Pinochet Madrid rejette un arbitrage international
le 15 septembre 1999 à 00h00
Le gouvernement espagnol a rejeté la demande d’arbitrage international formulée en juillet par le Chili pour déterminer la juridiction compétente dans le dossier d’Augusto Pinochet. Le ministre des Affaires étrangères, Abel Matutes, dans une déclaration au Parlement, a annoncé hier que l’Espagne laisserait la justice suivre son cours. Il a précisé qu’il en avait informé cette semaine son homologue chilien, par courrier. «Le gouvernement ne peut accepter la possibilité de régler par des moyens diplomatiques ou par arbitrage une affaire qui est actuellement entre les mains de la justice», a expliqué Abel Matutes. Mais il a admis que, en vertu des conventions des Nations unies sur les droits de l’homme, le Chili pouvait toujours faire appel de la décision de l’Espagne devant la Cour de justice internationale de La Haye. Il a assuré que son pays coopérerait avec la Cour le cas échéant si de telles procédures étaient engagées. Le ministre a ajouté que le gouvernement espagnol espérait que l’affaire Pinochet ne nuirait pas aux relations avec le Chili. De source proche du gouvernement espagnol, on remarque que son président Jose Maria Aznar espère secrètement que l’extradition de Pinochet n’aura pas lieu afin de sortir son pays de ce dilemme politique et diplomatique. Les autorités sont inquiètes des répercussions économiques que pourrait avoir l’affaire, le Chili étant l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Espagne en Amérique latine. Pinochet, qui est âgé de 83 ans et vient de subir un scanner au cerveau, est toujours en résidence surveillée en Grande-Bretagne en attendant une décision sur la demande d’extradition formulée l’an dernier par l’Espagne. Pinochet a été arrêté à Londres en octobre 1998 à la demande du juge Baltasar Garzon, du parquet de Madrid, qui veut le poursuivre pour des tortures, des meurtres et des enlèvements commis sous sa présidence (1973-90). Les audiences sur son extradition doivent commencer le 27 septembre à Londres. Pinochet ne devrait pas y assister en personne. Samedi dernier, une délégation de 27 sénateurs chiliens – Pinochet est sénateur à vie dans son pays – et de chefs d’entreprise ont rendu visite à l’ancien dictateur, à Londres, pour fêter avec lui le 26e anniversaire du coup d’État qui l’avait porté au pouvoir. Dans le même temps à Santiago, des incidents émaillaient la manifestation organisée par la gauche et les militants des droits de l’homme pour commémorer les sanglants événements qui accompagnèrent le putsch de 1973.
Le gouvernement espagnol a rejeté la demande d’arbitrage international formulée en juillet par le Chili pour déterminer la juridiction compétente dans le dossier d’Augusto Pinochet. Le ministre des Affaires étrangères, Abel Matutes, dans une déclaration au Parlement, a annoncé hier que l’Espagne laisserait la justice suivre son cours. Il a précisé qu’il en avait informé cette semaine son homologue chilien, par courrier. «Le gouvernement ne peut accepter la possibilité de régler par des moyens diplomatiques ou par arbitrage une affaire qui est actuellement entre les mains de la justice», a expliqué Abel Matutes. Mais il a admis que, en vertu des conventions des Nations unies sur les droits de l’homme, le Chili pouvait toujours faire appel de la décision de l’Espagne devant la Cour de justice internationale de...
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