Le personnel de l’Intercontinental d’Asmara se perfectionne dans l’art de servir le vin à un mois de l’ouverture du luxueux hôtel, mais à l’aéroport tout proche, peu nombreux sont les vols internationaux qui atterrissent dans la capitale érythréenne. Mais qui va bien pouvoir occuper les chambres du premier hôtel cinq étoiles de l’histoire de l’Érythrée ? s’interroge-t-on dans ce petit pays, dont l’industrie du tourisme est balbutiante, où les investissements étrangers sont encore timides et qui mène, depuis plus de seize mois, une guerre très meurtrière contre l’Éthiopie voisine. «Si la paix revient, cet hôtel sera régulièrement plein en l’espace de trois ans. Dans le cas contraire, notre vie sera encore plus difficile», estime le directeur général de l’Intercontinental, Tamer Massoud. La guerre a porté un coup fatal à un tourisme naissant. Plusieurs pays, y compris les États-Unis et la Grande-Bretagne, ont émis des avertissements publics à l’adresse des éventuels touristes. Pourtant les rares visiteurs se disent toujours surpris par l’absence du moindre signe de tension à Asmara et par le très fort sentiment de sécurité qui y règne. La construction de l’hôtel a débuté il y a deux ans, mais la chaîne internationale Intercontinental n’a décidé d’en devenir propriétaire qu’en avril dernier. Dix pour cent de la population érythréenne est actuellement engagée dans l’armée, et l’hôtel a souffert du manque de main-d’œuvre disponible. Cela n’affectera pas la date de l’ouverture, le 1er novembre prochain, assure le directeur du marketing, Larissa Redaelli. Nombreux atouts M. Massoud, lui, l’attend avec impatience : «Asmara dispose de nombreux atouts. Le climat est bon, l’Érythrée est un véritable État de droit, les gens sont intègres, fiers, et la corruption est absente. Toutes nos analyses nous font penser que ce pays est prometteur», s’enthousiasme le directeur. L’hôtel offre de nombreuses activités, six restaurants et une salle de conférences de 420 places avec un équipement de traduction simultanée en six langues. Jusqu’à son ouverture, le meilleur hôtel de la capitale demeure un petit établissement familial de 30 chambres avec un restaurant, un bar et un petit jardin à l’air suranné. M. Massoud n’est pas du genre à se laisser décourager par le manque d’équipements de luxe dans ce petit État de la Corne de l’Afrique : «Le marché va s’élargir», prédit-il, rappelant que lorsque sa chaîne a ouvert un hôtel à Dubaï, cette ville ne disposait que d’une piste d’aviation en terre. «Aujourd’hui, Dubaï aligne 80 hôtels quatre et cinq étoiles», assure-t-il. Les prix à l’Intercontinental d’Asmara commenceront à 175 dollars la nuit pour une chambre simple. Un gouffre sépare ces tarifs de ceux pratiqués aujourd’hui à Asmara, dont le plus élevé est de 47 dollars». Comparés à ceux des pays voisins, ces tarifs demeurent bas», explique M. Massoud, soulignant que son marché touche les voyageurs internationaux. Mais le voyageur ne se sentira sans doute pas très dépaysé à l’Intercontinental, qui laisse peu de place à la culture ou la tradition locale : il y aura un pub irlandais, un restaurant italien et un café qui servira du pain allemand, français et italien. Même si deux plats locaux seront au menu du déjeuner, pas une seule goutte de café ne sera servie selon le cérémonial érythréen.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le personnel de l’Intercontinental d’Asmara se perfectionne dans l’art de servir le vin à un mois de l’ouverture du luxueux hôtel, mais à l’aéroport tout proche, peu nombreux sont les vols internationaux qui atterrissent dans la capitale érythréenne. Mais qui va bien pouvoir occuper les chambres du premier hôtel cinq étoiles de l’histoire de l’Érythrée ? s’interroge-t-on dans ce petit pays, dont l’industrie du tourisme est balbutiante, où les investissements étrangers sont encore timides et qui mène, depuis plus de seize mois, une guerre très meurtrière contre l’Éthiopie voisine. «Si la paix revient, cet hôtel sera régulièrement plein en l’espace de trois ans. Dans le cas contraire, notre vie sera encore plus difficile», estime le directeur général de l’Intercontinental, Tamer Massoud. La...