Un journaliste finlandais vient de passer volontairement, seul, une semaine dans la fosse aux ours du zoo de Helsinki pour se mettre dans la situation d’un animal en cage livré aux regards du public. Jari Lindblom, qui raconte son expérience d’«ours» dans «Nyt», le supplément hebdomadaire du journal sur une île à l’est de Helsinki. Creusée en 1903 dans le flanc rocheux de l’île, la fosse n’abrite plus aucun ours depuis une trentaine d’années. Disposant seulement d’une tente mais avec en poche la clef de sa cage pour pouvoir aller faire sa toilette, le journaliste rapporte les commentaires amusés des visiteurs du zoo qui découvraient, non sans surprise, qu’un homme y avait pris la place des ours. «Tiens, il y a un homme dans la cage», s’est étonnée une vieille dame avant de s’interroger : «On n’a rien à lui donner à manger?» «Hé, “l’ours”, combien tu nous donnes si on t’apporte une bière?» lui a lancé un autre visiteur. Epuisé et gelé Si les Finlandais semblaient surtout se préoccuper de sa nourriture, les visiteurs étrangers avaient d’autres centres d’intérêt. Un Russe lui a ainsi demandé s’il «avait une femme avec lui». Un Italien, plus philosophe, a compris qu’il cherchait à comprendre la «perspective de l’animal». «Toutes mes condoléances», lui-a-t-il dit. Des parents américains ont encouragé leur petit garçon à dire «bonjour à l’ours» et lui ont souhaité «beaucoup de plaisir». «À peine une heure et demie après le début de ma captivité volontaire, je me sens sentais déjà épuisé et je gelais au fond de mon trou», se souvient Jari Lindblom. Pour tromper le temps, il s’est également plongé dans la lecture d’un rapport de la Société de protection des animaux où il a appris que la Finlande traitait mieux ses animaux en captivité que la plupart des autres pays européens en s’efforçant de leur ménager des habitats conformes à leurs besoins, et non plus en fonction de critères architecturaux. «Peut-on vraiment ressentir ce qu’éprouve une bête en captivité si tant est qu’un animal est capable d’avoir des sentiments, voire d’avoir conscience de sa condition ?» s’interroge le reclus volontaire. Les deux derniers locataires de la fosse ont connu une fin tragique en 1967. Un mâle avait tué sa femelle avant de succomber lui-même à ses blessures.
Un journaliste finlandais vient de passer volontairement, seul, une semaine dans la fosse aux ours du zoo de Helsinki pour se mettre dans la situation d’un animal en cage livré aux regards du public. Jari Lindblom, qui raconte son expérience d’«ours» dans «Nyt», le supplément hebdomadaire du journal sur une île à l’est de Helsinki. Creusée en 1903 dans le flanc rocheux de l’île, la fosse n’abrite plus aucun ours depuis une trentaine d’années. Disposant seulement d’une tente mais avec en poche la clef de sa cage pour pouvoir aller faire sa toilette, le journaliste rapporte les commentaires amusés des visiteurs du zoo qui découvraient, non sans surprise, qu’un homme y avait pris la place des ours. «Tiens, il y a un homme dans la cage», s’est étonnée une vieille dame avant de s’interroger : «On n’a...
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