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Actualités - Chronologie

Le 1er octobre 1949, Mao proclame la République populaire

Il y a 50 ans, Mao Tsé-toung proclamait à Pékin la République populaire de Chine (RPC), unifiant l’Empire du Milieu après un siècle de déchirements, mais d’autres bouleversements attendaient les Chinois avec l’imposition du communisme. «Le peuple chinois s’est levé!». Du haut de la porte Tiananmen, qui donne accès à l’ancien palais impérial de Pékin, Mao vient de tourner une page d’histoire et de réaliser son rêve : amener le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir après un combat de trois décennies. À ses pieds, des dizaines de milliers de partisans acclament le président du nouveau «gouvernement populaire» qui, à 55 ans, vient de réunifier le pays après le chaos laissé par la chute du régime impérial en 1911, la guerre sino-japonaise (1937-45) et quatre ans de guerre civile avec les nationalistes du Kuomintang. Sa victoire met aussi un terme à un siècle de conflit avec les puissances étrangères, qui s’étaient taillées leurs zones d’influence depuis la «Guerre de l’opium» (1839). «Il y a eu un cri énorme : tout le monde hurlait “Vive Mao, Vive le PCC”», se souvient Liu Baoqing, un «soldat modèle» alors âgé de 20 ans, qui montait la garde sous la tribune officielle. Ce fils de paysans pauvres reste «très fier» d’avoir assisté à ce moment historique, car «tout le monde ne pouvait pas y participer : il fallait avoir une bonne origine familiale». Dans les zones qu’il contrôle, le PCC a en effet engagé depuis plusieurs années une réforme agraire qui se traduit par une discrimination entre les différentes catégories de paysans : les «propriétaires terriens» sont persécutés et leurs terres attribuées aux «paysans pauvres», sur lesquels s’appuie le nouveau régime. Pour la proclamation du 1er octobre, les autorités «redoutaient qu’il y ait des troubles» et s’étaient assurées que seuls leurs plus fervents partisans assisteraient à la cérémonie, explique l’ancien soldat. Lors de la «libération» de Pékin en janvier 1949, les paysans soldats de l’armée rouge avaient débarqué comme «des martiens» dans une ville soulagée par la fin des combats mais inquiète des projets de ces inconnus en guenilles. Comme Mao le reconnaîtra plus tard, sa victoire doit beaucoup à l’invasion japonaise (1937-45) qui a affaibli le Kuomintang. Battu fin 1948 en Mandchourie, le parti de Chiang Kai-chek, laminé par la corruption, une inflation galopante et les désertions, doit se replier sur Taïwan. Sur le continent, la chasse aux nationalistes se poursuit dans le sud et l’ouest jusqu’au début de 1950. Mao attend l’année suivante pour envoyer ses troupes au Tibet, avant d’écraser une rébellion huit ans plus tard, forçant le dalaï-lama à l’exil. Comme dans les campagnes, l’imposition du communisme en ville se fait par la force, visant successivement les partisans de l’ordre ancien, la bourgeoisie, puis les intellectuels. Les luttes de pouvoir au sein du PCC se retournent contre ses propres membres durant les «Cent fleurs» (1957), puis la «Révolution culturelle» (1966-76), isolant la Chine dans la violence maoïste jusqu’à la mort du «Grand Timonier» (1976). Entre-temps, la catastrophe économique du «Grand bond en avant» (1958-59) provoque la plus grave famine de l’histoire de l’humanité, avec au moins 30 millions de morts, selon la plupart des spécialistes occidentaux. En contradiction totale avec le credo marxiste, la politique de réformes amorcée par Deng Xiaoping en 1978 relance l’économie mais attise la soif de liberté des Chinois ainsi que leur rage contre la corruption. Le PCC n’imposera sa loi face aux mécontents qu’en envoyant les chars en juin 1989 sur la place Tiananmen. Quant à la «réunification de la patrie», elle s’est poursuivie avec la rétrocession de Hong Kong en 1997. Elle ne sera complète aux yeux des dirigeants chinois qu’avec celle de Macao, le 20 décembre, et celle, plus hypothétique, de Taïwan.
Il y a 50 ans, Mao Tsé-toung proclamait à Pékin la République populaire de Chine (RPC), unifiant l’Empire du Milieu après un siècle de déchirements, mais d’autres bouleversements attendaient les Chinois avec l’imposition du communisme. «Le peuple chinois s’est levé!». Du haut de la porte Tiananmen, qui donne accès à l’ancien palais impérial de Pékin, Mao vient de tourner une page d’histoire et de réaliser son rêve : amener le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir après un combat de trois décennies. À ses pieds, des dizaines de milliers de partisans acclament le président du nouveau «gouvernement populaire» qui, à 55 ans, vient de réunifier le pays après le chaos laissé par la chute du régime impérial en 1911, la guerre sino-japonaise (1937-45) et quatre ans de guerre civile avec les...