Finies les disputes et les querelles, terminée l’animosité ! L’heure est à la coopération entre les États-Unis et le reste du monde, en particulier l’Europe, face à la nouvelle menace que représentent les cyber-pirates en tout genre, estime le président de la puissante Motion Picture Association (MPA) américaine, M. Jack Valenti. Un processus commercial s’est enclenché en 1993 avec la conclusion des discussions du Gatt, a rappelé Jack Valenti, lors d’un entretien avec des journalistes, en marge du 25e festival du film américain de Deauville. «Il y a eu beaucoup d’animosité de part et d’autre mais j’ai jugé qu’après tout ça, il fallait essayer d’établir un rapport entre l’industrie cinématographique européenne et les États-Unis et j’ai lancé mes trois C – coopération, conciliation, collaboration – et depuis lors, je crois qu’on a fait beaucoup de progrès surtout avec les Français», a-t-il déclaré. Cette nouvelle entente cordiale n’est pas là pour faire joli mais plutôt pour affronter, toutes forces légales réunies, ceux qui s’amusent à faire de l’argent de façon douteuse et au mépris de la propriété intellectuelle ou artistique. «Nous avons tout intérêt, et ce dans le monde entier, à nous atteler à combattre tout vol de la propriété créatrice et (un tel vol) sera particulièrement dommageable dans l’âge numérique, lorsque des films numérisés circuleront sur Internet et qu’on pourra y accéder facilement», commente Valenti. «Si nous n’arrivons pas à les crypter d’une façon ou d’une autre, à faire en sorte qu’on ne puisse les voler, alors tout le monde sera touché, non seulement les Américains mais les cinéastes du monde entier parce que les voleurs recherchent les films qui marchent et de ce fait, pays ou industries du cinéma nationales en souffriront ; c’est un problème d’une importance capitale», selon lui. Jack Valenti a alors évoqué le fait que la MPA a mis sur pied aux États-Unis une Commission des technologies stratégiques, chargée de coordonner les efforts d’experts de l’industrie cinématographique. Tout doit être débattu «Nous œuvrons sans relâche à trouver les moyens de protéger un produit, de lui trouver un bouclier suffisamment efficace contre les pirates lorsqu’il débarque dans le cyber-espace puis se retrouve en vidéo à la demande ou en ‘pay-per’view’», explique-t-il. «Nous avons fait le tour des meilleurs ‘cerveaux scientifiques’ de l’Amérique pour nous aider dans cette tâche. Nous avons négocié avec les fabricants japonais de matériels électroniques, avec les fabricants d’ordinateurs (...) Le nouveau monde numérique va nous tomber dessus bien plus vite que nous l’imaginions». Le jour même où Jack Valenti accordait son entretien à des journalistes, des manifestants français de la Confédération paysanne avaient dressé leurs enclos de fortunes, agrémentés de vaches, poules, poussins, lapins et autres animaux fort sympathiques, sur les planches de la station balnéaire. Ils entendaient protester contre les mesures de rétorsion américaines répliquant à l’interdiction faite aux importations de bœufs aux hormones et apporter une fois de plus tout leur soutien à José Bové, cet agriculteur aveyronnais emprisonné pour avoir participé au «démontage» d’un McDonald’s à Millau. Prié de dire s’il comprenait les motivations des agriculteurs français, Valenti a répondu : «Bien sûr que je les comprends. Nous avons à peu près ce genre de manifestations en Amérique tout le temps. Ainsi, certains sidérurgistes se sont plaints auprès du gouvernement que l’industrie sidérurgique américaine allait mourir à cause des importations». «Mais, a-t-il poursuivi, je crois au libre-échange et je pense qu’au bout du compte, le consommateur choisira ce qu’il veunt acheter et ce qu’il ne veut pas acheter». Évoquant la réunion commerciale internationale de Seattle de novembre prochain, Jack Valenti a dit que l’Union européenne elle-même jugeait que «tout devait être débattu, sans exception pour quelque secteur (économique) que ce soit». Est-ce à dire que le concept même d’«exception culturelle» est déjà dépassé ?. «Selon l’Union européenne, c’est le cas et, d’une manière générale, je pense que pour la majorité des membres de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), il est souhaitable de discuter en toute clarté et sincérité et en profondeur des moindres aspects du commerce international», répond Valenti.
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