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Actualités - Chronologie

Les femmes mènent le jeu

Délires et fantasmes sexuels ont pimenté l’espace d’un soir le menu de la Mostra de Venise mais ce sont les femmes qui mènent le jeu avec la pulpeuse Kate Winslet, la Rose de «Titanic», dans «Holy Smoke» de la Néo-Zélandaise Jane Campion, et la vibrante Nathalie Baye dans «Une liaison pornographique» du Belge Frédéric Fonteyne. Très attendus, ces deux candidats au Lion d’or, les plus applaudis depuis le début de la Mostra mercredi dernier, voient le sexe dit faible prendre les devants et le dessus, une tendance déjà affirmée par Les amants criminels de François Ozon. Le nouveau directeur de la Mostra, Alberto Barbera, avait annoncé un «parfum d’érotisme» sur cette édition fin de siècle et le cardinal français, Paul Poupard, a déploré «une certaine obsession» pour le sexe et la violence. Le représentant du Vatican, pour la première fois en visite officielle au Lido, a exprimé l’espoir que le cinéma du prochain millénaire «ne serait pas prisonnier du sexe et de la violence». Sexe, secte et spiritualité sont au cœur de Holy Smoke de Jane Campion, Oscar et Palme d’or pour La leçon de piano, un film à l’humour ravageur et haut en couleurs, rythmé par des chansons d’Alanis Morissette et Neil Diamond. C’est l’histoire de Ruth, une jeune Australienne en voyage en Inde, fascinée par un gourou. Sa famille, affolée, délègue la mère pour ramener la brebis égarée au bercail et fait appel à un expert américain ès sectes, PJ Waters (Harvey Keitel). Cet «exorciste» professionnel l’entraîne dans une retraite au milieu du désert, en promettant de la guérir en trois jours de son lavage de cerveau et de ses obsessions. Mais c’est le séducteur qui va être séduit et les rôles inversés... Nue comme Ève, la plantureuse Kate Winslet transforme en jouet le vieux beau, aux cheveux teints et aux bottes en croco. Folie loufoque En robe rouge moulante, maquillé, le pauvre PJ évoque une pitoyable Priscilla, et Jane Campion fait souffler un vent de folie loufoque sur les grands espaces australiens avec baby doll aguicheuse et faux cow-boys adeptes de gros «joints». «Une liaison pornographique» du jeune Frédéric Fonteyne (32 ans) n’a de «pornographique» que le titre et le spectateur amateur de X en sera pour ses frais, car tout est laissé à son imaginaire. C’est l’histoire, à première vue banale, d’un homme et d’une femme, dont le spectateur ignore le nom et le passé. Elle (Nathalie Baye) a publié une petite annonce dans un journal spécialisé pour assouvir un fantasme, lui (Sergi Lopez, Catalan de Barcelone, révélé par «Western» de Manuel Poirier) a répondu. La caméra s’arrête à la porte de la chambre de l’hôtel. On ne saura jamais quel est ce fantasme. Mais l’attraction physique va déboucher sur d’autres sentiments et, là, la caméra entre et filme la scène d’amour où elle prend (littéralement) le dessus. L’originalité du scénario est de raconter cette liaison au passé, à travers les interviews réalisées par un inconnu invisible (journaliste d’un «talk show» genre Mireille Dumas?). Ce sont les souvenirs d’une belle histoire, vus par l’un et par l’autre, avec des variantes, des omissions, de la tendresse à fleur de peau et beaucoup d’humour. «Ils atteignent toujours l’orgasme simultané dans les films, dit Nathalie Baye. Les scènes d’amour au cinéma, c’est ou la Bérézina ou le Nirvana, jamais entre les deux. Dans la vie, c’est souvent entre les deux!». Dimanche, le cinéma français est entré en lice avec Fabrice Luchini, Vincent Lindon et Isabelle Huppert dans Pas de scandale de Benoît Jacquot. Mais Éros était toujours de la partie avec Gojitmal (Mensonges/Lies), une liaison sadomasochiste entre une jeune vierge et un sculpteur, de Jang Sun Woo (Corée du sud). Et surtout, ce fut la journée Woody Allen avec son dernier opus Sweet and Lowdown.
Délires et fantasmes sexuels ont pimenté l’espace d’un soir le menu de la Mostra de Venise mais ce sont les femmes qui mènent le jeu avec la pulpeuse Kate Winslet, la Rose de «Titanic», dans «Holy Smoke» de la Néo-Zélandaise Jane Campion, et la vibrante Nathalie Baye dans «Une liaison pornographique» du Belge Frédéric Fonteyne. Très attendus, ces deux candidats au Lion d’or, les plus applaudis depuis le début de la Mostra mercredi dernier, voient le sexe dit faible prendre les devants et le dessus, une tendance déjà affirmée par Les amants criminels de François Ozon. Le nouveau directeur de la Mostra, Alberto Barbera, avait annoncé un «parfum d’érotisme» sur cette édition fin de siècle et le cardinal français, Paul Poupard, a déploré «une certaine obsession» pour le sexe et la violence. Le...