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Actualités - Chronologie

La Tchétchénie, épicentre de la déstabilisation

Une vague d’attentats meurtriers a touché la capitale russe, mais pour les experts, c’est au Caucase, dans la république de Tchétchénie, que se trouve le foyer qui déstabilise la Russie, et ce ne sont pas des mesures policières qui en viendront à bout. Le président tchétchène Aslan Maskhadov a démenti que la Tchétchénie soit à l’origine des derniers attentats qui ont touché Moscou et le Daghestan ces derniers jours, faisant au moins 207 morts. Le chef de guerre tchétchène, Chamil Bassaïev, qui mène la rébellion islamiste au Daghestan, a également nié être impliqué dans les explosions. Mais «il existe évidemment un lien direct entre les attentats et la situation au Caucase», souligne Alexandre Iskandarian, analyste du Centre d’études du Caucase. Depuis un mois, les forces russes appuyées par l’aviation et l’artillerie combattent au Daghestan contre 2 000 islamistes venus de la Tchétchénie voisine dans le but de recréer un grand État islamiste du Nord Caucase, tel qu’il existait au XIXe siècle. Des raids aériens ont été également menés contre les villages tchétchènes proches de la frontière. En Tchétchénie, qui compte environ un million d’habitants, Aslan Maskhadov a estimé que la guerre avait «commencé sur le territoire» et que chacun devait «se préparer à se défendre». Chamil Bassaïev a demandé que Maskhadov «déclare la guerre à la Russie». Tout ceci «est la conséquence d’une politique irréfléchie que mène la Russie au Caucase, ce n’est que la continuation d’une chaîne d’événements qui a commencé en 1991 en Tchétchénie», relève M. Iskandarian. En novembre 1991, dans les derniers jours de l’Urss, le général Djokhar Doudaïev déclare l’indépendance de la petite république musulmane, avec la bénédiction de Boris Eltsine, président de Russie.L’Urss, noyée dans les déclarations d’indépendance des ex-républiques soviétiques, ne s’en préoccupe guère. Par la suite, Eltsine refusera de discuter avec le président Doudaïev, et pour récupérer la république, imposera un blocus économique, puis favorisera la guerre civile en armant l’opposition. En décembre 1994, les troupes fédérales entrent «pour mater en deux jours» la Tchétchénie rebelle. Près de deux ans plus tard, après des milliers de morts militaires et civils, l’armée russe mise en échec se retire. La Tchétchénie a de facto gagné son indépendance, mais aucune discussion ne s’engage pour déterminer le statut de cette république, jalonnée d’installations pétrolières. «Moscou aurait dû asseoir le pouvoir de Maskhadov», connu pour ses positions modérées, estime un politologue. L’ex-commandant des opérations militaires tchétchènes a été élu président en février 1997. Mais très vite son pouvoir s’étiole: les chefs de guerre ont pris de plus en plus d’assurance. La Tchétchénie est aujourd’hui une «terra incognita», une zone de non-droit où règnent la violence, les prises d’otages arbitraires...
Une vague d’attentats meurtriers a touché la capitale russe, mais pour les experts, c’est au Caucase, dans la république de Tchétchénie, que se trouve le foyer qui déstabilise la Russie, et ce ne sont pas des mesures policières qui en viendront à bout. Le président tchétchène Aslan Maskhadov a démenti que la Tchétchénie soit à l’origine des derniers attentats qui ont touché Moscou et le Daghestan ces derniers jours, faisant au moins 207 morts. Le chef de guerre tchétchène, Chamil Bassaïev, qui mène la rébellion islamiste au Daghestan, a également nié être impliqué dans les explosions. Mais «il existe évidemment un lien direct entre les attentats et la situation au Caucase», souligne Alexandre Iskandarian, analyste du Centre d’études du Caucase. Depuis un mois, les forces russes appuyées par...