Actuellement, un film américain sur deux est le remake d’un classique ou, plus simplement, d’un ancien succès. Il est surtout fréquent que le film initial soit bien meilleur que son remake. Pourquoi alors continuer à tourner des «navets»? En fait, la folie des remakes a ses raisons, mais la logique n’a rien à voir avec. Dossier. La théorie de la couleur La raison directe de justification d’un remake est que la jeunesse américaine n’a pas eu l’occasion de voir les grands classiques sur grand écran. L’insolence d’un remake comme Psycho de Gus Van Sant serait justifiée par l’introduction de la couleur. C’est également le cas de l’autre film d’Andrew Davies A Perfect Murder, remake gonflé de Dial M for Murder de Hitchcock qui au moins n’avait pas la prétention de Psycho-bis de reproduire exactement les mêmes découpages copiés du film initial. L’avance de la technologie Beaucoup de remakes existent pour marquer une avance de la technologie. The Mummy, de Stephen Sommers, est par rapport à l’initial de 1932 réalisé par Karl Freund une remarquable démonstration d’effets spéciaux. Dans The Haunting de Jan De Bont, la différence avec l’original de Robert Wise (1962) serait une introduction non seulement de la couleur, mais carrément des fantômes que l’on ne voyait pas dans l’initial. Seuls les effets spéciaux, pour lesquels on a dépensé près de 100 millions de dollars, sauvent (en apparence) ce film carrément mauvais. L’adaptation à l’époque Souvent, les remakes sont remodelés pour être adaptés à la période moderne. Cruel Intentions, par exemple, répondrait à deux besoins commerciaux de la société de consommation américaine. D’abord, il s’accorde avec la tendance du film d’adolescents, ensuite il adapte au New York des années 90 le roman de Choderlos De Laclos, Les liaisons dangereuses. Même chose pour 10 Things I Hate About You, remake moderne et jeune de The Taming of the Shrew, et She’s All That, adaptation récente de My Fair Lady (?!?). Bientôt, Ethan Hawke sera à l’affiche du «n-ième» remake du Hamlet de Shakespeare transposé dans le New York de nos jours. Comme pour Hitchkock, les films «de» Shakespeare sont souvent choisis pour en faire des remakes – vu leur popularité. On l’aura vu dans Romeo and Juliet, de Baz Lurhmann, où les belligérants font partie de gangs de banlieue, à Los Angeles. Pour la forme Dans le cas de Thomas Crown Affair, la raison d’en faire un remake est de mettre en vedette deux acteurs qui seraient les équivalents de Steve MacQueen et Faye Dunaway. Le talent des acteurs principaux, Pierce Brosnan et Rene Russo, justifie ce remake, une occasion aussi de voir un nouveau point de vue (soit-disant!). Horribles Un dernier genre de remake : celui de films étrangers. Dans le cas hollywoodien, il s’agit des films français surtout, des films de Francis Veber en particulier. De manière générale, les Américains n’ont pas la coutume du doublage, ils préfèrent carrément refaire le film en version originale anglaise. Trois hommes et un couffin devient Three Men And A Baby, Les Compères devient Father’s Day, Le dîner de cons est en plein remake pour devenir The Dinner Game, Les Visiteurs aussi sera repris avec les mêmes acteurs principaux. Pour ces films comiques et légers, cela passe encore, mais un remake aussi catastrophique que celui des Diaboliques de Henri-Georges Clouzot par le médiocre Jeremiah Chechick n’est pas «digeste», c’est le moins qu’on puisse en dire. Simone Signoret aurait été offusquée de la prestation de Sharon Stone dans son rôle. Passons...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Actuellement, un film américain sur deux est le remake d’un classique ou, plus simplement, d’un ancien succès. Il est surtout fréquent que le film initial soit bien meilleur que son remake. Pourquoi alors continuer à tourner des «navets»? En fait, la folie des remakes a ses raisons, mais la logique n’a rien à voir avec. Dossier. La théorie de la couleur La raison directe de justification d’un remake est que la jeunesse américaine n’a pas eu l’occasion de voir les grands classiques sur grand écran. L’insolence d’un remake comme Psycho de Gus Van Sant serait justifiée par l’introduction de la couleur. C’est également le cas de l’autre film d’Andrew Davies A Perfect Murder, remake gonflé de Dial M for Murder de Hitchcock qui au moins n’avait pas la prétention de Psycho-bis de reproduire exactement...