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Actualités - Chronologie

Egypte L'attaque contre Moubarak pose à nouveau la question de sa succession

L’attaque dont a été victime Hosni Moubarak, à Port-Saïd, pose à nouveau le problème de la succession du président égyptien, qui s’est toujours refusé à nommer un vice-président, selon l’opposition. «Si des réformes politiques et constitutionnelles permettant une alternance du pouvoir ne sont pas introduites, nous ferons face à d’énormes risques» en cas de vacance à la tête de l’État, affirme le président du Parti nassérien Diaa Eddine Daoud, dont la formation ne détient qu’un siège au Parlement, dans un pays où le parti au pouvoir est ultramajoritaire à l’assemblée. Pour le secrétaire général du Parti du travail (islamiste, un siège également), M. Adel Hussein, «il n’y a pas d’arrangements pour un transfert du pouvoir en Égypte, c’est une situation très grave». «La nomination d’un vice-président n’est pas essentielle. Il faut plutôt réanimer la vie politique en levant les restrictions sur l’activité des partis et en annulant l’état d’urgence afin que des cadres politiques qualifiés puissent émerger et assurer le cas échéant la relève», estime-t-il. M. Moubarak, 71 ans, a été légèrement blessé lundi à Port-Saïd par un homme muni d’une arme blanche, qualifié par les autorités de «déséquilibré». M. Moubarak, qui s’apprête à entamer un quatrième mandat de six ans après un référendum prévu le 26 septembre, a affirmé à maintes reprises que la nomination d’un vice-président ne s’imposait pas car la Constitution égyptienne prévoit un mécanisme pour la transition du pouvoir. Selon la Constitution de 1981, en cas de disparition du président de la République, le président du Parlement assume, par intérim, les fonctions de chef de l’État durant 60 jours, au terme desquels un candidat désigné par l’Assemblée du peuple doit être élu par référendum. Pour M. Mohamed Asfour (ancien dirigeant du parti Néo-Wafd, libéral – cinq sièges à l’Assemblée), «le problème est que la Constitution égyptienne donne des pouvoirs absolus au chef de l’État tout en l’exemptant de toute responsabilité». «Une seule clause de la Constitution donne au Parlement le droit de juger le président pour haute trahison en vertu d’une loi qui devait être promulguée mais qui n’existe pas et n’existera jamais. Il faut passer au système parlementaire pour désamorcer les crises politique et sociale du pays», estime-t-il. M. Moubarak est au pouvoir depuis 1981, après l’assassinat d’Anouar al-Sadate. S’il achève ce nouveau mandat, il deviendra le dirigeant resté le plus longtemps au pouvoir après Mohamed Ali, fondateur de l’Égypte moderne (1805-1848). «Le fait qu’il n’y ait pas de vice-président est plutôt à l’actif du président Moubarak, car ceci signifie qu’il ne veut pas imposer à son peuple un successeur», affirme Salah Issa, journaliste et militant de gauche. «Les craintes que suscite une vacance de la présidence sont dues aux larges prérogatives que la Constitution octroie au chef de l’État. Il est en même temps le chef de l’Exécutif, le commandant suprême des forces armées, président du Conseil suprême de la police et du Conseil suprême de la justice, alors qu’il n’est pas tenu de rendre compte de ses actes devant le Parlement», a ajoute M. Issa. «C’est pourquoi il y a des risques que le transfert du pouvoir ne se fasse pas de manière pacifique», affirme-t-il, ajoutant que «le mieux serait de faire de l’Égypte une république parlementaire où le président deviendrait un symbole de l’État, et le gouvernement, issu d’élections législatives libres, détiendrait le pouvoir exécutif».
L’attaque dont a été victime Hosni Moubarak, à Port-Saïd, pose à nouveau le problème de la succession du président égyptien, qui s’est toujours refusé à nommer un vice-président, selon l’opposition. «Si des réformes politiques et constitutionnelles permettant une alternance du pouvoir ne sont pas introduites, nous ferons face à d’énormes risques» en cas de vacance à la tête de l’État, affirme le président du Parti nassérien Diaa Eddine Daoud, dont la formation ne détient qu’un siège au Parlement, dans un pays où le parti au pouvoir est ultramajoritaire à l’assemblée. Pour le secrétaire général du Parti du travail (islamiste, un siège également), M. Adel Hussein, «il n’y a pas d’arrangements pour un transfert du pouvoir en Égypte, c’est une situation très grave». «La nomination...