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Actualités - Biographies

Un écrivain engagé de la social-démocratie

Guenter Grass, qui s’est fait connaître dans le monde entier pour son roman Le Tambour, incarne toute une génération d’écrivains allemands de l’après-guerre, engagés politiquement pour une Allemagne plus humaine et progressiste. Né en 1927 à Dantzig, la ville du fameux «corridor» qui fut à l’origine de l’invasion de la Pologne par l’armée allemande en 1939, Guenter Grass voit sa jeunesse marquée par la montée du nazisme et par la guerre, au cours de laquelle il est mobilisé avant d’être fait prisonnier par les forces britanniques. Après la chute du régime hitlérien, il connaît l’Allemagne de l’année zéro, avec ses champs de ruines, puis le miracle de la reconstruction dans la République fédérale du chancelier Konrad Adenauer, profondément anticommuniste et matérialiste. Sculpteur d’abord Crève-la-faim dans les années d’après-guerre, Guenter Grass s’oriente d’abord vers la sculpture. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard, en 1959, qu’il se révèle dans l’écriture avec d’emblée un succès mondial pour Le Tambour. Le roman, qui raconte la vie d’une famille prussienne pendant le nazisme et l’écrasement du Reich, ouvre la voie d’une œuvre profondément humaniste, critique envers les idéologies, très soucieuse de la conscience élémentaire du citoyen. Suivent Les Années de chien (1963), qui racontent l’évolution de l’Allemagne entre 1920 et 1955, Anesthésie locale (1969), où un jeune révolutionnaire exalté se transforme en un timide réformiste, ou plus récemment Le Turbot (1977) ou La Rate (1986) dans une veine de fable futuriste. Après la guerre, «mon naturel enjoué s’est doublé d’un scepticisme insurmontable», a expliqué l’auteur à l’hebomadaire Der Spiegel en 1969. «Il en est résulté une résistance, souvent même un goût de l’attaque, envers toute idéologie qui prétend fixer des mesures absolues», contre «tout objectif dépassant l’homme», a-t-il poursuivi. L’écrivain Golo Mann, fils de Thomas Mann, le décrit alors comme «un intellectuel de gauche qui fait ce qu’ont omis ceux de la République de Weimar». «Il approuve l’État, même s’il est imparfait et inachevé, et veut l’améliorer mais sans rejeter en bloc ce qui a été fait jusque-là». Divorce avec le SPD Au-delà même de son œuvre littéraire, Guenter Grass apparaît rapidement comme une figure dominante de la scène politique allemande, avec son engagement auprès du Parti social-démocrate (SPD) et de son président Willy Brandt. On le voit alors dans tous les meetings politiques du SPD avec son épaisse moustache gauloise. Il prend parti avec virulence dans plusieurs débats de société dominants, comme celui de l’avortement en 1974 ou encore du pacifisme au début des années 80 où il prône l’objection de conscience contre l’implantation des euromissiles en Allemagne. Se présentant volontiers comme «l’un des esprits les plus apatrides», Guenter Grass se dresse en 1990 contre le tournant pris par la réunification, qu’il perçoit comme une annexion économique pure et simple de la RDA par la RFA. Son roman Toute une histoire, publié en 1995 sur ce sujet fait alors scandale en Allemagne. Désabusé par un SPD dont il est membre depuis 1982 mais dont les grandes options ne se distinguent plus guère de l’Union chrétienne-démocrate du chancelier Helmut Kohl, il annonce en 1992 son intention d’abandonner l’action politique.
Guenter Grass, qui s’est fait connaître dans le monde entier pour son roman Le Tambour, incarne toute une génération d’écrivains allemands de l’après-guerre, engagés politiquement pour une Allemagne plus humaine et progressiste. Né en 1927 à Dantzig, la ville du fameux «corridor» qui fut à l’origine de l’invasion de la Pologne par l’armée allemande en 1939, Guenter Grass voit sa jeunesse marquée par la montée du nazisme et par la guerre, au cours de laquelle il est mobilisé avant d’être fait prisonnier par les forces britanniques. Après la chute du régime hitlérien, il connaît l’Allemagne de l’année zéro, avec ses champs de ruines, puis le miracle de la reconstruction dans la République fédérale du chancelier Konrad Adenauer, profondément anticommuniste et matérialiste. Sculpteur d’abord...