Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les palestiniens choqués par les confiscations de terres

Les villageois palestiniens de Cisjordanie se plaignent d’importantes saisies de terrains, réalisées par Israël précisément au lendemain du récent accord de Charm el-Cheikh. «Ma famille vit ici depuis près de 600 ans. Où devrions-nous aller?», s’interroge Abdel Majid Abdallah Souweifa du village de Izna, dans le sud de la Cisjordanie. «Nous ne demandons pas de dédommagement. Nous voulons qu’on nous restitue notre terre», poursuit-il, face aux collines pierreuses et aux vallons fertiles se trouvant entre son village et la «ligne verte» qui sépare Israël des territoires occupés en Cisjordanie depuis 1967. Peu après la signature le 5 septembre de l’accord de Charm el-Cheikh (Égypte), par lequel Israël s’est engagé à transmettre aux Palestiniens le contrôle de 11 % supplémentaires de la Cisjordanie, l’armée israélienne a averti M. Souweifa que ses terrains étaient confisqués pour devenir une zone d’entraînement. En tout, les habitants de Izna perdront un millier d’hectares, et leurs voisins de Beit Awla 1 300 hectares. Quelque 2 000 Palestiniens, surtout des fermiers et des bergers, vivent de l’exploitation de leurs terrains à Izna, et ne peuvent faire appel contre les réquisitions de l’armée, selon le maire Jamil Tmaizeh. «Vous devez obéir à cette mesure, au risque d’être expulsés de la zone militaire», indique un ordre de l’armée israélienne adressé le 6 septembre à M. Taleb Abdel Rahman Tmaizeh, un fermier. «Les animaux domestiques trouvés en votre possession à l’intérieur de cette zone peuvent être confisqués et vous risquez de devoir régler les frais de procédure», ajoute l’ordre estampillé par le bureau de liaison militaire de Hébron. Le clan familial des Tmaizeh possède plus de 500 chèvres dans ses enclos sommaires, où se trouvent une hutte, une grange et un camion abandonné. À la fin de l’été, le troupeau est abrité dans des cavernes creusées depuis des siècles dans les flancs calcaires des montagnes de cette partie de la Cisjordanie. «Il y a dix jours, les soldats sont venus en jeep, simplement pour nous transmettre l’ordre de réquisition», indique Abdel Rahman Tmaizeh. «Cette terre nous appartient. Chaque famille du clan ici sait exactement à qui revient la moindre parcelle», ajoute-t-il en montrant les murets et terrasses de pierres délimitant la vallée. Il affirme ne pas savoir pourquoi son terrain a été confisqué, si ce n’est qu’il se trouve à proximité d’Israël. «Je préfère mourir ici plutôt que de partir», dit-il, alors que les tirs à l’arme automatique de l’armée israélienne éclatent au loin. Selon un porte-parole militaire, «la création de zones militaires n’affecte en rien les droits des Palestiniens sur leurs terres. Il leur est simplement interdit d’entrer dans ces zones, où l’armée procède à des tirs d’entraînement à balles réelles». Jamil Tmaizeh n’en est pas moins furieux, car il a le sentiment d’être victime de l’accord de Charm el-Cheikh.
Les villageois palestiniens de Cisjordanie se plaignent d’importantes saisies de terrains, réalisées par Israël précisément au lendemain du récent accord de Charm el-Cheikh. «Ma famille vit ici depuis près de 600 ans. Où devrions-nous aller?», s’interroge Abdel Majid Abdallah Souweifa du village de Izna, dans le sud de la Cisjordanie. «Nous ne demandons pas de dédommagement. Nous voulons qu’on nous restitue notre terre», poursuit-il, face aux collines pierreuses et aux vallons fertiles se trouvant entre son village et la «ligne verte» qui sépare Israël des territoires occupés en Cisjordanie depuis 1967. Peu après la signature le 5 septembre de l’accord de Charm el-Cheikh (Égypte), par lequel Israël s’est engagé à transmettre aux Palestiniens le contrôle de 11 % supplémentaires de la Cisjordanie,...