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Actualités - Chronologie

Garantir la sécurité à Moscou, une tâche impossible

Boris Eltsine a annoncé lundi un renforcement des mesures de sécurité après les attentats qui ont frappé Moscou, mais il semble impossible de garantir la sécurité absolue de cette mégapole de 9 millions d’habitants. «La capitale doit être placée sous un contrôle strict», a relevé le président russe, dans une allocution télévisée à la population. Il faut surveiller «les aéroports, les gares, les marchés et tous les lieux publics», a souligné Boris Eltsine. Il faut fouiller «toutes les caves, les greniers, les locaux vacants et ce dans les 24 heures», a ajouté le chef de l’État, s’adressant directement au maire de Moscou, Iouri Loujkov lors d’une réunion au Kremlin. Mais la ville s’étend sur près de 1 000 km2, compte plus de 170 millions de mètres carrés de logements sur 30 000 immeubles d’habitations. Sans compter divers bâtiments administratifs. Personne ne se fait beaucoup d’illusions. Les deux immeubles entièrement détruits jeudi dernier et lundi après des attentats à la bombe ne se distinguaient en aucune façon des autres. «Aucune mesure de sécurité à Moscou ne donnera de résultat. On ne peut pas vérifier tous les bâtiments de la ville», relève Viktoria Iachenko, une femme militaire de 26 ans. «Il faut exterminer ceux qui ont organisé cette explosion. La Russie doit agir avec des méthodes beaucoup plus sévères», ajoute-t-elle. Dans la ville, la présence policière ne semblait pas lundi plus importante que d’ordinaire, pas même devant les bâtiments du ministère de l’Intérieur ou sur la place de la Loubianka, où se trouve le siège du FSB (services de sécurité, ex-KGB). «Il y a bien eu un décret annonçant le renforcement de la sécurité autour des gares. On fouille également les stations des environs de Moscou», assure un responsable de la police, à la gare Paveletski (sud-est), où arrivent des trains en provenance du Caucase. Mais là non plus, pas de patrouilles spéciales. De nombreux responsables, experts et citoyens russes voient un lien direct entre les attentats et les combats qui opposent au Daghestan (Caucase russe) les troupes fédérales à quelque 2 000 rebelles islamistes depuis environ un mois. «Il ne fallait pas supprimer le KGB. À l’époque soviétique, il existait un système de sécurité réel. Aujourd’hui, à Moscou, plus rien n’est contrôlé, n’importe qui peut louer un appartement et y entreposer des explosifs», estime Valentina Ivanova, une retraitée de 60 ans. «Il faut chasser tous les Caucasiens de Moscou et mettre de l’ordre en Tchétchénie», lance de façon beaucoup plus radicale Dmitri Sibiriev, un ingénieur de 23 ans. Sans attendre une aide des forces de l’ordre, certains s’organisent seuls : au dispensaire numéro 51, dans le sud-est, les médecins tenaient une réunion lundi pour décider des mesures à prendre. Le renforcement des mesures de sécurité concerne également les centrales nucléaires, les dépôts de carburant et d’autres sites stratégiques, a assuré M. Eltsine, qui estime que les «terroristes ont déclaré la guerre au peuple russe». Mais, «si des mesures gênant le terrorisme sont prises à Moscou, alors il se déplacera tout simplement dans d’autres villes», commente Alexandre Iskandarian, analyste du centre pour les études du Caucase. «L’expérience internationale a montré que lutter contre des actes terroristes avec des moyens policiers ne donne aucun résultat». «Il faut déterminer la cause et les revendications exactes des organisateurs de ces actes. Et il faudra ouvrir des négociations avec ces organisateurs», ajoute cet analyste, pour qui il ne fait pas de doute qu’il existe «un lien direct» entre la vague d’attentats et la détérioration de situation dans le nord du Caucase.
Boris Eltsine a annoncé lundi un renforcement des mesures de sécurité après les attentats qui ont frappé Moscou, mais il semble impossible de garantir la sécurité absolue de cette mégapole de 9 millions d’habitants. «La capitale doit être placée sous un contrôle strict», a relevé le président russe, dans une allocution télévisée à la population. Il faut surveiller «les aéroports, les gares, les marchés et tous les lieux publics», a souligné Boris Eltsine. Il faut fouiller «toutes les caves, les greniers, les locaux vacants et ce dans les 24 heures», a ajouté le chef de l’État, s’adressant directement au maire de Moscou, Iouri Loujkov lors d’une réunion au Kremlin. Mais la ville s’étend sur près de 1 000 km2, compte plus de 170 millions de mètres carrés de logements sur 30 000 immeubles...