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Actualités - Chronologie

Les limites d'un rôle français et européen

Le Premier ministre israélien Ehud Barak a conclu hier sa première visite officielle à Paris en écartant, au moins publiquement, l’Europe et la France d’un rôle moteur dans la relance des négociations israélo-syriennes. Le Premier ministre français Lionel Jospin a également exclu jeudi toute velléité de conduire une médiation entre Israël et la Syrie, en soulignant que son gouvernement voulait uniquement «aider» et «accompagner» le processus de paix. Recevant jeudi son homologue israélien, M. Jospin a clairement défini le rôle imparti à son gouvernement. «Ce sont d’abord les acteurs qui veulent la paix qui doivent en déterminer les conditions. Nous devons les accompagner, aider au climat», a-t-il affirmé. Ces propos mettent un bémol aux intentions prêtées, sans qu’elles soient avérées, à la France de vouloir jouer les intermédiaires entre la Syrie et Israël. Quelques jours avant la visite de M. Barak, le ministre syrien était venu à Paris porteur d’un message du président Hafez el-Assad au chef de l’État français, Jacques Chirac. Ce déplacement était intervenu après que M. Chirac eut téléphoné à son homologue syrien pour lui dire la disposition de la France à contribuer aux efforts pour relancer le dialogue syro-israélien. De bonne source à Paris, on indique qu’il s’agissait d’une initiative personnelle du président Chirac. Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine n’avait d’ailleurs pas assisté à l’entretien entre le chef de l’État français et «l’émissaire spécial» de M. Assad, comme l’a qualifié l’Élysée. Peu rassurée sur les perspectives d’une relance de ses négociations avec Israël, interrompues depuis mars 1996, la Syrie souhaite que les Européens coordonnent avec les Américains les efforts de paix. Il n’en a pas fallu plus pour que Paris soit soupçonné de vouloir jouer un rôle de médiateur, une intention démentie par les autorités françaises, même si un certain flou persiste. Un proche collaborateur de M. Barak, le général Danny Yatom, avait affirmé que son pays était opposé à une médiation de la France avec la Syrie, rôle imparti, selon lui, aux seuls Américains. Adoptant une ligne plus diplomatique, après son entretien avec M. Chirac, M. Barak s’est déclaré «persuadé que la France va jouer un rôle et aura une influence de bonne volonté» sur le volet syro-libanais du processus de paix. «La France et l’Europe, a insisté Ehud Barak, peuvent beaucoup apporter pour la reprise d’un dialogue réel en ce qui concerne le volet syro-libanais». Jacques Chirac a affirmé que la France apportera «de grand cœur sa contribution» à la paix. Assaillis de questions par les journalistes, MM. Chirac et Barak ont démenti que des messages aient été transmis par l’intermédiaire de la France. Les deux dirigeants ont cependant eu deux heures d’entretiens en tête-à-tête sur lesquels rien n’a filtré. Très prudent, M. Barak s’est gardé de donner la moindre indication sur les moyens qu’il compte utiliser pour aboutir à un accord de paix avec la Syrie «d’ici 12 à 15 mois» et avec le Liban d’où il compte retirer ses troupes en juillet 2000. S’inscrivant en faux par rapport aux déclarations de M. Barak, le chef de la diplomatie syrienne a indiqué à New York que son pays n’avait pas encore enregistré de changement de la part d’Israël qui permette une «percée» vers la reprise des négociations de paix. Quoi qu’il en soit, un rôle de l’Union européenne ne saurait être dans l’immédiat que limité, reconnaît-on de source diplomatique à Paris. En l’absence d’une politique extérieure commune, les Européens ont peu pesé jusqu’à présent sur les différents volets du processus de paix – hormis comme bailleurs de fonds et facilitateurs de dialogue – alors que les États-Unis y jouent un rôle primordial.
Le Premier ministre israélien Ehud Barak a conclu hier sa première visite officielle à Paris en écartant, au moins publiquement, l’Europe et la France d’un rôle moteur dans la relance des négociations israélo-syriennes. Le Premier ministre français Lionel Jospin a également exclu jeudi toute velléité de conduire une médiation entre Israël et la Syrie, en soulignant que son gouvernement voulait uniquement «aider» et «accompagner» le processus de paix. Recevant jeudi son homologue israélien, M. Jospin a clairement défini le rôle imparti à son gouvernement. «Ce sont d’abord les acteurs qui veulent la paix qui doivent en déterminer les conditions. Nous devons les accompagner, aider au climat», a-t-il affirmé. Ces propos mettent un bémol aux intentions prêtées, sans qu’elles soient avérées, à la France...