Moncton, au Nouveau-Brunswick, hôte du 3 au 5 septembre du 8e sommet des 52 chefs d’État ou de gouvernement de la francophonie, sera la plus petite ville à accueillir l’événement depuis qu’il a été créé, en 1986. Ironie de l’histoire, la ville, qui compte 69 000 habitants, tire son nom du lieutenant-colonel Robert Monckton, l’un des principaux responsables de la déportation au XVIIIe siècle des Acadiens, les premiers colons francophones d’Amérique. À l’occasion du sommet, la ville s’est fait une toilette : la route principale, menant de l’aéroport au centre-ville, a été rebitumée, des pots de fleurs ont été mis en place et les trottoirs ont été refaits. Cinquante-deux frênes symbolisant les États participant au sommet ont en outre été plantés le long du nouveau «boulevard du Millenium». Bien que n’ayant qu’un statut anglophone, Moncton s’est aussi donné un vernis de français, au grand plaisir de sa forte minorité francophone (37 % de la population). Quelques rues ont été rebaptisées en français et des cours de langue ont été offerts aux employés du secteur touristique. Les pancartes des commerces sont essentiellement en anglais, mais le personnel est en général capable de parler français avec le client. Le choix de Moncton pour accueillir le sommet, dû en partie à l’insistance de sa population acadienne, couronne la transformation de la ville, anciennement centre ferroviaire mono-industriel, aujourd’hui pôle économique montant de l’est du Canada. Du fait notamment du bilinguisme de ses francophones, la ville est devenue un centre important pour les services téléphoniques à la clientèle des grandes entreprises canadiennes. De nombreux PME s’y spécialisent en outre dans l’exportation des produits de la mer et aussi dans l’informatique. Moncton est également un centre universitaire important, avec notamment la plus grosse université entièrement francophone du Canada en dehors du Québec. Quelque 1 500 délégués et accompagnateurs et plus de 500 journalistes, photographes et cameramen sont attendus dans cette petite ville. Hôte du sommet, le gouvernement canadien finance la majeure partie du budget de 11,2 millions de dollars canadiens (7,5 millions de dollars américains) alloué à l’organisation. Pour la première fois, une entreprise privée a été appelée à commanditer l’événement, dans le cadre d’une campagne qui a permis de recueillir près de 5 millions de dollars canadiens (3,35 millions de dollars américains). Cette somme servira notamment à financer une cinquantaine de projets et activités populaires qui auront lieu dans la région de Moncton pendant le sommet et qui visent, comme le Village de la francophonie de Dieppe (ouest de la France), ville jumelle de Moncton, à mieux faire connaître la culture des Acadiens. «Nous voulons, malgré les contraintes que nous impose la sécurité des dirigeants, rapprocher le sommet de la communauté», a indiqué le directeur général du sommet, Fernand Landry. La majorité anglophone n’est pas indifférente à l’événement. Ainsi, les deux universités anglophones de la région ont accepté de retarder leur entrée d’automne pour loger les quelque 1 500 policiers qui veilleront à la sécurité des dirigeants. Plus grosse manifestation internationale organisée au Nouveau-Brunswick, une des provinces les plus pauvres du Canada, le sommet de la francophonie devrait entraîner des retombées économiques de plus de 40 millions de dollars (26,8 millions de dollars américains).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Moncton, au Nouveau-Brunswick, hôte du 3 au 5 septembre du 8e sommet des 52 chefs d’État ou de gouvernement de la francophonie, sera la plus petite ville à accueillir l’événement depuis qu’il a été créé, en 1986. Ironie de l’histoire, la ville, qui compte 69 000 habitants, tire son nom du lieutenant-colonel Robert Monckton, l’un des principaux responsables de la déportation au XVIIIe siècle des Acadiens, les premiers colons francophones d’Amérique. À l’occasion du sommet, la ville s’est fait une toilette : la route principale, menant de l’aéroport au centre-ville, a été rebitumée, des pots de fleurs ont été mis en place et les trottoirs ont été refaits. Cinquante-deux frênes symbolisant les États participant au sommet ont en outre été plantés le long du nouveau «boulevard du Millenium». Bien...