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Actualités - Chronologie

La face modérée du nationalisme hindou

Atal Behari Vajpayee, 72 ans, désigné hier Premier ministre de l’Inde, est la face respectée et modérée du nationalisme hindou, le ciment d’une coalition gouvernementale dont l’Inde espère enfin la stabilité. Son premier gouvernement avait duré 13 jours en 1996. Le deuxième 13 mois jusqu’à avril dernier. M. Vajpayee, grand vainqueur des législatives, au sommet de sa popularité, assure cette fois-ci qu’il est en mesure de gouverner pendant un mandat complet de cinq ans. Ce célibataire affable au cheveux poivre et sel, poète, orateur apprécié en hindi, a un demi-siècle d’expérience politique et de réputation d’intégrité derrière lui. Mais ce n’est que tout récemment qu’il a imposé une carrure nationale incontestée. Ce fut, ironiquement, alors qu’il expédiait les affaires courantes après la chute de son gouvernement en avril, à l’occasion d’un conflit armé meurtrier l’été dernier au Cachemire indien, où les forces indiennes parvinrent à repousser des centaines de guérilleros islamistes venus du Pakistan, véritable guerre non déclarée indo-pakistanaise. M. Vajpayee avait fait preuve de qualités d’homme d’État, se donnant l’image d’un chef de guerre victorieux mais aussi serein et modéré, refusant d’aller porter le combat en territoire pakistanais et s’attirant la sympathie de la communauté internationale qui avait été échaudée par les essais nucléaires qu’il avait ordonnés un an plus tôt. Le parti nationaliste hindou BJP, dont l’aile droite se méfie de lui, s’était rangé comme un seul homme derrière son image de vainqueur. Une vingtaine de partis alliés avaient apporté leur soutien électoral aux nationalistes hindous, non par amour pour le BJP mais en raison de M. Vajpayee lui-même et de l’assurance de modération qu’il représente. Tous les sondages indiquaient qu’il était le mieux à même de gouverner l’Inde, et les législatives sont venues confirmer qu’il était la seule personnalité politique indienne à l’envergure nationale. «Stable Atal», a titré en une cette semaine l’hebdomadaire Outlook sur une photo d’un Vajpayee au large sourire, vêtu, comme toujours, d’une chemise blanche au col Nehru portée sous la traditionnelle jaquette de coton sans manches. M. Vajpayee avait déjà été le choix du BJP pour être Premier ministre en 1996 et 1998, mais c’était surtout par défaut. Il était le seul parmi les dirigeants nationalistes hindous à ne pas être suspect de radicalisme. Avant les élections de 1998, un haut responsable du BJP avait affirmé que M. Vajpayee n’était qu’un «masque» présentable sur le visage du nationalisme hindou. Sur les affiches du parti alors se profilait L. K. Advani, représentant de l’aile dure du parti. Pour que les nationalistes hindous puissent gouverner, M. Advani s’est effacé derrière son collègue d’un demi-siècle, temporairement affirment les détracteurs du BJP. La conversion de Vajpayee à l’idéologie hindoue, l’«hindutva», remonte aux années 1940. Après un bref flirt avec le communisme et le Congrès du Mahatma Gandhi, cet ancien étudiant en droit et journaliste, né le jour de Noël 1926 à Gwalior (centre), fonde en 1951 le BJS, précurseur du BJP. Il passe deux ans en prison dans les années 1970 pour opposition au régime d’urgence déclaré par Indira Gandhi, rejoint un groupe d’opposition au Congrès, le Janata, et est ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement non dirigé par le Congrès entre 1977 et 1979. Il fonde le BJP en 1980 mais le conduit à une déroute électorale en 1984 et est marginalisé et remplacé par M. Advani. Le BJP ne cessera de progresser et Vajpayee reviendra sur le devant de la scène en 1996 à la faveur d’une phase de modération.
Atal Behari Vajpayee, 72 ans, désigné hier Premier ministre de l’Inde, est la face respectée et modérée du nationalisme hindou, le ciment d’une coalition gouvernementale dont l’Inde espère enfin la stabilité. Son premier gouvernement avait duré 13 jours en 1996. Le deuxième 13 mois jusqu’à avril dernier. M. Vajpayee, grand vainqueur des législatives, au sommet de sa popularité, assure cette fois-ci qu’il est en mesure de gouverner pendant un mandat complet de cinq ans. Ce célibataire affable au cheveux poivre et sel, poète, orateur apprécié en hindi, a un demi-siècle d’expérience politique et de réputation d’intégrité derrière lui. Mais ce n’est que tout récemment qu’il a imposé une carrure nationale incontestée. Ce fut, ironiquement, alors qu’il expédiait les affaires courantes après la...