Le secrétaire américain au Trésor, Lawrence Summers, préconise que Washington n’appuie plus l’octroi de nouveaux prêts du Fonds monétaire international à la Russie tant que n’aura pas été établie une comptabilité précise de l’argent déjà accordé à Moscou. Dans une interview publiée hier par le quotidien USA Today, Lawrence Summers commente pour la première fois publiquement les accusations selon lesquelles des fonds du FMI auraient été détournés par la mafia russe via au moins une banque américaine. Il précise cependant que le département américain de la Justice, «à ce jour», ne dispose pas de preuves. «Les États-Unis ne soutiendront pas le versement de la prochaine tranche sans des garanties appropriées que tous les fonds déjà octroyés sont utilisés convenablement et sans une comptabilité exacte», dit-il. Les Républicains se sont emparés de cette affaire pour critiquer le vice-président Al Gore, qui codirige la commission des relations russo-américaines, estimant qu’aucune mesure appropriée n’avait été prise pour prévenir d’éventuels détournements. Pour Elizabeth Dole, qui brigue l’investiture républicaine pour la présidentielle de l’an prochain, Al Gore a «échoué» dans sa seule grande mission de politique étrangère. Un autre candidat à l’investiture républicaine dans la course à la Maison-Blanche, Steve Forbes, pense que le vice-président et Lawrence Summers «doivent des excuses au peuple russe et aux contribuables américains». Le sénateur de l’Arizona John McCain, qui se voit également défendre les couleurs des républicains l’an prochain, a appelé le FMI à suspendre ses prêts à la Russie, jugeant «dément» de continuer à octroyer des fonds à ce pays. «Nous devrions suspendre les prêts du FMI jusqu’à ce que toute la lumière ait été faite sur la situation», a-t-il dit, mettant en cause la «mafia russe» et la «corruption». Mais pour le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, les accusations sur l’implication de certains milieux russes dans cette affaire visent purement et simplement à saper la réputation du pays. «La Russie n’acceptera jamais les tentatives de l’Occident pour faire planer une ombre sur notre pays en ayant recours à des faits non confirmés», a-t-il dit. La couverture faite par certains médias occidentaux de l’affaire «ne relève pas d’une lutte contre la corruption mais plutôt d’une politique délibérée», a-t-il ajouté. Il s’agit, manifestement, de la première réaction des milieux officiels russes à l’enquête internationale. Dans son interview à USA Today, Lawrence Summers précise que la justice enquête sur les accusations de blanchiment d’argent par la mafia russe via la Bank of New York. Le FMI doit prochainement accorder 640 millions de dollars à la Russie en vertu d’un paquet de prêts d’un montant total de 4,5 milliards de dollars, qui a fait l’objet d’un accord préalable. Depuis 1992, cette institution a prêté plus de 20 milliards de dollars à la Russie. Selon Summers, le département de la Justice pourrait chercher à retarder l’octroi de ces 640 millions de dollars.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire américain au Trésor, Lawrence Summers, préconise que Washington n’appuie plus l’octroi de nouveaux prêts du Fonds monétaire international à la Russie tant que n’aura pas été établie une comptabilité précise de l’argent déjà accordé à Moscou. Dans une interview publiée hier par le quotidien USA Today, Lawrence Summers commente pour la première fois publiquement les accusations selon lesquelles des fonds du FMI auraient été détournés par la mafia russe via au moins une banque américaine. Il précise cependant que le département américain de la Justice, «à ce jour», ne dispose pas de preuves. «Les États-Unis ne soutiendront pas le versement de la prochaine tranche sans des garanties appropriées que tous les fonds déjà octroyés sont utilisés convenablement et sans une comptabilité...