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Actualités - Chronologie

Hollywood au banc des accusés

Dans le sillage du réalisateur français Bertrand Tavernier, par ailleurs président du jury, plusieurs réalisateurs ou acteurs ont profité de leur séjour au Pays basque, au festival de San Sebastian (16-25 septembre), pour placer Hollywood et les «Majors» au banc des accusés. «Je refuse les cinéastes moutonniers et anesthésiés, soumis à la dictature du star system imposée par Hollywood» : Bertrand Tavernier n’avait pas mâché ses mots, deux jours après avoir reçu une ovation debout de près d’un quart d’heure pour son dernier film, Ça commence aujourd’hui, présenté à Donostia (le nom basque de San Sebastian) dans le cadre d’un cycle Tavernier. «Le cinéma n’a pas commencé avec Tarantino», a-t-il poursuivi. Des propos peu surprenants de la part de ce fervent défenseur de l’exception culturelle européenne face au «prêt à penser made in Hollywood». Mais des propos qui ont visiblement fait des émules. Y compris du côté des États-Unis. «Aujourd’hui, Hollywood n’offre plus de rôles intéressants, contrairement au cinéma indépendant», a ainsi asséné l’actrice américaine Sigourney Weaver, en compétition cette année à San Sebastian avec A Map of the World, vingt ans après son passage sur la côte basque pour son rôle du lieutenant Ripley, dans Alien. L’argent qui corrompt… Scénaristes, producteurs, réalisateurs, distributeurs : tous les acteurs du cinéma américain ont ainsi été montrés du doigt depuis l’ouverture du festival. «L’argent corrompt toute créativité», a plaidé le réalisateur anglais Mike Figgis, présent à Donostia pour Miss Julie, son dernier film, d’après August Strindberg. «En fait, je crois que le pire qui puisse arriver à un réalisateur, c’est de gagner beaucoup d’argent», a-t-il dit. La faute au dollar ? C’est également ce que semble penser Tom Gamble, le producteur américain d’Abilene, une romance toute simple entre deux octogénaires, au fin fond du Texas, réalisée par Joe Camp III et présentée au festival : «Ce film ne contient ni explosions, ni violence, ni sexe. Et le personnage le plus jeune doit avoir passé la quarantaine. Résultat : nous n’avons toujours pas trouvé de distributeurs. Dès que l’histoire sort des schémas classiques, ils ont peur de s’engager. Selon eux, ce sont les adolescents qui vont au cinéma, et une histoire comme celle-là ne peut pas intéresser des ados». Accusé, critiqué de toutes parts, le cinéma américain n’en reste pas moins la référence. Une référence négative certes, mais désormais incontournable. «Pour la musique, on avait d’abord essayé avec du Debussy. Mais ça faisait tellement Hollywood...», a par exemple déclaré François Dupeyron, le réalisateur français, interrogé sur son dernier film, C’est quoi la vie ?
Dans le sillage du réalisateur français Bertrand Tavernier, par ailleurs président du jury, plusieurs réalisateurs ou acteurs ont profité de leur séjour au Pays basque, au festival de San Sebastian (16-25 septembre), pour placer Hollywood et les «Majors» au banc des accusés. «Je refuse les cinéastes moutonniers et anesthésiés, soumis à la dictature du star system imposée par Hollywood» : Bertrand Tavernier n’avait pas mâché ses mots, deux jours après avoir reçu une ovation debout de près d’un quart d’heure pour son dernier film, Ça commence aujourd’hui, présenté à Donostia (le nom basque de San Sebastian) dans le cadre d’un cycle Tavernier. «Le cinéma n’a pas commencé avec Tarantino», a-t-il poursuivi. Des propos peu surprenants de la part de ce fervent défenseur de l’exception culturelle...