Le secteur hôtelier a accusé une baisse d’activité durant cette saison même si elle varie suivant les catégories. Pour les hôtels de première classe et ceux fréquentés par les hommes d’affaires, les conférenciers et les congressistes, la baisse se limite à 10 %, mais elle atteint les 20 à 30 % dans les hôtels qui attirent des vacanciers. Les causes de ce ralentissement sont multiples. Les raids israéliens du début de saison ont affecté les hôtels comme l’ensemble du secteur touristique. Mais l’hôtellerie doit désormais faire face à la concurrence des appartements meublés. Les touristes arabes préfèrent de plus en plus y séjourner ou même acheter leur propre appartement. La crise économique a enfin dissuadé la clientèle libanaise, surtout les Beyrouthins, de passer l’été dans des hôtels à la montagne. «La baisse varie en fonction des régions et des catégories d’établissements», explique Pierre Achkar, président du syndicat des hôteliers. Comparée au mois de juillet de l’année dernière, la diminution à Beyrouth a été de 15 % pour les hôtels de première classe et de 20 % pour les hôtels de 4 étoiles et moins. Au Mont-Liban, la baisse est de 23 % pour les hôtels de la région de Broummana, Beit-Méry et Ain-Saadé, toutes catégories confondues, et de 26 % pour les hôtels du Kesrouan. «Toutefois cette baisse a pu être contenue, poursuit M. Achkar, grâce à la collaboration et à l’intervention du ministère du Tourisme, des médias, des hôteliers et des agences de voyages». Les globaux sur la saison hôtelière ne sont pas encore disponibles, dit Antoine Assi, responsable du département des statistiques au ministère du Tourisme, mais il est désormais établi que les bombardements israéliens ont provoqué des annulations ou des reports de réservations de l’ordre de 30 %, précise-t-il. Cette diminution en début de saison est confirmée par Nizar Alouf, propriétaire de l’hôtel Riviera. «L’activité est ensuite redevenue normale, dix jours après les bombardements, et le taux d’occupation de l’hôtel a été de 89 % en juillet soit en légère baisse de 10 à 12 % par rapport au même mois de l’année dernière. Notre clientèle est formée d’hommes d’affaires, de Libanais de l’étranger et de touristes arabes, bien que cette dernière catégorie s’oriente davantage vers les hôtels de la montagne ou vers les appartements meublés». Maurice Sayegh, directeur de l’Aquarium Hotel à Jounieh, déplore lui aussi une baisse d’activité d’environ 20 %. «Les touristes du Golfe ne représentent que 15 % de sa clientèle, formée à 80 % de Jordaniens, de Syriens et d’Égyptiens». Offres et promotions Pour contrer le ralentissement de l’activité, certains hôtels ont eu recours à des offres et des promotions. Pierre Achkar explique que les prix affichés, variant entre 60 et 180 dollars par jour suivant les catégories et les régions, ne correspondent pas aux prix pratiqués. «Les hôtels ont offert des escomptes, car quand on a des chambres vides on est obligé de faire des offres». «Nous avons diminué nos prix d’environ 50 % durant le mois de juillet, confirme Charbel Mattar, directeur de l’hôtel Montemar, à Maameltein. «Nous avons ressenti la baisse de l’activité en début de saison et elle s’est aggravée avec les bombardements israéliens. Le taux d’occupation de l’hôtel a été de 40 % en juillet contre 60 % l’année dernière, cette situation nous a contraints à baisser nos prix surtout sous la pression d’une forte concurrence». Le Century Park Hotel a limité ses promotions au mois d’août et à une certaine catégorie de chambres comme les «superiors» et «executive», dit la responsable des relations publiques, Myriam Khoder. S’il atteint toutes les branches du tourisme libanais, le ralentissement d’activité est particulièrement mal venu dans un secteur en pleine expansion. «Le nombre d’hôtels au Liban ne cesse de croître alors que nous ne sommes pas vraiment bien placés sur la carte touristique et que la sécurité au Liban n’est pas encore totalement garantie. Avec 196 hôtels et 10 743 chambres, et des hôtels qui vont ouvrir prochainement, nous avons besoin d’un million de touristes par an pour pouvoir sortir de la crise», dit M. Achkar.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secteur hôtelier a accusé une baisse d’activité durant cette saison même si elle varie suivant les catégories. Pour les hôtels de première classe et ceux fréquentés par les hommes d’affaires, les conférenciers et les congressistes, la baisse se limite à 10 %, mais elle atteint les 20 à 30 % dans les hôtels qui attirent des vacanciers. Les causes de ce ralentissement sont multiples. Les raids israéliens du début de saison ont affecté les hôtels comme l’ensemble du secteur touristique. Mais l’hôtellerie doit désormais faire face à la concurrence des appartements meublés. Les touristes arabes préfèrent de plus en plus y séjourner ou même acheter leur propre appartement. La crise économique a enfin dissuadé la clientèle libanaise, surtout les Beyrouthins, de passer l’été dans des hôtels à la...