Le chaos et la terreur déclenchés par les milices anti-indépendantistes au Timor-Oriental discréditent l’Onu, accusée, à deux semaines de son Assemblée générale, d’avoir enclenché un processus sans s’être donné les moyens de le mener à son terme. L’Organisation et ses États membres sont désormais pris au piège. L’envoi d’une force internationale n’est en effet possible que si l’Indonésie en fait la demande, ou, à défaut, par le vote d’une résolution au Conseil de sécurité, a expliqué le président portugais Jorge Sampaio. «Il revient au Conseil de sécurité de trouver la formule magique», a-t-il ajouté, se déclarant personnellement «très pessimiste», car «l’unanimité des membres permanents est nécessaire». Ils sont cinq – États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine – disposant d’un droit de veto. La Chine, hostile par principe à toute intervention imposée à un État souverain, pourrait toutefois ne pas bloquer. Pékin a «pris note» des propositions concernant l’envoi d’une force de maintien de la paix au Timor-Oriental et les étudie, a annoncé mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Sun Yuxi. Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne envisagent également cette option. Seule la Russie, confrontée à des insurrections dans les républiques du Caucase, n’a pas encore fait connaître sa position. Orchestrées par les organisations de défense des droits de l’homme, les pressions se multiplient en faveur d’une intervention. Cette violence était prévisible, déplorent les défenseurs des droits de l’homme et les accusations d’inconséquence commencent à fuser contre l’Onu et le Portugal, l’ancienne puissance coloniale, cosignataire de l’accord conclu le 5 mai dernier avec l’Indonésie pour l’organisation du référendum d’autodétermination. «Il faut éviter de se lancer dans des choses par idéalisme sans avoir anticipé les réactions des gens», commente un haut responsable français sous couvert de l’anonymat, déplorant le côté «apprenti sorcier» des Occidentaux qui «enclenchent des processus sans imaginer les moyens de les mener à bien». L’indépendance d’un territoire est toujours un pari risqué et il existe d’autres options comme l’autonomie, souligne-t-il. Nombreuses sont en effet les parties du monde où les revendications d’indépendance sont à hauts risques, explique-t-il, citant pour exemple le Tibet et le Kosovo. Les tergiversations du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, suscitent également des critiques. «Habibie (le président indonésien) a fait son deuil du Timor-Oriental, mais il n’est pas assez fort pour s’imposer à son armée», a pour sa part commenté un haut responsable français. «La situation est dramatique» et le temps presse, plaide le président Sampaio. Si aucune décision n’est prise pour une intervention, le Timor-Oriental sera livré aux milices. «Il faut le dire avec franchise», a-t-il reconnu.
Le chaos et la terreur déclenchés par les milices anti-indépendantistes au Timor-Oriental discréditent l’Onu, accusée, à deux semaines de son Assemblée générale, d’avoir enclenché un processus sans s’être donné les moyens de le mener à son terme. L’Organisation et ses États membres sont désormais pris au piège. L’envoi d’une force internationale n’est en effet possible que si l’Indonésie en fait la demande, ou, à défaut, par le vote d’une résolution au Conseil de sécurité, a expliqué le président portugais Jorge Sampaio. «Il revient au Conseil de sécurité de trouver la formule magique», a-t-il ajouté, se déclarant personnellement «très pessimiste», car «l’unanimité des membres permanents est nécessaire». Ils sont cinq – États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine –...
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