Les 50 ans de Max Mara, la griffe italienne, ont été fêtés d’une noble manière : la création d’une fondation d’art contemporain. L’actuel capitaine du vénérable vaisseau, le «presidente» Luigi Maramotti, est le fils du fondateur Achille Maramotti. L’entreprise regroupe 23 lignes de vêtements, de Max Mara à Sportmax et de J Blues à Marina Rinaldi. Sa capitale est Reggio Nel Emilia, un petit patelin près de Bologne qui appartient presque totalement à la famille Maramotti : trente kilomètres d’usines, la coopérative d’huile d’olives, l’école de coupe, la Banque du Parmesan, l’hôtel où sont logés les visiteurs de l’entreprise et la fondation d’art contemporain, qui ouvre officiellement ses portes en 2001. À l’actif de la famille Maramotti, également, le Crédito Emiliano (300 succursales) où la saga est majoritaire. Le père fondateur, Achille, s’étant converti, une fois le royaume mis en place, à la gestion banquaire, après avoir fondé la «Banque du Parmesan» pour rappeler les origines paysanes du clan et une vieille coutume du XIVe siècle. Les pauvres, en ces temps-là, troquaient leur fromage contre des fonds qui leur permettaient de vivre. La création de Max Mara remonte à une arrière grand-mère, devenue veuve, qui décida d’ouvrir un petit atelier de couture. Marina Rinaldi (c’était son nom) habilla très vite la contrée et fit fortune. Sa fille Julia lui succéda en élargissant, modernisant et anoblissant le petit atelier maternel par la création d’une école de couture où sont enseignées les dernières techniques de l’art, de manière professionnelle. Julia Maramotti, dont le nom a été donné plus tard à une fondation gouvernementale qui gère une école officielle de couture, est la grand-mère du président actuel de Max Mara, Luigi Maramotti. Achille Maramotti, son fils, va à son tour s’avérer un prodigieux gestionnaire. Étudiant en droit, il flaire très tôt l’avènement du prêt-à-porter, abandonne ses études et fonde, en 1960, Max Mara, puis Sport pour gagner les jeunes, pour passer carrément à la multiplication des lignes. En hommage à sa grand-mère, fondatrice du principe «Aide-toi, le ciel t’aidera», il donnera son nom à la ligne Marina Rinaldi, pour femmes rondes, grande innovation dans le prêt-à-porter de ces années-là. Luigi Maramotti, arrière-petit-fils de Marina Rinaldi, est le prototype du jeune gestionnaire, ouvert à la modernité et au siècle, formé aux États-Unis. Pour l’an 2000, il prévoit, à part l’inauguration de la fondation d’art contemporain, la réunion, dans une même enceinte, de toutes les activités de l’entreprise, y compris ses usines modèles. Un gigantesque Quartier Général vient d’être bâti à cette intention...
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