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Actualités - Chronologie

Chinois et autocensure

Le cinéaste Zhang Yimou (Epouse et concubine), qui a souvent eu maille à partir avec les autorités chinoises, a reconnu s’autocensurer, en présentant au Lido Pas un de moins, l’histoire d’une petite école pauvre de la campagne qui se termine en conte de fées, grâce à l’intervention de la télévision. «Il n’y a pas qu’un seul type de réalité. Il y a des réalités moins agréables, mais je n’aurais pas eu la possibilité de les décrire», a déclaré le réalisateur de Qiu Ju, une femme chinoise, Lion d’or en 1992. Il répondait à un journaliste qui lui reprochait de masquer la «réalité» et de ne pas parler des enfants abandonnés des rues. Zhang Yimou, qui avait présenté Vivre à Cannes et Keep Cool à Venise sans le visa de Pékin, est cette fois au Lido avec le feu vert du régime. L’autre film chinois en compétition à la Mostra, Dix-sept ans de son compatriote Zhan Yuan, en revanche, a été présenté jeudi sous les couleurs italiennes. «La censure a toujours existé, a souligné Zhang Yimou. Ce n’est pas ce qui m’a poussé à tourner Pas un de plus, mais il fallait une conclusion positive». Le film, très applaudi, a pour héroïne Wei Mingzhi, une gamine de 13 ans, envoyée pendant un mois remplacer l’instituteur d’une pauvre école de campagne que les élèves désertent. Le maître a promis une récompense à Wei, guère plus âgée que les écoliers, si elle arrive à les garder tous. Un jour, Zhang Huike, un garnement d’une dizaine d’années, disparaît, envoyé à la ville pour travailler et aider ses parents à rembourser leurs dettes. Une histoire vécue Comme Gong Li, la star du cinéma chinois, dans Qiu Ju, la tenace et obstinée Wei part à pied le chercher. La gamine va soulever les montagnes, réussir à franchir les grilles de la télévision et, dans une version chinoise de Perdu de vue, elle lance un appel bouleversant... Cette chronique, au «happy end hollywoodien», qui montre tout de même le gouffre entre la campagne et la ville, a séduit par son humour et par la spontanéité quasi documentaire de ces petits titis chinois, turbulents et émouvants. Pas un de plus est inspiré d’un livre écrit par Shi Xiangsheng relatant une histoire vécue et ce sont tous des non professionnels qui jouent leur propre rôle avec leurs propres noms. «Je suis parti d’un micro-événement de la vie quotidienne, pour aller vers une histoire universelle, comme la goutte d’eau va vers l’océan», a souligné Zhang Yimou. Alors qu’il reste encore quatre candidats au Lion d’or à découvrir, Pas un de moins figure parmi le peloton de tête des favoris de la presse italienne. Le réalisateur de 49 ans, pionnier de la vague chinoise en Occident avec «Le sorgho rouge», Ours d’or à Berlin, il y a dix ans, grand prix du jury à Cannes avec Vivre, a déclaré qu’il n’avait pas l’intention d’aller tourner à l’étranger. Zhang Yimou travaille actuellement sur un film, qui aura cette fois pour cadre la ville et qu’il espère tourner au début de l’an 2000. Après avoir mis en scène Turandot, l’opéra de Puccini, à Florence, puis à Pékin, il envisage par ailleurs de monter La Flûte enchantée de Mozart en Allemagne.
Le cinéaste Zhang Yimou (Epouse et concubine), qui a souvent eu maille à partir avec les autorités chinoises, a reconnu s’autocensurer, en présentant au Lido Pas un de moins, l’histoire d’une petite école pauvre de la campagne qui se termine en conte de fées, grâce à l’intervention de la télévision. «Il n’y a pas qu’un seul type de réalité. Il y a des réalités moins agréables, mais je n’aurais pas eu la possibilité de les décrire», a déclaré le réalisateur de Qiu Ju, une femme chinoise, Lion d’or en 1992. Il répondait à un journaliste qui lui reprochait de masquer la «réalité» et de ne pas parler des enfants abandonnés des rues. Zhang Yimou, qui avait présenté Vivre à Cannes et Keep Cool à Venise sans le visa de Pékin, est cette fois au Lido avec le feu vert du régime. L’autre film...