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Actualités - Chronologie

La lente mue de Barakyahu(photo)

Dur au point d’être intransigeant, mais en même temps bien décidé à tenir ses engagements avec les Palestiniens : les négociations qui ont conduit à l’accord de Charm el-Cheikh ont mis en valeur le style très personnel du Premier ministre israélien Ehud Barak. Ces trois semaines de tractations ont aussi illustré l’opposition entre la «méthode Barak» et le style de son prédécesseur de droite Benjamin Netanyahu. Dans les jours ayant suivi son arrivée au pouvoir, il y a deux mois, la presse israélienne n’avait pourtant pas hésité à comparer les deux hommes, affublant même M. Barak du sobriquet de «Barakyahu». La raison ? Les réticences apparentes du nouveau chef de gouvernement à reprendre l’application du mémorandum de Wye Plantation, suspendue par son prédécesseur en décembre. Mais alors que M. Netanyahu, selon la plupart des experts, n’avait jamais vraiment eu l’intention d’appliquer l’accord, les derniers jours ont montré que M. Barak voulait bel et bien l’appliquer, à condition d’en améliorer certains points. C’est dans ce but qu’il avait proposé au président palestinien Yasser Arafat une renégociation de l’accord. Son extrême fermeté durant ces négociations a confirmé aux Palestiniens une chose : M. Barak n’est pas un «client» plus facile que M. Netanyahu, loin de là. «Négocier, pour Barak, ne signifie pas faire du donnant-donnant», expliquait récemment Nahum Barnea dans le quotidien israélien Yedioth Aharonoth. «C’est plutôt comme un maître d’école donnant une classe : Barak élabore ce qu’il estime être la meilleure solution pour les deux parties», à charge pour l’autre de l’accepter telle quelle. Durant les négociations de la semaine dernière, cela a ainsi pris la forme d’un véritable ultimatum concernant la question de la libération des prisonniers. Ou bien Yasser Arafat acceptait le chiffre de 350, et pas un de plus, ou bien il n’y avait pas d’accord. À prendre ou à laisser. «Sa dureté est peut-être due à son passé militaire», explique Ruth Amir, professeur de sciences politiques à l’université de la vallée de Yizre’el, près d’Afula (nord du pays). Ce caractère inflexible s’est encore manifesté lorsque la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright, dans une ultime tentative pour obtenir un accord, a plaidé auprès de M. Barak, lors d’une entrevue de plus de trois heures en pleine nuit, pour qu’il fasse un geste en direction de M. Arafat. Rien à faire, car «je n’ai pas à prouver le fait que je suis quelqu’un de fiable», aurait rétorqué M. Barak, selon le quotidien Haaretz. Comparé à M. Netanyahu, les Palestiniens estiment toutefois avoir gagné au change, car ils sont convaincus que M. Barak a l’intention d’appliquer les accords qu’il signe. «Les Palestiniens ont perdu un ennemi commode sous la forme de Benjamin Netanyahu et ont gagné à la place un client difficile sous la forme de Barak», estimait le Yedioth Aharonoth. «Netanyahu leur donnait plus sur le papier et alimentait leur haine. Barak leur a donné un peu moins, mais promet que tout ce qui a été donné sera appliqué». Reste évidemment à savoir si ce style rigide est celui qui convient pour les négociations sur le statut final des territoires palestiniens, qui débutent lundi. Les négociations sur l’accord de Charm el-Cheih ont encore montré la réticence de M. Barak à expliquer ses choix au public, comme s’il était indifférent à son image. Là encore, son passé militaire n’est sans doute pas étranger à cette attitude. «N’étant pas un politicien, il ne comprend pas qu’il ne suffit pas d’avoir raison, mais qu’il faut aussi vendre sa politique aux gens», affirme le professeur Amir. «D’une certaine manière, c’est le contraire de Netanyahu (...) qui savait mieux vendre ses opinions, ou plutôt son absence d’opinions», poursuit-elle.
Dur au point d’être intransigeant, mais en même temps bien décidé à tenir ses engagements avec les Palestiniens : les négociations qui ont conduit à l’accord de Charm el-Cheikh ont mis en valeur le style très personnel du Premier ministre israélien Ehud Barak. Ces trois semaines de tractations ont aussi illustré l’opposition entre la «méthode Barak» et le style de son prédécesseur de droite Benjamin Netanyahu. Dans les jours ayant suivi son arrivée au pouvoir, il y a deux mois, la presse israélienne n’avait pourtant pas hésité à comparer les deux hommes, affublant même M. Barak du sobriquet de «Barakyahu». La raison ? Les réticences apparentes du nouveau chef de gouvernement à reprendre l’application du mémorandum de Wye Plantation, suspendue par son prédécesseur en décembre. Mais alors que M....