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Actualités - Chronologie

La crise n'affecte pas l'aide économique

Malgré les exactions en cours au Timor-Oriental, les bailleurs de fonds internationaux, avec en tête le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, excluent toute suspension de leur aide économique et financière à l’Indonésie. La communauté internationale ne peut pas se permettre de laisser tomber Djakarta. Elle a trop à y perdre et pas seulement les plus de 40 milliards de dollars qu’elle a déjà injectés dans l’économie indonésienne mal en point depuis la crise financière asiatique de 1998. Cesser d’octroyer des prêts provoquerait en effet un désastre économique sans précédent et plongerait encore davantage l’Indonésie dans le chaos. En outre, une déstabilisation politique du pays est à craindre qui risquerait d’accentuer encore les relents xénophobes et nationalistes qui touchent la société indonésienne. Djakarta est engagé dans une transition démocratique encore fragile avec un président, B.J. Habibie, qui tient à assurer sa réélection en novembre. Énorme scandale financier Le monde considère ce pays de 200 millions d’habitants trop important et trop instable pour se le mettre à dos. «Ils (les pays créditeurs) doivent rendre leurs menaces crédibles et faire faire des cauchemars à Habibie», explique un analyste d’une société de courtage étrangère. «Mais ils savent que s’ils portent vraiment atteinte à l’économie, ils devront ensuite probablement effacer par eux-mêmes les dégâts», ajoute-t-il. Les menaces de la communauté internationale de suspendre ses aides ne sont pas nouvelles et surtout ne sont pas nées avec la crise au Timor-Oriental. Elles sont apparues, il y a quelques mois déjà, lorsqu’un énorme scandale bancaire a été découvert. La banque de Bali a en effet versé plus de 70 millions de dollars à une société dirigée par le vice trésorier du parti au pouvoir, le Golkar, pour rembourser des prêts de l’Agence de restructuration de la Banque indonésienne (IBRA). L’opposition affirme que ces sommes d’argent ont servi à alimenter la campagne électorale d’Habibie mais celui-ci nie toutes ces accusations. La Banque mondiale et le FMI, déjà échaudés par la Russie où des milliards de dollars d’aide auraient été détournés, ont averti les autorités indonésiennes qu’ils pourraient suspendre leurs prêts si celles-ci ne faisaient pas toute la lumière sur l’affaire. La Banque de développement asiatique a également proféré de telles menaces. La violence qui prévaut au Timor-Oriental depuis le référendum d’autodétermination a renforcé l’inquiétude des marchés indonésiens. Les États-Unis ont implicitement sommé Djakarta de rétablir l’ordre dans l’ancienne colonie portugaise sous peine de voir les relations bilatérales se refroidir sérieusement. Mais ce ne sont que des menaces et l’Indonésie l’a déjà compris. Dans un entretien au quotidien Kompas publié cette semaine, Kwik Kian Gie, conseiller économique de la candidate à l’élection présidentielle, Megawati Sukarnoputri, analyse la situation. «Depuis un certain temps, nous sommes uniquement en mesure de payer des prêts anciens en les finançant par de nouveaux. La communauté internationale en a parfaitement conscience. Si les nouveaux prêts s’arrêtent, automatiquement, nous ne pourrons plus payer les anciens», déclare-t-il. Si les bailleurs internationaux cessent de verser une aide, ils savent qu’ils ne feront qu’aggraver la situation et qu’ils devront par la suite accorder encore davantage de prêts à l’archipel. D’ailleurs, la plupart des sommes versées servent actuellement à garantir un minimum social à la partie la plus pauvre de la population. «L’Indonésie est une nation de 200 millions d’habitants et personne ne va couper l’aide aux pauvres», précise l’analyste financier. Un retard dans le versement des prêts octroyés semble beaucoup plus réaliste. Le FMI et la Banque mondiale ont déjà eu recours à ce type de pression.
Malgré les exactions en cours au Timor-Oriental, les bailleurs de fonds internationaux, avec en tête le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, excluent toute suspension de leur aide économique et financière à l’Indonésie. La communauté internationale ne peut pas se permettre de laisser tomber Djakarta. Elle a trop à y perdre et pas seulement les plus de 40 milliards de dollars qu’elle a déjà injectés dans l’économie indonésienne mal en point depuis la crise financière asiatique de 1998. Cesser d’octroyer des prêts provoquerait en effet un désastre économique sans précédent et plongerait encore davantage l’Indonésie dans le chaos. En outre, une déstabilisation politique du pays est à craindre qui risquerait d’accentuer encore les relents xénophobes et nationalistes qui touchent la...