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Actualités - Chronologie

La mouvance islamiste fait trember l'Asie centrale

Une attaque aérienne menée au Kirghizistan par les gouvernements de Tachkent et de Bichkek contre un groupe de rebelles islamistes pourrait marquer le début d’un nouveau conflit entre les États d’Asie centrale issus de l’ex-URSS et les extrémistes musulmans, estiment les analystes. Ce raid «peut se développer en un conflit militaire à plus grande échelle si les problèmes sociaux ne sont pas résolus», avertit Andreï Piontkovski, du Centre d’études stratégiques de Moscou. L’Ouzbékistan et le Kirghizistan ont procédé à une intervention militaire aérienne conjointe le 16 août pour déloger un groupe de 21 combattants islamistes d’une région montagneuse du Kirghizistan, située tout près de la frontière tadjike. L’opération a eu des répercussions diplomatiques, le Tadjikistan accusant l’Ouzbékistan d’avoir bombardé également son territoire. Après avoir nié vigoureusement qu’il y ait eu violation de frontière, le président ouzbek Islam Karimov a fini par admettre, le 19 août, que son aviation ait pu lâcher des bombes sur le Tadjikistan. Cependant le président Karimov a tenu des propos très durs envers les autorités de Douchanbé, les accusant de ne pas contrôler les rebelles sur leur territoire et de mettre en danger leurs voisins. Les trois anciennes républiques soviétiques Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizistan ont des frontières communes. Les relations entre Tachkent et Douchanbé étaient déjà tendues avant le raid du 16 août contre des islamistes au Kirghizistan. L’Ouzbékistan accuse en effet le Tadjikistan d’héberger des camps d’entraînement de musulmans fondamentalistes cherchant à renverser le pouvoir ouzbek pour établir un Etat islamique. Les autorités ouzbèkes combattent d’une main de fer un mouvement islamiste sur leur territoire, notamment dans la vallée de Fergana, dans l’est du pays. Le rôle clef joué par Tachkent dans les opérations militaires du 16 août est observé avec attention dans les capitales des autres républiques d’Asie centrale. C’est le cas au Kazakhstan, traditionnel rival de l’Ouzbékistan pour la suprématie régionale, selon un porte-parole du ministère kazakh des Affaires étrangères, qui a refusé de faire d’autres commentaires. Au Kirghizistan, un député, Dosbol Nour Oulou, s’est montré préoccupé suite à l’intervention aérienne conjointe. «Le Kirghizistan a créé un précédent dangereux: les militaires ont exécuté une opération qui entache l’image d’un Kirghizistan souverain et démocratique», a déclaré ce député kirghiz. Pour des analystes, il n’est relativement pas étonnant que l’Ouzbékistan, la république d’Asie centrale la plus peuplée, ait dirigé l’attaque militaire. «L’Ouzbékistan jouera un rôle leader parce qu’il est le plus fort aussi bien militairement que politiquement dans la région», commente M. Piontkovski du Centre d’études stratégiques de Moscou. De telles opérations militaires peuvent continuer jusqu’à ce que les menaces de rébellions armées et de l’extrémisme religieux soit éliminées, ont d’ailleurs déclaré les autorités ouzbèkes. «Nous souhaiterions voir les États d’Asie centrale chercher d’autres solutions plutôt que d’utiliser immédiatement la force», a souligné de son côté Gantcho Gantchev, responsable de l’antenne de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Tachkent. «Le danger d’utiliser la force est toujours le même, il y a des répercussions négatives, et dans le cas présent, elles pourraient être nombreuses», a-t-il souligné.
Une attaque aérienne menée au Kirghizistan par les gouvernements de Tachkent et de Bichkek contre un groupe de rebelles islamistes pourrait marquer le début d’un nouveau conflit entre les États d’Asie centrale issus de l’ex-URSS et les extrémistes musulmans, estiment les analystes. Ce raid «peut se développer en un conflit militaire à plus grande échelle si les problèmes sociaux ne sont pas résolus», avertit Andreï Piontkovski, du Centre d’études stratégiques de Moscou. L’Ouzbékistan et le Kirghizistan ont procédé à une intervention militaire aérienne conjointe le 16 août pour déloger un groupe de 21 combattants islamistes d’une région montagneuse du Kirghizistan, située tout près de la frontière tadjike. L’opération a eu des répercussions diplomatiques, le Tadjikistan accusant l’Ouzbékistan...