Le président égyptien Hosni Moubarak pourrait assister, au cours du nouveau mandat pour lequel il a été plébiscité dimanche, à la conclusion du processus de paix au Proche-Orient en faveur duquel il a œuvré et qui fut à l’origine de l’assassinat de son prédécesseur. M. Moubarak, 71 ans, de son nom complet Mohammad Hosni Moubarak, est arrivé au pouvoir le 13 octobre 1981 après l’assassinat de Anouar el-Sadate – dont il était le vice-président depuis 1975 – par des militants islamistes qui lui reprochaient la signature du traité de paix avec Israël, en 1979. Dix-huit ans plus tard, le président égyptien est reconnu comme l’un des médiateurs importants dans les négociations israélo-palestiniennes. Il vient d’accueillir, le 5 septembre, la signature de l’accord de Charm el-Cheikh, dans le Sinaï (Égypte), entre le Premier ministre israélien Ehud Barak et le président palestinien Yasser Arafat. Il s’est attaché, d’année en année, à rendre à son pays un rôle pivot dans la diplomatie arabe et a déployé ses bons offices pour régler plusieurs différends dans la région, notamment entre la Syrie et la Turquie. Né le 4 mai 1928, dans la province de Menoufiyah, dans le delta du Nil, d’une famille de la petite bourgeoisie rurale, il est le président de la République arabe d’Égypte resté le plus longtemps au pouvoir depuis l’abolition de la monarchie et la proclamation de la République en 1953, un an après la révolution nassérienne. Cheveux bruns et courts, de taille moyenne et plutôt râblé, il est marié et père de deux garçons, Alaa et Gamal, et conserve une allure sportive, soigneusement entretenue par un exercice physique quotidien. Ancien militaire de carrière, il fut chef d’état-major de l’armée de l’air durant la dernière guerre contre Israël en 1973. Cet homme pragmatique a traversé nombre d’écueils, notamment la résurgence de la violence islamiste dans son pays, qui a fait plus de 1 300 morts depuis 1992, et qu’il a combattue avec vigueur, sans pouvoir cependant prévenir le massacre de 58 touristes étrangers à Louxor en 1997. M. Moubarak, qui s’est toujours refusé à nommer un vice-président, a déjà échappé à au moins 10 tentatives d’assassinat, la plupart commises par des islamistes. La plus dramatique a eu lieu le 26 juin 1995, à son arrivée à Addis Abeba pour un sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Des islamistes avaient bloqué le convoi présidentiel et ouvert le feu sur son véhicule. Plusieurs des assaillants avaient été tués. Et le 6 septembre dernier, M. Moubarak a été légèrement blessé, lors d’une visite à Port Saïd, par un homme armé d’un couteau qui, selon les autorités, n’avait pas de lien avec les islamistes. À l’intérieur, Hosni Moubarak est aussi l’homme des privatisations et de la libéralisation économique. Il a lancé en 1991 un programme d’ajustement structurel à la demande du FMI qui a permis de limiter l’inflation et le déficit budgétaire. La croissance marque cependant le pas depuis deux ans, à 5 % l’an, taux jugé insuffisant par les observateurs pour absorber la croissance démographique, dans un pays qui compte 64 millions d’habitants. À l’occasion du référendum, dimanche, l’opposition, ultraminoritaire au Parlement, a réclamé du président une ouverture démocratique, dans la perspective des élections législatives de l’an 2000.
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