grande partie du territoire chinois est menacée par des séismes de magnitude supérieure à 8», a estimé le professeur Paul Tapponnier, de l’Institut de physique du globe de Paris, dans une interview accordée à Pékin. Le professeur Tapponnier a précisé que les travaux qu’il a réalisés dans le cadre d’une coopération franco-chinoise lancée il y a 20 ans dans le domaine de la géologie et de la sismologie avaient permis de déterminer une zone particulièrement à risque, située à proximité de la grande ville de Lanzhou (nord-ouest), qui compte 2...