Le rugby italien, en progrès constants depuis une décennie, s’est effondré au plus mauvais moment, au cours de la saison de la Coupe du monde 1999 et de son entrée dans le Tournoi des Six Nations. Les Italiens, qui évolueront dans un groupe très difficile avec la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre et les Tonga, sortent d’une année noire. Le décès d’un de leurs joueurs vedettes, le centre Ivan Fancescato, a été le point de départ d’une étonnante dégringolade. Membre d’une grande famille du rugby italien, Francescato, âgé de 31 ans, est mort d’une crise cardiaque au sortir d’une boîte de nuit en janvier. Sous le choc, le XV Italien a enchaîné les défaites en marge du tournoi : 30-12 contre l’Écosse, 60-21 contre le pays de Galles et 39-30 contre l’Irlande. La tournée en Afrique du Sud en juin a parachevé cette descente aux enfers. Ridicules, les Italiens ont été laminés par les sélections régionales puis annihilés par les Springboks 74-3 puis 101-0. Le Français Georges Coste, qui avait bâti cette formation de toutes pièces, n’a pas résisté à cette déroute et a passé le relais à son adjoint, Massimo Mascioletti. Quant à la Gazzetta dello Sport, qui s’était prise d’un intérêt soudain pour le ballon ovale, elle a perdu ses illusions : «La grande équipe italienne qui nous avait fait rêver ces cinq dernières années n’existe plus», écrivait le quotidien sportif après la tournée sud-africaine. Pour ne rien arranger, la succession de Georges Coste s’est accompagnée d’une fronde de huit joueurs, mécontents de ne pas avoir été payés par la fédération italienne. Les frondeurs ont depuis été réglés, mais le mal était fait, et le récent tournoi organisé en Italie avec les Fidji, l’Uruguay et l’Espagne n’a pas vraiment rassuré la Gazzetta. «La Coupe du monde, qui devait être le point culminant de 90 ans de rugby italien, risque de tourner au désastre», a écrit le quotidien milanais. L’Angleterre cherche la bonne combinaison À deux semaines de la Coupe du monde, l’Angleterre cherche toujours la bonne combinaison pour venir contrarier les ambitions des formations de l’hémisphère sud. L’entraîneur Clive Woodward a changé son XV de départ lors des quatre matches de préparation et il est certainement le seul avec le capitaine Martin Johnson à savoir qui débutera contre l’Italie. Le problème est que, malgré la classe évidente du centre Jeremy Guscott, la puissance et surtout l’expérience sont concentrées sur les lignes avant. Les esprits inquiets estiment que Woodward devrait s’en tenir au jeu traditionnel des Anglais : domination, mauls perforants et jeu au pied de l’ouvreur. Mais l’ancien international s’est engagé trop loin sur le chemin d’un rugby ouvert, tourné vers l’attaque, pour revenir à des tactiques d’un autre âge. S’il possède quelques convictions solides, Woodward va devoir faire des choix, à commencer par le nom qu’il va inscrire en face du numéro 10 sur sa liste : le talentueux mais inexpérimenté Jonny Wilkinson, 20 ans, ou le solide Paul Grayson ? Le casse-tête Guscott Guscott, qui a disputé les Coupes du monde 1991 et 1995, constitue un autre casse-tête pour le coach. Il est le deuxième meilleur marqueur de l’équipe et peut, dans un bon jour, se montrer un ardent défenseur. Malheureusement, il a 34 ans et dans un mauvais jour – comme face au Canada –, il peut être totalement transparent. De fait, il n’était pas titulaire lors de deux derniers matches, Woodward inclinant vers le très pragmatique Phil de Glanville. Sa présence à l’arrière reste pourtant importante car il apporte le calme et le discernement nécessaire dans les rencontres où la pression pèse sur l’équipe. L’arrière Matt Perry n’a que 22 ans, l’ailier Dan Luger porte le maillot à la rose depuis moins de 12 mois, le centre Will Greenwood n’a que 10 sélections et l’expérience Wilkinson à l’ouverture est très mince. Face aux Italiens, Wilkinson pourrait être appelé d’entrée tandis que Grayson pourrait ensuite prendre la relève. Les deux hommes sont des buteurs de grande classe mais Wilkison, considéré comme le joueur le plus talentueux de la décennie, a fait preuve de moins d’assurance en attaque lors de la préparation. Le retour du numéro huit et ancien capitaine Lawrence Dallaglio, après une enquête officielle sur des rumeurs d’usage de drogues, est un soulagement pour Woodward. Dallaglio, qui s’est montré sous son meilleur jour lors des matches de préparation, sera soutenu par le duo Neil Back et Richard Hill. Si la mêlée anglaise est incontestablement solide, la composition de l’équipe reste un problème et Woodward se montre particulièrement discret sur ses choix avant le match du 2 octobre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le rugby italien, en progrès constants depuis une décennie, s’est effondré au plus mauvais moment, au cours de la saison de la Coupe du monde 1999 et de son entrée dans le Tournoi des Six Nations. Les Italiens, qui évolueront dans un groupe très difficile avec la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre et les Tonga, sortent d’une année noire. Le décès d’un de leurs joueurs vedettes, le centre Ivan Fancescato, a été le point de départ d’une étonnante dégringolade. Membre d’une grande famille du rugby italien, Francescato, âgé de 31 ans, est mort d’une crise cardiaque au sortir d’une boîte de nuit en janvier. Sous le choc, le XV Italien a enchaîné les défaites en marge du tournoi : 30-12 contre l’Écosse, 60-21 contre le pays de Galles et 39-30 contre l’Irlande. La tournée en Afrique du Sud en juin a...