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Actualités - Chronologie

Une institution sur la défensive dix ans après sa création

Dix ans après sa création, le Forum économique de l’Asie-Pacifique (Apec) va devoir démontrer, à partir de jeudi en Nouvelle-Zélande, qu’il est plus qu’un simple rendez-vous de discussions après s’être fait remarquer par son absence lors de la crise asiatique. L’Apec a été créée en 1989 comme une institution informelle pour accompagner la forte montée en puissance économique dans la zone Asie-Océanie et favoriser le dialogue entre les deux rives du Pacifique. Mais, lors des premières années, elle a progressivement gagné du poids et de l’ambition, notamment en menant le combat pour l’abolition des barrières douanières. En 1994, au sommet de Bogor (Indonésie), ses membres s’engageaient à instaurer le libre-échange dans la zone d’ici 2010 pour les pays industrialisés et à l’échéance 2020 pour les autres. De l’avis de la plupart des observateurs, l’élan initial s’est en bonne partie évanoui ces dernières années, surtout avec le déclenchement de la crise financière de 1997-98. «L’Apec est aujourd’hui un forum intéressant pour les échanges de vues mais il comprend trop de pays dont les cycles économiques et les priorités politiques sont trop différentes», estime Andrew Freris, responsable des études asiatiques à BA Asia à Hong Kong. L’Apec regroupe désormais 21 membres au profil parfois aussi différent que le Pérou et Brunei, même si l’Asie de l’Est et du Sud y est majoritaire. À eux tous, ils représentent environ la moitié du produit intérieur brut (PIB) et du commerce mondial. L’OMC Lors de la crise financière, ce sont essentiellement le Fonds monétaire international (FMI), puis les poids lourds économiques américain et japonais qui sont montés au créneau pour aider les pays asiatiques. Dans le même temps, l’Apec se faisait critiquer pour son inaction par certains dirigeants, au premier rang desquels le Premier ministre malais Mahathir Mohamad. Parallèlement, le Forum abandonnait en bonne partie l’initiative dans la marche vers le libre-échange, qui passait totalement sous l’aile de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec le refus du Japon de discuter de l’ouverture de ses secteurs de la pêche et de la forêt. Jouant profil bas, les hôtes néo-zélandais ont établi trois priorités pour le sommet de cette année : avancer dans la libéralisation du commerce et des investissements, renforcer les marchés et «élargir le soutien à l’Apec». Mais, pour Arup Raha, économiste chez Salomon Brothers à Singapour, «la principale préoccupation des participants sera : comment soutenir le début d’embellie des économies asiatiques? Comment éviter qu’une nouvelle crise ne survienne?». Après avoir plongé en 1998, la croissance de la plupart des pays d’Asie du Sud-Est, menés par la Corée du Sud, est en train de redevenir positive. Le Japon montre également des signes encourageants tandis que certains marchés boursiers, comme ceux de Séoul ou Singapour, ont retrouvé leur niveau d’avant-crise. La marche vers l’adhésion de la Chine à l’OMC représente l’autre grande attente du sommet, à quelques semaines de la conférence de Seattle (USA), qui lancera l’ambitieux cycle commercial du millénaire. Cette adhésion pourrait effectuer un grand pas au cours de la rencontre entre le président Jiang Zemin et son homologue américain Bill Clinton. Un accord entre les deux hommes «serait une avancée décisive», estime Robert Subbaraman, économiste pour Lehman Brothers à Tokyo. «Mais si ils ne donnent aucun signal positif, je pense que de nombreuses personnes en déduiront que la Chine n’adhèrera pas à l’OMC cette année».
Dix ans après sa création, le Forum économique de l’Asie-Pacifique (Apec) va devoir démontrer, à partir de jeudi en Nouvelle-Zélande, qu’il est plus qu’un simple rendez-vous de discussions après s’être fait remarquer par son absence lors de la crise asiatique. L’Apec a été créée en 1989 comme une institution informelle pour accompagner la forte montée en puissance économique dans la zone Asie-Océanie et favoriser le dialogue entre les deux rives du Pacifique. Mais, lors des premières années, elle a progressivement gagné du poids et de l’ambition, notamment en menant le combat pour l’abolition des barrières douanières. En 1994, au sommet de Bogor (Indonésie), ses membres s’engageaient à instaurer le libre-échange dans la zone d’ici 2010 pour les pays industrialisés et à l’échéance 2020 pour...