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Actualités - Chronologie

Insolite - Prouesse technologique doublement centenaire Tourisme dans les canaux de Paris

Cité des sciences, Stade de France : à l’instar des monuments historiques en bordure de Seine, le Paris du XXIe siècle se visite aussi en bateau, en remontant les anciens canaux, une autre prouesse technologique près de deux fois centenaire. «De plus en plus de touristes choisissent ce moyen insolite et agréable pour aller visiter ces temples de la modernité, après avoir traversé le vieux Paris méconnu», explique Jacqueline Carbonnel, gérante de Paris-Canal, l’une des trois sociétés qui proposent ces croisières, avec Canauxrama et Un canal... deux canaux. Sans rivaliser avec les promenades sur la Seine, étape obligée de tout visiteur avisé de la capitale la plus courue du monde, les canaux parisiens méritent un détour. Plus de 100 000 touristes l’ont fait l’an dernier, dont jusqu’à un tiers d’étrangers pendant les mois d’été. Un grand détour, car les trois canaux parisiens, Saint-Martin, Saint-Denis et le Canal de l’Ourcq, totalisent plus de 100 kilomètres pour rallier la Seine et la rivière l’Ourcq, à l’est de la capitale. Partant de la Seine au pied du musée d’Orsay, les bateaux s’engouffrent dans le canal Saint-Martin par une écluse qui s’ouvre sur le port de Paris, le plus grand port fluvial d’Europe. Huit autres écluses – et près de trois heures – seront nécessaires pour remonter ce canal long de 4,5 kilomètres, dont deux en souterrain, et franchir les 25 mètres de dénivelé qui le séparent du canal de l’Ourcq. À 6 km/h à pleine vitesse, le bateau traverse le souterrain en voûte sous la Bastille, avant de déboucher sur une voie romantique bordée de marronniers et de platanes centenaires, entrecoupée de ponts tournants et enjambée par des passerelles. Objets divers L’«atmosphère», lancée par Arletty à Louis Jouvet dans le film Hôtel du Nord tourné par Marcel Carné en 1938, plane encore sur la façade blanche du petit hôtel pieusement conservée, aperçue à travers le rideau de marronniers. Au bout, c’est le choc des temps, avec le Parc de la Villette, la Cité de l’an 2000, point de départ d’une autre croisière sur les 6,6 kilomètres du canal Saint-Denis, jusqu’au Stade de France, construit pour le Mondial de football en 1998. Le canal de l’Ourcq offre une promenade bucolique et champêtre hors de la ville. Les canaux, dont la construction fut décidée par Napoléon Bonaparte pour fournir aux Parisiens une eau potable de bonne qualité et en grande quantité, ont perdu au fil du temps cette vocation, tout comme celle d’assurer la navigation commerciale dans Paris. «Une à deux péniches par jour empruntent encore le canal Saint-Martin, contre 30 à 40 il y a vingt-cinq ans,» selon Frédéric Charbonneaux, de Paris-Canal. Mais près de 2 millions de tonnes de marchandises, surtout des matériaux de construction, sont toujours acheminées en banlieue par les deux autres canaux, mis à grand gabarit. Propriété depuis l’origine de la ville de Paris, une exception en France, où les voies d’eau sont gérées par l’État, ces canaux fournissent chaque jour environ 200 000 mètres cubes d’eau, soit près de 60% des besoins de la capitale, pour le nettoyage des rues ou l’arrosage des espaces verts. Une eau non potable, mais bien vivante, comme en témoignent les 800 kilos de poissons – y compris ceux d’aquariums déversés par des Parisiens partant en vacances – ramassés au printemps dernier. Le canal Saint-Martin avait alors dû être asséché, après s’être affaissé sur plusieurs mètres, pour la première fois de son histoire. Près de 16 mètres cubes d’autres objets divers ont été trouvés : plusieurs mobylettes, un scooter, des vélos et une flottille de caddies de supermarchés. Mais ni cadavres ni coffres-forts, comme cela était déjà arrivé lors de vidanges de ces voies d’eau révisées tous les 8 ou neuf ans. Des surprises sont peut-être à venir lorsque sera asséché, à l’automne prochain, le canal Saint-Denis.
Cité des sciences, Stade de France : à l’instar des monuments historiques en bordure de Seine, le Paris du XXIe siècle se visite aussi en bateau, en remontant les anciens canaux, une autre prouesse technologique près de deux fois centenaire. «De plus en plus de touristes choisissent ce moyen insolite et agréable pour aller visiter ces temples de la modernité, après avoir traversé le vieux Paris méconnu», explique Jacqueline Carbonnel, gérante de Paris-Canal, l’une des trois sociétés qui proposent ces croisières, avec Canauxrama et Un canal... deux canaux. Sans rivaliser avec les promenades sur la Seine, étape obligée de tout visiteur avisé de la capitale la plus courue du monde, les canaux parisiens méritent un détour. Plus de 100 000 touristes l’ont fait l’an dernier, dont jusqu’à un tiers d’étrangers...