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Actualités - Chronologie

L'été de toutes les fusions-acquisitions

Le mariage entre Carrefour et Promodès, deux géants français de la grande distribution, couronne un été français des affaires particulièrement riche et mouvementé. Le concept de fusion-acquisition, derrière lequel se cachent la plupart des rapprochements d’entreprises, s’est étalé dans les colonnes des journaux, et est en passe de devenir l’un des mots très «tendance» de l’été. Deux feuilletons boursiers ont tenu en haleine toute la communauté financière: la bataille bancaire entre Société générale (SG), BNP et Paribas, et le duel fratricide entre les pétroliers Elf et TotalFina. La bataille bancaire vient de connaître son épilogue avec l’enterrement de deux projets d’union : celui prévu dès le départ entre SG et Paribas, puis celui d’un mariage à trois concocté en riposte par la BNP. Le paysage bancaire est néanmoins profondément modifié avec l’émergence de BNP-Paribas, nouveau numéro 1 français par le total de ses actifs et numéro 3 mondial derrière le japonais Fuji-IBJ-DKB et l’allemand Deutsche Bank. Dans le pétrole, la course au gigantisme devrait déboucher sur une concentration du secteur avec la probable fusion entre TotalFina et Elf, respectivement premier et deuxième de leur industrie en France. Reste à savoir qui choisira l’alliance. Outre ses deux batailles, de nombreux autres secteurs industriels français ont connu des accès de fièvre. Dans l’aluminium, le leader national Pechiney, dont l’indépendance était menacée à court terme, s’est résigné à fusionner dans l’urgence avec ses homologues canadien Alcan et suisse Algroup, créant le numéro 2 mondial de l’aluminium derrière l’américain Alcoa. Parmi les 28 entreprises françaises privatisées, Pechiney est le deuxième groupe à passer sous contrôle étranger. L’assureur AGF l’avait précédé en devenant une filiale de l’allemand Allianz. Reste également le cas, plus litigieux, de Rhône-Poulenc, partenaire minoritaire face à l’autre allemand, Hoechst, dans leur nouveau groupe commun Aventis. En revanche, Carrefour et Promodès, convoités par le néerlandais Ahold et inquiets des appétits européens de l’américain Wal-Mart, ont préféré se marier pour garder la main sur leurs rayons. Même chose pour le constructeur automobile Renault qui a préféré prendre les devants en s’invitant au capital (36,8 %) du japonais Nissan. L’alliance a été adoptée au début de l’été par les actionnaires de Nissan. Fin juillet, France Télécom a fait une entrée remarquée dans le câble britannique en devenant le plus gros actionnaire de Cable and Wireless, premier réseau câblé britannique. Toujours en Grande-Bretagne, Vivendi a renforcé ses positions dans BSkyB en montant à près de 25 % dans le capital de l’un des deux poids lourds de la télévision à péage en Europe. Suez Lyonnaise des Eaux a racheté les américains Calgon et Nalco, deux leaders du conditionnement de l’eau pour 100 milliards de FF au début de l’été, et se prépare à contrôler à 100 % trois de ses principales filiales : le belge Tractebel (énergie), le français Sita (traitement des déchets) et l’américain United Water Resources (eau).
Le mariage entre Carrefour et Promodès, deux géants français de la grande distribution, couronne un été français des affaires particulièrement riche et mouvementé. Le concept de fusion-acquisition, derrière lequel se cachent la plupart des rapprochements d’entreprises, s’est étalé dans les colonnes des journaux, et est en passe de devenir l’un des mots très «tendance» de l’été. Deux feuilletons boursiers ont tenu en haleine toute la communauté financière: la bataille bancaire entre Société générale (SG), BNP et Paribas, et le duel fratricide entre les pétroliers Elf et TotalFina. La bataille bancaire vient de connaître son épilogue avec l’enterrement de deux projets d’union : celui prévu dès le départ entre SG et Paribas, puis celui d’un mariage à trois concocté en riposte par la BNP. Le...