Une série d’accidents ont ébranlé ces dernières années la confiance des Japonais envers le nucléaire, qui assure le tiers de l’approvisionnement en électricité dans ce pays totalement démuni de matières premières. Un récent sondage, réalisé en février et publié en août par les services du Premier ministre, a montré que 70 % des Japonais craignaient l’industrie nucléaire. 69,8 % des 3 000 personnes interrogées ont affirmé redouter la possibilité d’un accident et 58,1 % demandé une plus grande information sur le sujet. Mais seuls 21,5 % des sondés ont préconisé un arrêt du programme nucléaire tandis que 42,7 % appuyaient sa poursuite, un pourcentage considéré comme élevé dans le seul pays au monde ayant subi deux explosions nucléaires, celles d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. Cette plus grande méfiance est consécutive à deux accidents médiatisés, dont celui qui a affecté en décembre 1995 le surgénérateur prototype Monju, entraînant un report du développement de la filière des réacteurs à neutrons rapides. L’usine expérimentale de retraitement de Tokaimura, où s’est produite jeudi la fuite, a été également partiellement stoppée à la suite d’un incendie et d’une explosion, qui ont exposé 37 personnes à des radiations le 11 mars 1997. Le nouvel accident démontre «une fois de plus l’absence d’une culture adéquate de sûreté nucléaire au Japon», a estimé l’organisation Greenpeace, à la pointe de la lutte antinucléaire dans l’archipel. Celle-ci est surtout le fait d’associations locales basées autour des centres nucléaires. Le Japon se classe au troisième rang mondial pour sa production nucléaire, qui assure 29,7 % de la production électrique nationale, évaluée à environ 1 000 milliards de kWh. L’archipel compte 51 réacteurs en activité, gérés par dix compagnies régionales privées. Pour satisfaire les besoins futurs, le gouvernement a annoncé fin 1997 qu’il serait nécessaire de construire vingt tranches supplémentaires. Les experts prévoient toutefois qu’il sera difficile de leur trouver des emplacements, les autorités locales et les populations étant de moins en moins disposées à les accueillir. La compagnie Tohoku Electric essaie ainsi, en vain jusqu’à présent, de convaincre des propriétaires de vendre des terrains nécessaires à la construction d’une centrale dans la région de Niigata (nord). Pour les autorités nationales, l’accident de Tokaimura arrive à un mauvais moment, entre les deux déchargements de combustible nucléaire recyclé Mox en provenance de France et de Grande-Bretagne pour être utilisé dans deux réacteurs japonais. Un premier déchargement s’est déroulé lundi et le second débarquement était prévu hier. «Le Japon a actuellement un stock de plus de cinq tonnes d’uranium sur son territoire et 30 tonnes de plus en Europe, qui attendent d’être rapatriées au Japon» après leur retraitement, a indiqué Greenpeace.
Une série d’accidents ont ébranlé ces dernières années la confiance des Japonais envers le nucléaire, qui assure le tiers de l’approvisionnement en électricité dans ce pays totalement démuni de matières premières. Un récent sondage, réalisé en février et publié en août par les services du Premier ministre, a montré que 70 % des Japonais craignaient l’industrie nucléaire. 69,8 % des 3 000 personnes interrogées ont affirmé redouter la possibilité d’un accident et 58,1 % demandé une plus grande information sur le sujet. Mais seuls 21,5 % des sondés ont préconisé un arrêt du programme nucléaire tandis que 42,7 % appuyaient sa poursuite, un pourcentage considéré comme élevé dans le seul pays au monde ayant subi deux explosions nucléaires, celles d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. Cette plus grande...
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