Les constructions hâtives ou malhonnêtes mises en cause
le 21 août 1999 à 00h00
Les Turcs, comme plusieurs experts étrangers, évoquent les modes de construction des immeubles écroulés pour expliquer l’ampleur des dégâts causés par le séisme dans l’ouest de la Turquie. L’honnêteté des promoteurs immobiliers est notamment mise en cause ainsi que la corruption qui aboutit au manque de contrôle. Comme dans une grande partie de la Turquie, ces immeubles, hauts de 5 ou 6 étages, se sont multipliés dans cette région. On en voit tout au long de la route entre Istanbul et Izmit ainsi que sur les côtes de la mer de Marmara. Dans un pays où l’inflation atteint 70 % l’an, c’est avantageux. «La construction a suivi l’inflation», explique Guy, un ingénieur géologue canadien installé depuis 7 ans en Turquie et qui souhaite rester anonyme. «Les produits bruts – béton, sable, tuiles, tôles – sont très accessibles et le gouvernement encourage l’immobilier afin notamment d’héberger les populations qui arrivent de l’est du pays» explique-t-il. «Mais il est facile de blâmer la Turquie, il faut tenir compte de la complexité de la population», poursuit-il en vantant le dynamisme d’un pays qui est selon lui «en train de passer de l’Orient à l’Europe». «Il faudrait peut-être limiter la hauteur des constructions», suggère-t-il. En 1992 déjà, un séisme avait touché le pays qui se trouve sur une fracture géologique appelée «faille anatolienne». Pour le chef de l’équipe de sauveteurs suisses, Beat Kunzi, «les Turcs ont des normes de construction très sévères, bien calculées» mais «il y a tellement de constructions, ils ne peuvent pas suivre, ça va trop vite». La plupart des immeubles écroulés semblent récents. Diverses rumeurs circulent sur le fait que dans certains quartiers d’Izmit, tous les bâtiments édifiés par la même entreprise auraient connu le même sort. Sur la colline qui domine Izmit, une cité de 2 000 logements encore inhabités et quasiment intacts, semble confirmer que les normes sont aussi respectées. Toutefois, «on a vu écroulées des maisons très solides ainsi que d’autres mal faites», relativise Fred Lauener, le responsable de la communication des sauveteurs suisses. «Avec un tel tremblement de terre, il y aurait eu de gros dégâts en Allemagne et aux États-Unis» ajoute Stephen Kristen, un ingénieur suisse de cette équipe.
Les Turcs, comme plusieurs experts étrangers, évoquent les modes de construction des immeubles écroulés pour expliquer l’ampleur des dégâts causés par le séisme dans l’ouest de la Turquie. L’honnêteté des promoteurs immobiliers est notamment mise en cause ainsi que la corruption qui aboutit au manque de contrôle. Comme dans une grande partie de la Turquie, ces immeubles, hauts de 5 ou 6 étages, se sont multipliés dans cette région. On en voit tout au long de la route entre Istanbul et Izmit ainsi que sur les côtes de la mer de Marmara. Dans un pays où l’inflation atteint 70 % l’an, c’est avantageux. «La construction a suivi l’inflation», explique Guy, un ingénieur géologue canadien installé depuis 7 ans en Turquie et qui souhaite rester anonyme. «Les produits bruts – béton, sable, tuiles, tôles –...
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